Entreprendre à moins de 25 ans, c’est possible !

Retrouvez les réponses à vos questions apportées par nos invités le 6 juin 2012 : 
- deux jeunes créateurs d’entreprise sur internet : Nicolas Rohr www.faguo-shoes.com et Julian De Maestri www.vousavezchoisi.com
- Marie Etchevere , « success story » dans l’univers de la restauration www.heliantheme.com (Marie a créé son entreprise à 22 ans, la revendue à 25 ans et vient de racheter une entreprise avec salariés), 
- et notre spécialiste bancaire Armand Perrin (responsable de la création d’entreprises à la Caisse régionale du Crédit Agricole Alpes Provence).


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FORMAT TEXTE 

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur le Vidéo Tchat « Entreprendre à moins de 25 ans, c’est possible !

Julian : Mon entreprise est une plate-forme dédiée au commerce de proximité, elle s’appelle « vousavezchoisi ». Cela permet par exemple aux entreprises de bénéficier de tarifs préférentiels dans les restaurants à proximité. C’est aussi la possibilité pour un commerçant de communiquer sur notre site sur ses différentes activités. Le site a été lancé en 2010. La nouvelle version est en ligne depuis 2 mois. 
Nicolas : J’ai monté ma boite à 21 ans. J’étais à ce moment en école de commerce. Notre entreprise propose des chaussures, et maintenant des accessoires. Trois valeurs animent l’entreprise : mode, responsabilité et dynamisme. Le nom de la marque c’est « Faguo ». 
Marie : J’ai 28 ans. J’ai créé une entreprise de services à la personne. Je l’ai vendue et aujourd’hui, je viens de reprendre une entreprise. 
Armand : J’ai deux fois 25 ans 😉 Je travaille au Crédit Agricole sur la création d’entreprise. 

Marie : Etre jeune, être une femme, c’est un avantage, c’est une façon de se démarquer. 
Julian : Oui, c’est vrai, il y a cette notion de dynamisme. 
Nicolas : Oui, nous avons un train de vie différent et culturellement cela change, si on se plante quand on monte sa boite, ce n’est plus vu comme un échec mais comme une expérience. En France, désormais, c’est plus valorisé d’avoir ce parcours. Comme l’horizon est bouché, j’ai eu envie de créer mon propre emploi. 
Armand : Nous connaissons la conjoncture. Notre approche n’est pas à restreindre les financements. Nous étudions tous les projets et nous suivons ceux qui ont un potentiel. 

zoé : Quelles questions faut-il se poser ? Quelles sont les clés du succès ?
Marie : Il faut être sûr de la viabilité de son projet : peut-on acheter le service que je propose ? C’est vraiment la conjonction de l’étude de marché et du business plan. 
Nicolas : Entreprendre, c’est aussi un sentiment. La question, c’est : est-ce que j’ai vraiment envie d’entreprendre ? Si une voix intérieure pousse, alors il faut y aller ! Il faut aussi écarter un peu ce qui se passe autour. 

Morandi : Quels conseils pour se lancer ?
Marie : De faire une école ou pas, je pense que j’aurais pris la même voie. Cela m’a apporté plus de clés de faire des études. 
Nicolas : Le diplôme n’est pas essentiel, mais il ne faut pas quitter l’école trop tôt. Si on est lancé dans les études, il vaut mieux mener de front les deux, la création d’entreprise et les études, c’est toujours bien d’avoir un diplôme. 
Julian : Monter votre entreprise dans votre école, voilà ce que j’ai envie de répondre. On bénéficie ainsi d’un réseau et de conseil. 
Armand : Dans certaines situations, il est important d’avoir un diplôme. 
Marie : Je n’ai pas demandé de financement pour ma première entreprise. J’ai tout autofinancé. J’ai créé ma première entreprise à 25 ans. C’est par la vente de ma première boite que j’ai pu financer le rachat de la deuxième. Dans mon secteur d’activité, c’était faisable de se lancer sans financement. 
Julian : Le financement c’est effectivement une difficulté. En France, c’est compliqué de trouver un financement. Nous nous sommes tournés vers les fonds de capital – amorçage et les fonds d’investissement. En ce moment, ce n’est pas facile de lever de l’argent. 
Nicolas : J’ai achète du stock, donc il me faut de l’argent pour démarrer. Les banques m’ont dit on verra, il faut attendre la rentrée. Dans une salle de cours, j’ai réuni mes copains, il me fallait 50 000 euros. En échange, ils sont entrés dans le capital. 13 copains m’ont suivi et je les remercie. Les banques m’accompagnent désormais, elles nous suivent relativement bien. Nous avons toujours été rentables et en croissance depuis la création de l’entreprise. Ce que je j’apprécie, c’est quand les banquiers donnent des conseils. 
Armand : On aime bien quand on nous annonce ce qui va se passer et sur ce qui s’est passé. Nous avons besoin d’informations même si tout ne se passe pas comme prévu. C’est vrai que c’est difficile lors de la création d’un projet de le financer, notamment les problèmes de trésorerie au démarrage. 

