Entreprendre au féminin

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à devenir chef d’entreprise.  Si comme elles, vous souhaitez vivre votre passion, changer de métier, créer votre emploi et monter votre entreprise, savez-vous qu’il existe des dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise à destination des femmes ?  Connaissez-vous les aides financières spécifiques dont vous pouvez bénéficier et plus particulièrement sur le Fond de Garantie à l’Initiative des Femmes (FGIF) ?

Retrouvez les réponses apportées par Flavie de Jaurias et Christelle Lechaux lors de notre tchat mercredi 21 janvier 2015. Flavie est chargée de mission au sein du réseau France Active auprès des femmes qui entreprennent et Christelle est une jeune créatrice d’entreprise et fière de son camion restaurant « La popote d’Al’Oa » qui a été accompagnée par le réseau France Active.

tchat 21 01 2015  Entreprendre au féminin

maritn : Nous sommes deux femmes et avons créé début 2014 un cabinet de conseil en recrutement et formation. En cas de difficulté passagère de trésorerie, que peut nous apporter le FGIF et France Active ?
Tout dépend de la nature des difficultés de trésorerie. Si les difficultés sont liées à une mauvaise évaluation du BFR, alors oui, il est possible de mobiliser la banque et donc le FGIF.

Si les problèmes de trésorerie sont liées à des pertes, alors il faudra négocier des concours de court-terme avec votre banquier. D’où l’importance d’anticiper ces besoins.

IRIS : C’est quoi France Active ?
pauline h : France Active est une association ? Qui la finance ?
France Active est avant tout un réseau de structures locales, les « Fonds territoriaux ». Chacun est une association, financée par les collectivités locales, l’Etat, l’Europe, la Caisse des Dépôts et certaines banques. Ces Fonds territoriaux proposent une offre commune en terme de métier (accompagnement financier) et de produits de financement (garanties, prêts). Elles ont un but bien sûr non lucratif : leur vocation est la création d’emploi sur leurs territoires, via le financement de la création d’entreprise, et des entreprises sociales et solidaires.

Emilie : Pourquoi avoir fait une garantie spécifique pour les femmes créatrices d’entreprise ?
En France, les femmes sont autant que les hommes à vouloir créer leur entreprise. Pourtant, elles ne représentent que 30% des créateurs d’entreprise. L’un des freins identifiés est l’accès aux financements. La garantie FGIF a vocation à palier à cette insuffisance en sécurisant les prêts bancaires et en proposant un accompagnement sur la durée par les chargés d’expertise du réseau France Active.

Carole76 : Quelles sont les nouveautés en terme de statut d’auto-entrepreneur svp ?
Elodie J : Bonjour. J’ai appris que le statut d’auto-entrepreneur allait disparaître. Est ce que vous le confirmez ?
Le statut d’auto-entrepreneur existe toujours. La loi Pinel de juin 2014 prévoit de nombreux changements de réglementation concernant le statut autoentrepreneur en 2015. Parmi ces derniers, la baisse des cotisations, la sortie du régime microsocial révisée, Immatriculation obligatoire et de nouvelles charges. Vous trouverez toutes informations relatives au statut autoentrepreneur sur le lien suivant : www.lautoentrepreneur.fr

Jeanne : J’ai entendu dire qu’il fallait financer le BFR. Qu’est-ce que c’est ? Comment on le « finance » ?
Le BFR signifie Besoin en Fonds de Roulement. C’est un besoin un peu abstrait à première vue, mais très concret quand on est en activité. En gros, c’est un besoin de trésorerie qui naît du décalage entre encaissement et décaissement. Par exemple, si vous avez du stock, ou si vous avez des délais de paiement de clients, il y a en permanence une partie de votre trésorerie qui est « en dehors » de l’entreprise. Il est très important d’anticiper ce besoin (qui est un besoin structurel) pour ne pas se laisser surprendre. Si vous êtes accompagné par France Active, nous vous aiderons à évaluer votre BFR et nous vous donnerons des conseils pour le financer.

