Créer son entreprise avec le soutien du réseau France Active

Vous recherchez un prêt pour consolider votre plan de financement et/ou des garanties limitant votre caution personnelle ? 

Vous avez besoin d’être accompagné dans la préparation et le lancement de votre projet de création d’entreprise ? 

Retrouvez les conseils de Arnold BORNET, expert du réseau d’aide à la création FRANCE ACTIVE, apportés mercredi 20 novembre 2013.


Bonsoir à toutes et à tous, nous avons le plaisir d’accueillir Arnold Bornet, expert du réseau d’aide à la création France Active.
Bonsoir à toutes et à tous. Je suis très heureux d’être là. J’espère que je pourrai répondre à vos questions.

lou : France Active est une association ? Qui la finance ?
France Active est avant tout un réseau de structures locales, les « Fonds territoriaux ». Chacun est une association, financée par les collectivités locales, l’Etat, l’Europe, la Caisse des Dépôts et certaines banques. 
Ces Fonds territoriaux proposent une offre commune en terme de métier (accompagnement financier) et de produits de financement (garanties, prêts). 
Elles ont un but bien sûr non lucratif : leur vocation est la création d’emploi sur leurs territoires, via le financement de la création d’entreprise, et des entreprises sociales et solidaires. 

didier : Bonjour, à 45 ans, routier et voulant stopper pour marre de la route, pas évident de décrocher un prêt de 8 000 euros pour lancer une petite affaire de restaurant, puisque pas demandeur d’emploi, et en plus ayant été en dossier Banque de France mais honorant mes mensualités quand même… Les banques ne jouent plus le risque minimum avec des gens qui veulent se lancer, qui veulent réussir, tout pour les riches !
ElIsA : Sur quels critères choisissez-vous d’aider un créateur d’entreprise ?
L’éligibilité se fait en fonction de nos outils. Nous proposons deux types de garantie. 
1/ Les garanties FAG (France Active Garantie) sont proposées aux demandeurs d’emploi ou personnes en situation de précarité (temps partiel subi, RSA, CDD…). 
2/ Les garanties FGIF (Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes) visent tous les projets créés et portés par une ou plusieurs femmes. 

Sophie : Bonjour, qui peut m’accompagner pour rédiger un projet convaincant ? Il s’agit d’un projet de reprise de commerce.
Pour ce genre de projet, il existe un certain nombre de réseaux qui peuvent vous accompagner. Je pense bien sûr au réseau BGE, dont c’est le métier. Les chambres consulaires (Chambre du Commerce et de l’Industrie dans votre cas) proposent également un accompagnement et une formation pour les créateurs d’entreprise. 
Enfin, les experts comptables proposent de réaliser des prévisionnels. Il y a bien d’autres acteurs qui peuvent vous accompagner dans votre région, sans forcément être affiliés à un réseau national. 
Le réseau France Active intervient dans un deuxième temps, pour financer un projet : quoi financer, quel montant de prêt demander, sur quelle durée, avec quelles garanties, etc. 

Cano91 : Est-ce que des banques sont partenaires de votre réseau ? Lesquelles ?
Nous travaillons avec toutes les banques. Nous avons noué des partenariats spécifiques avec certains établissements comme le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel, LCL, CIC, Caisse d’Epargne et Banque Populaire. Ces partenariats simplifient les procédures. 
L’expertise de France Active apporte une réelle valeur ajoutée qui est appréciée par les banques. 

Abel : Combien coûte votre accompagnement ?
Notre accompagnement est gratuit. Il consiste en une expertise économique, humaine et financière du projet, réalisée par un professionnel de la création d’entreprise et validée par un comité d’expert (chefs d’entreprise, experts comptables, banquiers…). 
Nous réalisons également un accompagnement et des conseils sur le financement du projet, et une intermédiation bancaire pour que le financement se fasse dans les meilleures conditions. 
Nous proposons également des prêts à 0% (Nacre) et des garanties qui, elles, sont payantes (entre 2% et 2,5% du montant garanti, ce qui est très raisonnable). 

Selima : Quels sont les projets qui marchent le mieux ?
Nous faisons un suivi des projets financés qui nous a permis de constater que les projets faisant appel à un savoir-faire avaient un meilleur taux de réussite que les projets de commerce « pur ». Par exemple, la vente de prêt-à-porter est un secteur particulièrement risqué. 