Heroe : Mais 80% des PME françaises qui ne font pas de bénéfices, ça reste pas super motivant. Entreprendre en France est-ce encore jouable ? On a l’impression que l’étranger est plus porteur pour l’entrepreneuriat.
Nicolas : J’ai une grande chance d’avoir une société qui fait des bénéfices depuis sa création. Ce qui est motivant, c’est l’horizon et il ne faut pas avoir peur de ne pas faire de bénéfices les deux premières années. On a souvent peur de ne jamais vivre de son entreprise. Il faut vraiment faire un bon business plan. 
Armand : Il ne faut pas traiter de généralité, il faut parler de projets en particulier, chaque projet est spécifique. 
Nicolas : L’herbe est toujours plus verte ailleurs ! Mais il ne faut généraliser à propos de la France. Et il faut se frotter à la réalité. 

elisa : Vous prêtez même aux jeunes de moins de 25 ans ?
Armand : Oui, absolument, l’âge n’est pas un critère dans l’étude du projet. Pas de problème. 

Maxeeeeeem : Y a-t’il des conditions ’minimales’ d’engagement de la personne contractant le prêt pour création d’entreprise : garant ? Apport personnel dans l’entreprise ? Etc. 
Armand : En théorie, il n’y pas de minimum. En pratique, on prévoit des aléas de fonctionnement. Pour les garanties, nous les étudions, selon s’il y en a ou pas. On pense qu’aujourd’hui ça va marcher, mais que va t il se passer dans 5 ou 6 ans. 

arthur : J’ai une question pour Julian : est ce que tu te verses un salaire ?
Julian : Non, pour l’instant, je ne me verse pas de salaire. 

melie : J’ai une question pour Marie, ce n’est pas trop dur d’avoir des salariés (peut être plus âgés que vous) à gérer ?
Marie : Les deux premiers salariés que j’ai embauché avaient le double de mon âge. Cela devait me rassurer. Tout s’est toujours bien passé. Manager une équipe, cela se fait naturellement. Nous avons besoin les uns des autres. Il faut expliquer la problématique avec les salariés. Je partage avec eux mon quotidien, comme ça, les salariés sont informés. 
Nicolas : Je recrute des jeunes, la moyenne d’âge est de 26 ans. Ils ont vraiment envie de faire réussir le projet, c’est le principal critère. Je n’avais aucune expérience dans ce domaine, mais on apprend au fur et à mesure. Du coup, c’est plus décontracté ! 

Zacharie : Quelles sont les aides financières pour les jeunes créateurs d’entreprises ?
Armand : Cela dépend de ce que l’on appelle des aides. Il y a des financements plus accessibles que d’autres. Il existe des fonds d’Etat pour abonder les financements, comme le PCE Prêt Création d’Entreprise géré par OSEO. Ce sont des financements sans garanties. Les banques ajoutent un financement complémentaire. On parle de sommes comme 45 000 euros au moment de la création de l’entreprise. Ce peut aussi être un prêt d’honneur. Et puis il y a des réseaux, partenaires du Crédit Agricole comme France Active, le Mouv J, l’ADIE, etc. 
Nicolas : Le Mouv J nous a permis d’obtenir de l’argent, des conseils, un accompagnement. Cela permet de valider le projet et c’est plus facile d’aller voir un banquier. 
Julian : C’est le cas aussi du réseau France Entreprendre qui nous a beaucoup aidé et qui nous coach aujourd’hui. Etre lauréat d’un concours c’est important pour lancer son entreprise. 
Nicolas : Quand on créé sa boite, on se retrouve tout seul et c’est vraiment important d’avoir un mentor, le nôtre nous a beaucoup aidé, notamment pour bien présenter notre projet, par exemple auprès des banques. 

Antoine53 : Julian, avez-vous une pression de votre créancier actuel ?
Julian : Au départ, nous nous sommes financés avec du love money, l’argent des amis et de la famille. 
Armand : Il faut faire attention aux prêts des amis et de la famille. 