Alex88 : J’aimerais créer un média en ligne, donc l’investissement financier est relativement faible dans un premier temps (de l’ordre de 500 euros). De quelles autres aides puis-je bénéficier afin de réussir mon lancement ?
Au démarrage de l’activité, il existe deux types de besoin financier : « l’investissement » et « le BFR ». Le prêt moyen terme des banques finance très majoritairement des investissements.
Les autres besoins sont censés être financés par les Fonds propres et les recettes liées à l’activité. Dans le cas présent, il est possible, de faire appel à des investisseurs (associés, Business Angel) ou de revoir à la baisse la montée en charge de l’activité, et donc les besoins financiers.

Elodie J : Je découvre aujourd’hui qu’il existe des dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise à destination des femmes. En quoi consistent-il exactement ? Quelles sont les conditions pour en bénéficier ? Y-a-t-il un site pour en savoir plus ? Merci
Il existe de nombreux réseaux partenaires mobilisés pour accompagner les femmes créatrices d’entreprise. Le Ministère du Droit des Femmes et l’APCE sont à l’initiative du site www.ellesentreprennent.fr sur lequel toutes les informations utiles pour créer son entreprise sont relayées.

Tatiana : Christelle peut-elle nous expliquer le principe de son entreprise ? Ca a l’air sympa
Adeline : Christelle peut-elle nous raconter brièvement son parcours ? Que faisait-elle avant ? Comment avez-vous été accompagnée ? Quel apport vous a t’il fallu pour monter votre affaire ? Vous êtes-vous rapidement versé un salaire ? Gagnez-vous bien votre vie aujourd’hui ? Merci de votre témoignage
Anciennement secrétaire comptable, et à la suite d’une mauvaise expérience professionnelle, j’ai souhaité me lancer et faire ce que j’ai toujours aimé faire. De plus, je n’avais jamais vraiment eu l’occasion d’avoir un contact réel avec une clientèle et la fidéliser. L’idée de créer une société, de passer d’une idée à la réalité me plaisait. Durant toute la phase de création et encore aujourd’hui, je suis suivie par une société d’aide à l’entreprise : la société DEPAUW à Argenteuil. Monter un business plan, trouver les bons partenaires, connaitre un peu mieux le milieu… toutes ces aides m’ont été -et sont- précieuses. Pour créer j’ai apporté 5 000€. J’ai eu un prêt bancaire de 9 000€, un prêt d’honneur (à 0%) de 5000 et un prêt de 4 000 €. Cela fait un an que je travaille maintenant, et pour être tout à fait honnête, c’est vraiment très dur ! Un gérant de société allie tous les métiers : comptable, gestionnaire, commercial, secrétaire et dans mon cas : cuisinière, caissière et femme de ménage ! Il faut être partout à la fois et ne pas se tromper. Au bout d’un an, je ne me paye toujours pas. J’aime toujours autant être libre, cuisiner, gérer, servir… mais pense aussi souvent à vendre mon affaire ! Je suis toujours dans la période de démarrage qui est fragile…

Anissa : Bonjour, comment vous est venue l’idée de créer un food truck, pourquoi pas un restaurant classique ?
J’ai choisi de créer un food truck car pour ouvrir un restaurant il faut au moins trois ans d’expérience. Je me fais la main dans un food truck avec l’idée d’ouvrir mon restaurant dans trois ans si cela marche bien. De plus, le food truck permet de changer de lieu et de s’adapter à l’affluence de la clientèle.