Dimitri S. : Bonjour ! Pourriez-vous m’aider dans mon projet de reprise d’une entreprise d’impression numérique ?
Aucun secteur n’est exclu a priori. En revanche nos outils sont adaptés à des projets dont le financement global n’excède pas 100 000 euros environ. 
Par rapport aux projets de reprise, nous sommes parfois confrontés à ce plafond. 

Peli : Comment limitez-vous notre caution personnelle ? Quelles sont les solutions que vous proposez en ce domaine ?
chloe : Bonjour, on m’a dit que si je crée en SARL je ne prends pas de risque personnellement. Dans ce cas, à quoi sert une garantie ?
La plupart du temps, la banque demande au créateur de l’entreprise de se porter caution solidaire du prêt qui est fait à l’entreprise. Dans ce cas, il a les mêmes obligations que s’il avait lui-même emprunté. 
Schématiquement, la banque fait cette demande pour deux raisons : d’une part, pour sécuriser son risque, d’autre part pour valider l’implication du porteur de projet (s’il demande à la banque de prendre un risque, il doit pouvoir en prendre un lui-même). 
Avec une garantie France Active, nous sécurisons (en partie) le risque de la banque. Le montant de la caution peut donc être revu à la baisse. 
La banque est rassurée et le créateur sécurise son patrimoine. 

Babou : C’est quoi un prêt solidaire ?
Pour les TPE, nous proposons les prêts Nacre, prêt à taux 0%, de 1 000 à 10 000 euros, en complément d’un prêt bancaire. 
Pour les entreprises sociales et solidaires, nous proposons une gamme de prêts allant de 5 000 à un million d’euros, à des taux allant de 0 à 2%. 

Banco : Le réseau est-il présent partout en France ?
Valentin : Je souhaite créer une enseigne de restauration rapide à Vannes (Morbihan), et j’aimerais avoir la garantie France Active. Où dois-je m’adresser ?
Le réseau est constitué de 40 fonds territoriaux qui couvrent l’ensemble du territoire de métropole. Certains fonds territoriaux disposent de plusieurs antennes. Par exemple, en Bretagne, notre fonds territorial Bretagne Active est situé à Rennes et dispose d’une antenne dans chaque département, notamment à Vannes. Le réseau est constitué de 500 salariés et de plus de 2 000 bénévoles. 

Isabelle : Quelle est la différence entre vos garanties et celles proposées par BPI France ?
Pour les TPE, les offres de BPI France et de France active sont complémentaires. BPI France laisse les banques décider de leurs garanties. Le réseau France Active apporte un accompagnement au financement, une expertise et une intermédiation avec la banque. 
Les garanties France Active viennent en complément de cet accompagnement. 

carl : Est-ce moi qui vous contacte ou c’est ma banque ? A quel moment de mon projet cela se passe t-il ?
Nous rencontrons toujours les porteurs de projet. Certains d’entre eux nous connaissent grâce à leur banque, d’autres ont entendu parler de nous par les réseaux d’aide à la création partenaires. 
Les créateurs nous contactent quand ils ont un plan d’affaires déjà rédigé et qu’ils sont en recherche de financement. 

Mil : Aidez-vous les entrepreneurs à choisir le meilleur statut juridique correspondant à leur activité ? Proposez-vous un accompagnement sur la gestion comptable ?
Mr Marion : Bonjour à vous et merci pour cette initiative. Est-ce que votre réseau met aussi en rapport des patrons souhaitant céder leur entreprise avec de possibles repreneurs ? Merci.
Nous sommes un réseau d’aide au financement. Nous n’avons pas vocation à vous accompagner dans la structuration de votre projet ou à vous mettre en relation avec des cédants. Il existe d’autres structures pour vous accompagner comme les BGE, les experts comptables, les chambres de métiers et de commerce… 
Pour les cessions d’entreprises, il existe des structures comme le réseau CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). 

Fabien S. : Continuez-vous à suivre et à aider les entrepreneurs une fois que l’entreprise a débuté son activité ?
Nous réalisons un suivi et un accompagnement des entreprises financées dans le cadre notamment dans la phase post-création du dispositif Nacre (Nouvel Accompagnement à la Création et à la Reprise d’Entreprises). 