Esther : Avec votre expérience maintenant, vous diriez que c’est quoi les choses à ne surtout pas faire pour la création de son entreprise ?
Marie : Avant tout, il faut valider son projet pour aller directement à une chute qui aurait pu être anticipée. La courbe d’apprentissage, il faut prévoir un plan B au cas où cela ne fonctionne pas, il faut être organisé. Il faut que le projet soit inscrit dans son projet de vie. Parfois, il ne faut pas tenir quand ça ne fonctionne pas, il faut à un moment savoir dire stop. 
Julian : Il faut se remettre en question au quotidien pour bien préciser son projet au fil du temps. 
Nicolas : Il faut se décider, il faut avoir des idées mais il faut surtout que l’idée se concrétise. Le plus important, c’est de passer de l’idée au projet. Il y a un temps de maturation et de préparation du projet. Il existe 10 étapes pour créer son entreprise, il faut les suivre une à une. Cela permet de déterminer son envie d’y aller. 
Julian : Il faut être acteur de son projet. 
Nicolas : J’ai beaucoup parlé à mes amis, j’ai cherché des conseils, sans les bassiner avec mon projet mais en leur posant des questions concrètes sur des domaines qu’ils connaissaient très bien. 
Julian : A un moment, il faut avoir une idée fixe, il faut y croire, il faut beaucoup travailler. 
Marie : Moi je ne savais pas ce que je voulais faire. Je voulais créer une entreprise, je ne voulais pas être salarié, alors j’ai cherché un secteur où ça avait le plus de chance de marcher, mais ce n’était pas forcément un secteur qui me plaisait. 
Armand : Il n’y a pas que les idées, il ne faut pas avoir une idée incroyable forcément. 

esther : Merci pour votre réponse
Nicolas : Je crois que je suis arrivé au bon moment dans les réseaux sociaux. J’ai réussi à créer un buzz grâce à Facebook, mais ce serait encore plus dur aujourd’hui, ou alors il aurait fallu le faire différemment. Il faut savoir utiliser ces réseaux sociaux, mais il faut aussi utiliser d’autres canaux. 
Julian : Nous proposons de lier les comptes Facebook et Vous avez choisi. Nous profitons de la force de Facebook. Nous nous en servons comme d’un allié. 
Nicolas : Je voulais dire également que je suis déjà dépassé par les réseaux sociaux. Quand je twitte une info, au bout de deux heures, elle n’existe plus. Il faut se renseigner sur les évolutions des réseaux : instagram, pinterest, etc. Il faut prendre un risque pour aller sur les réseaux sociaux et ne pas reproduire un modèle. 

popo : C’est quoi le statut auto entrepreneur ?
Nicolas : C’est un super statut tremplin, très intéressant. Marie : Attention, il y des contraintes juridiques. Pour créer une entreprise, c’est parfois plus simple de créer directement l’entreprise plutôt que de passer par ce statut qui nécessitera un changement juridique lourd. 
Julian : On peut créer une entreprise pour un euro, mais attention, cela peut être compliqué parce que l’on se retrouve avec des cotisations à payer. 

 : Comment avez-vous réussi à signer votre 1er contrat ?
Armand : 80% des auto entreprises ne font pas de chiffre d’affaires. Nous le prenons comme un test mais nous étudions tous les projets. 
Nicolas : C’était en Chine, avec une très bonne entente. Et pour mon premier contrat client, je me suis mis à genou. Il faut une référence pour avoir les autres. 
Marie : J’ai distribué des flyers et j’ai eu plein de coups de fil, c’est un très bon souvenir. L’expérience de la revente de l’entreprise. En fait, il y a plein de petits moments marquants ! 
Julian : Il n’y a pas de notions de contrats, mais l’excitation actuelle c’est la levée de fonds. 
Armand : Il faut faire attention à tout, nous avons un large tour. Il faut être décidé et se faire accompagner autant que possible. Il faut confronter son projet et en discuter. Allez dans les réseaux d’accompagnement. Ensuite, il faut faire la même démarche avec la banque. Il faut expliquer à la banque ce que l’on veut faire et exposer son projet. Enfin, en dernier lieu, les garanties. 
Nicolas : 90% des projets créés ne sont pas des idées pures, ce sont des idées réinventées, transformées. Il ne faut pas avoir peur que son idée soit un peu commune, c’est souvent une question d’approche. Le jour où on se lance, il faut en parler sans avoir peur de se faire piquer l’idée. Un entrepreneur seul est souvent un entrepreneur malheureux. 
Julian : Il faut faire attention à la barrière du marketing, il faut vraiment savoir bien vendre son projet. Lancez-vous ! On peut toujours rebondir. 

sonia benmoussa : Je vous ai bien écouté, vous disiez tout à l’heure que c’était quand on était jeune et qu’on avait pas de famille qu’il fallait monter son entreprise, mais comment faire les premiers mois/ années si on ne gagne pas d’argent, moi j’ai 24 ans, je ne veux pas rester chez mes parents pendant 3 ou 4 ans encore !
Julian : Il faut travailler à côté, travailler beaucoup pour y arriver. 
Marie : Je me suis appuyé sur mes points forts et j’ai cherché à les développer. C’est comme ça que mon projet a pu grandir, tout en me permettant de m’épanouir.

 

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