Flora : Quel a été votre parcours bancaire ? Comment avez-vous récolté suffisamment d’argent ?
Suite à une rupture conventionnée, j’ai profité de ma période de chômage pour créer mon entreprise. En tant que demandeur d’emploi, j’ai eu le droit à plusieurs aides, y compris un accompagnement pour la création d’entreprise (Sté DEPAUW à Argenteuil). Après avoir défini mes besoins avec cette entreprise, j’ai déposé des business plans dans plusieurs banques, y compris le Crédit Agricole de Magny en Vexin, où mon dossier a été accepté.
J’y ai contracté un emprunt de 9000€ sur 48 mois à 2,85 %. Parallèlement je suis allée défendre mon dossier auprès d’INITIACTIVE 95 (réseau local de France Active). A la suite de cet entretien, j’ai obtenu un accord d’agrément qui m’a permis d’obtenir une garantie à hauteur de 70% de mon prêt bancaire, ce qui revient à dire qu’ INITIACTIVE 95 se prête garant pour moi à hauteur de 6300 € sur mon prêt bancaire. Avec un garant, il est plus facile d’obtenir un prêt. Etant au chômage, j’ai pu obtenir un prêt d’honneur de 5000,00 € à 0% à titre personnel par France Active. Ce prêt entre dans le programme NACRE de Pole emploi qui permet aussi un suivi post création avec une société d’Aide à la création d’entreprise. Je suis donc toujours suivie, régulièrement, par la société DEPAUW, et ce, pour une durée de 3 ans. Et enfin, un prêt de 4000 € m’a été accordé par BPI France, sur 54 échéances. S’alignant sur le taux du prêt bancaire, j’ai ainsi obtenu un prêt à 2,85 % pour renforcer ma trésorerie.

Valoche : Ah oui vous ne vous payez pas ?? Vous regrettez parfois votre choix ?
Non, pas du tout. Si c’était à refaire, je le referai. J’ai appris beaucoup de choses sur la création, de partir d’une idée pour la concrétiser. C’est un parcours plus enrichissant qu’épuisant. J’ai acquis une expérience en gestion et j’ai fait beaucoup de rencontres humainement très enrichissantes.

Charline : Est-ce que vous travaillez seule? Employez vous des salariés ? Si c’est le cas, comment vous en sortez vous avec les charges salariales ?
jeanne : Vous travaillez seule ou vous avez des employés ?
Je travaille seule. Pas d’employés et donc pas de charges… sauf le RSI ! J’étais sans emploi quand j’ai créé, je bénéficie -entre autre- de l’exonération des charges sociales pendant les 3 premières années.

Charlotte Lacaze : France Active accompagne combien de nouveaux projets par an en moyenne ?
Charlotte Lacaze : Combien de dossiers reçus/nombre de projets aidés ?
France Active accompagne et finance plus de 6000 entreprises individuelles ou solidaires chaque année. Les porteurs de projet s’adressent à France Active à partir du moment où ils ont formalisé leur projet dans un business plan, souvent avec l’aide de d’autres accompagnateurs dont c’est le métier. Notre accompagnement consiste en une expertise économique, humaine et financière du projet, réalisé par un professionnel de la création d’entreprise et validée par un comité d’experts (chefs d’entreprise, expert-comptable, banquiers). Deux tiers des projets passés en comité d’engagement obtiennent notre financement.

bella : Quels critères faut-il remplir pour avoir le droit à vos aides ?
SOPHIE : Sur quels critères choisissez-vous d’aider un créateur d’entreprise ?
L’éligibilité se fait en fonction des outils de France Active. Nous proposons deux types de garantie.
1/ Les garanties FAG (France Active Garantie) sont proposées aux demandeurs d’emploi ou personnes en situation de précarité (temps partiel subi, RSA, CDD…).
2/ Les garanties FGIF (Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes) visent tous les projets créés et portés par une ou plusieurs femmes.

noémie : Mais comment faites-vous si vous ne vous êtes pas payée pendant 1 an ? Vous avez un mari riche 😉 ? Trêve de plaisanterie, vous l’aviez prévu en amont ?
Il y a de tout ça effectivement. Quand on créé, la première année ce n’est pas simple, on le sait et il faut prévoir. Je fais très attention aux dépenses de la famille, et mon mari n’est pas riche mais il a un bon revenu. Je me donne six mois supplémentaires pour faire le point et savoir si je continue ou pas, si j’arrive à dégager un salaire.