Nils : J’ai entendu dire qu’il fallait financer le BFR. Qu’est-ce que c’est ? Comment on le « finance » ?
Le BFR signifie Besoin en Fonds de Roulement. C’est un besoin un peu abstrait à première vue, mais très concret quand on est en activité. En gros, c’est un besoin de trésorerie qui naît du décalage entre encaissement et décaissement. 
Par exemple, si vous avez du stock, ou si vous avez des délais de paiement de clients, il y a en permanence une partie de votre trésorerie qui est « en dehors » de l’entreprise. Il est très important d’anticiper ce besoin (qui est un besoin structurel) pour ne pas se laisser surprendre. 
Si vous êtes accompagné par France Active, nous vous aiderons à évaluer votre BFR et nous vous donnerons des conseils pour le financer. 

Feutrine : Comment pouvez-vous nous aider pour le tour de table financier ?
Pour les TPE, le « tour de table » se limite souvent à la banque, nous et occasionnellement un autre partenaire. Dans ce cas, l’aide au « tour de table » se traduit essentiellement par notre intermédiation bancaire. 
Pour les entreprises sociales et solidaires, l’aide au « tour de table » est au cœur de notre mission. 
Effectivement, les fonds territoriaux ont une bonne connaissance des acteurs nationaux ou locaux qui peuvent intervenir sur ce type de projets et ils savent les mobiliser. 

Georg : Apprenti-Boulanger d’origine tchèque (zone UE), je souhaite bénéficier de votre soutien, où puis-je vous solliciter ??
balmak : salut ! mon question est que si quelquin étranger c’est à dire dant mon cas, je suis résident permanent étranger de union europeenne je monté un petit entreprise autoentrepreneur en france comment je peux accéder aux réseau france active ?
Bonjour. La nationalité n’est pas un critère qui rentre en compte pour le réseau France Active : du moment qu’une personne a le droit de créer une entreprise en France, et qu’elle est éligible à nos outils, nous pouvons l’accompagner. 
En revanche, l’entreprise et l’emploi généré doivent être situés en France. Effectivement, nos Fonds territoriaux sont financés en partie par les collectivités locales pour la création d’emploi sur leurs territoires. 
Vous pouvez trouver l’adresse du fonds territorial le plus proche de chez vous sur notre site internet :www.franceactive.org

Redine : Quel doit être la part de l’apport personnel au départ ? Je souhaite ouvrir un commerce de produits bio particuliers…
Nous n’avons pas de limite fixe, ce qui nous importe c’est la viabilité du projet : que le porteur de projet puisse rembourser ses prêts et se rémunérer. 
Les banques sont sensibles à ce sujet. Nous pouvons, quand c’est nécessaire, compléter l’apport avec un prêt Nacre. 

Gabriel : Bonjour, j’ai mis un peu d’argent de côté pour créer ma boîte, et je pense que si j’attends encore un peu je vais arriver à me passer d’emprunt bancaire. Est-ce que France Active peut me prêter le complément pour que je démarre rapidement ?
Bonjour. Si vous avez déjà élaboré votre projet, France Active peut vous aider ! Mais ce ne sera pas sans prêt bancaire… 
Nous recommandons la plupart du temps de passer par un prêt bancaire plutôt que de tout autofinancer. Le fait de partir sans emprunter, choix prudent à première vue, est très souvent dévastateur en réalité. Le fait d’emprunter auprès d’une banque permet d’avoir un regard extérieur, et de faire du banquier un partenaire (il prend un risque sur l’entreprise, il a intérêt à ce qu’elle marche !). 
Mais surtout, les projets autofinancés sont souvent sous-financés… Il est plus difficile qu’on ne le pense d’évaluer ses besoins de financement. Les investissements (le véhicule, le matériel, le fonds de commerce…) sont généralement bien évalués, mais ils ne sont que la partie visible de l’iceberg. 
Le créateur a aussi besoin de financer la « trésorerie de démarrage », c’est-à-dire ses premiers mois de charges, pendant la montée progressive du chiffre d’affaires (et c’est toujours plus progressif qu’on ne l’espère !). 
Et les entreprises ont aussi presque toujours besoin de financer leur BFR, dont nous avons déjà parlé. Beaucoup d’entreprises autofinancées s’aperçoivent de ces besoins en découvrant de graves problèmes de trésorerie après quelques mois d’activité. Il est alors souvent malheureusement trop tard. 
C’est pourquoi le réseau France Active fait toujours une évaluation précise de ces besoins et dispose d’outils pour les financer (type prêt Nacre). C’est aussi pour cela que nous n’intervenons jamais s’il n’y a pas de prêt bancaire. 

Merci Arnold Bornet. Le mot de la fin ?
Merci pour vos questions. Rendez-vous bientôt dans le fonds territorial le plus proche de chez vous… Et bon courage à tous les créateurs !

 

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