benillet35 : Bonjour Mesdames. Jeune femme de 26 ans, je souhaite créer mon entreprise, en devenant franchisée. J’ai peu d’apport personnel, et je souhaite trouver des aides me permettant de gonfler cet apport, afin d’avoir plus de crédibilité auprès des banques. Comment faire ? Vers qui me tourner ? Merci.
France Active a développé un programme spécifique pour les jeunes créateurs d’entreprise de moins de 26 ans appelé Cap’Jeunes. Ce programme comprend une prime de 2000 € permettant de renforcer les apports et un accompagnement vers la banque afin de faciliter l’obtention d’un prêt bancaire. Pour renforcer les Fonds propres, nous proposons également les prêts Nacre, prêt à taux 0%, de 1 000 à 8 000 euros, toujours en complément d’un prêt bancaire. Par ailleurs, il existe de nombreux organismes de financement participatif pour les projets de création d’entreprise. A France Active, nous avons développé un partenariat avec la plateforme de crowdfunding Ulule.

LN : Bonjour, qui peut m’accompagner pour rédiger un projet convaincant ? Il s’agit d’un projet de reprise de commerce.
lola : Vous pouvez nous aider à faire notre business plan ?
Pour formaliser son business plan, il existe de nombreux réseaux qui peuvent vous accompagner dans votre démarche. Je pense bien sûr au réseau BGE, dont c’est le métier. Les chambres consulaires (Chambre du Commerce et de l’Industrie dans votre cas) proposent également un accompagnement et une formation pour les créateurs d’entreprise. Enfin, les experts comptables proposent de réaliser des prévisionnels. Il y a bien d’autres acteurs qui peuvent vous accompagner dans votre région, sans forcément être affiliés à un réseau national. Le réseau France Active intervient dans un deuxième temps, pour financer un projet : quoi financer, quel montant de prêt demander, sur quelle durée, avec quelles garanties, etc.

Stella : Bonjour. Je vais ouvrir une boutique sous franchise en m’autofinançant. Je vais suivre une formation de 5 jours au CCI. Quelles autres formations pouvez-vous me conseiller pour me lancer en toute sérénité ? Merci
Lorsque vous suivi votre formation avec la CCI et formalisé votre business plan, vous pourrez vous adresser à un Fonds territorial de France active qui vous accompagnera sur la phase de financement de votre entreprise et vous apportera des conseils avisés.

Nous y passons entre 10 et 15 heures avec le porteur de projet.  Nous réalisons un suivi et un accompagnement des entreprises financées dans le cadre notamment dans la phase post-création du dispositif Nacre (Nouvel Accompagnement à la Création et à la Reprise d’Entreprises).

irina : J’aimerais créer mon entreprise avec mon mari. Puis-je bénéficier du FGIF ?
Le FGIF peut être attribué à toutes les femmes qui veulent créer, développer ou reprendre une entreprise ; et ce quels que soient le statut de la créatrice (salariées, sans emploi), la forme juridique de l’entreprise ou son secteur d’activité. Si le projet de création est porté à plusieurs, il faut que « la bénéficiaire de la garantie FGIF » soit gérante de fait et de droit (51% des parts).

Cléa : Christelle, quelles ont été vos principales difficultés et comment les avez-vous surmontées ? Est-ce plus difficile de créer une entreprise quand on est une femme ? Comment faire bouger les choses ?
Ce n’est pas difficile, il suffit de croire en son projet. Si soi-même on y croit, les autres y croient aussi ! Je ne crois pas que ce soit plus difficile pour une femme. C’est la création d’une entreprise qui est difficile. Notamment, tout un travail administratif qui n’est pas évident. Quand on est une femme, pour gérer la vie de famille, c’est comme quand on est salariée, on en fait toujours plus… Il faut s’organiser !

ZaZa45 : Comment peut-on vous rencontrer ? Avez-vous une boite mail où l’on peut envoyer des questions et vous présenter notre projet ?
Rendez-vous sur www.franceactive.org , vous y trouverez toutes les coordonnées de nos Fonds territoriaux.

Vous avez été nombreuses à nous suivre ! Merci pour vos questions. Nous espérons vous avoir apporté des éléments d’éclairage utiles. Vous retrouverez le transcript du Tchat en ligne sur notre site très bientôt.
 

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