Mise à jour : 15/12/2010
Alors que les restaurateurs traditionnels sont confrontés à une conjoncture difficile, ils doivent également faire face à une rude concurrence :
les circuits dits alternatifs sont en plein essor : les chaînes de boulangerie (coin dégustation), les charcuteries-traiteurs, la livraison à domicile, les cafétérias des grandes surfaces alimentaires…
la restauration rapide connaît un dynamisme exceptionnel. Ce segment est favorisé par l’évolution des modes de consommation (réduction du temps passé à manger, recherche de gain de temps, grignotage, …) et par un positionnement prix très attractif dans un contexte économique tendu.
le développement des chaînes de restauration à thème. Leur succès repose sur des concepts novateurs, une ambiance liée au thème et la mise en valeur d’un produit (poisson, viande, …). La performance de ces chaînes est basée sur la vente de produits standards de qualité constante et sur la rationalisation de l’organisation, proche de celle de la grande distribution.
L’activité des professionnels du secteur continuera à souffrir d’une baisse de la fréquentation des établissements.
Dans ce contexte, la baisse de la TVA à 5,5 % pourrait venir soutenir l’activité du secteur. Le "contrat d’avenir" du 28 avril 2009 pourrait leur permettre d’améliorer leurs marges et de redynamiser le volume de consommation via la baisse des prix et la modernisation des établissements.
- Les restaurateurs indépendants : le secteur reste majoritairement dominé par ces opérateurs indépendants, bien qu’ils soient de plus en plus concurrencés par les grandes chaînes de restauration.
- Les chaînes de restaurants : dont l’organisation est proche de celle de la grande distribution, disposent de véritables centrales d’achat et proposent des produits standardisés.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2009 | Chiffre d’affaires du secteur en 2008 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 106 324 | 25,393 Md€ | Restauration traditionnelle | |||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2009 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2009) | (Source : Insee, Suse (Système unifié de statistiques d’entreprises) | 2009 | 118,8 | ||
| 2008 | 117,5 | ||||
| 2007 | 118,8 | ||||
| 2006 | 115,4 | ||||
| 2005 | 111,6 | ||||
| 2004 | 110,6 | ||||
| 2003 | 109,4 | ||||
| 2002 | 109,8 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le restaurateur indépendant doit savoir acheter ses produits au meilleur prix. Passionné par son métier, il est disponible pour assurer de larges horaires de travail et peut intervenir tant dans la préparation que dans le service.
Dans les réseaux sous enseigne, le professionnel est avant tout un gestionnaire et un manager.
Le restaurateur doit être très résistant physiquement. Il doit maîtriser toutes les contraintes de gestion d’un restaurant et développer une bonne image de son établissement par une publicité adaptée et un agencement de bon goût. Sa disponibilité et son sens de l’accueil conditionnent sa réussite. Meneur d’hommes, il sait animer son équipe. Fin gourmet, il contrôle la qualité de ses produits depuis l’achat jusqu’à leur consommation.
Le statut juridique
Le professionnel, qui est un commerçant, opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la majorité des entreprises sont exploitées sous forme d’entreprises individuelles.
La SARL est la forme de société la plus répandue dans ce secteur. Depuis le 1er août 2003 (loi 2003-721) l’obligation d’un capital minimum pour constituer ce type de société est supprimée.
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 80 300 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 766 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 766 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis, soit :
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40%, auquel s’applique ensuite un crédit d’impôt plafonné à 230 € pour un couple et 115 € pour une personne seule. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 18%.
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
Depuis le 1er juillet 2009, le secteur bénéficie d’un taux de TVA réduit à 5,5% (hors boissons alcoolisées).
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 80 300 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 35 352 € (1 PSS) | < 106 056 € (3 PSS) | < 176 760 € (5 PSS) | > 176 760 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse | 16,65 % | / | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 12,1 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/720ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,6 € (1/720ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,1 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 605 € en 2011) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 460,37 €. Minimum versé = 3 181,67 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 17 676 € en 2010) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 460,37 €. Minimum versé = 7 204,48 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 6 924 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (35 352 € pour 2011) Taux plein = 50 % (65 ans ou 164 trimestres pour les personnes nées à partir de 1953) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 17 676 € pour 2011 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,110 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit le coefficient moyen de rotation de couverts par place et par jour, ainsi que le prix moyen du couvert, la répartition du chiffre d’affaires “menu” et “carte”, le rapport repas/boissons, les ventes par produit et ajuste son offre en fonction des résultats constatés. L’indice le plus suivi est le “prime cost” (addition du coût des matières premières et des frais de personnel).
Les recettes de l’activité
Dans la plupart des restaurants traditionnels, les variations du nombre de couverts posent des difficultés. La tendance est à la baisse du ticket moyen.
Les charges à surveiller
Le principal poste de charges est constitué par les achats, suivi par les charges de personnel. La gestion des salariés est très difficile du fait des écarts d’activité, des horaires très larges et du turn-over. Dans les affaires plus importantes, le contrôle de la gestion des achats et l’utilisation des matières premières en cuisine sont capitaux pour limiter les pertes et maintenir une marge brute élevée.
La maîtrise du résultat
Dans les petits restaurants traditionnels (affaires familiales la plupart du temps), la maîtrise des achats et des charges externes (loyers, électricité, eau …) est primordiale. Dans les affaires plus importantes, le résultat dépend de la maîtrise des charges de personnel et des achats.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
A l’installation, le professionnel doit disposer d’un trimestre de trésorerie d’avance. Celle-ci doit toujours être positive du fait des paiements comptants des clients et des délais fournisseurs.
| Evolution du nombre de création (1) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2009 | 7 369 | Chiffre d’affaires moyen | 182 K€ |
| 2008 | 7 324 | Marge brute (en % du CA) | 66,46 % |
| 2007 | 7 248 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 20,78 % |
| 2006 | 3 579 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 27 J |
| 2005 | 3 540 | Crédit clients (en jours de CA) | 2 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 38 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | -10 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2008 | Nc | Restauration traditionnelle | 44,6 % |
| 2007 | 2 614 | Hôtels, cafés, restaurants | 42,3 % |
| 2006 | 2 369 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2005 | 2 525 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2004 | 2 446 | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Franchise Magazine
http://www.franchise-magazine.com
Ac Franchise
http://www.ac-franchise.com
Observatoire de la Franchise
http://www.observatoiredelafranchise.fr
Fédération Française de la Franchise
http://www.franchise-fff.com
Fédération du Commerce Associé
http://www.commerce-associe.fr
Insee, Enquête Annuelle d’Entreprise dans les services, Les résultats complets de l’année 2006 en NAF Rév.1
553A : Restaurants
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
Aircga : l’association Inter-Régionale de Centres de Gestion Agréés
Association de 14 Centres de Gestion Agréés répartis sur tout le territoire et représentant plus de 50 000 entreprises artisanales, commerciales et prestataires de services ainsi que des exploitations agricoles.
Statistiques financières des comptes des entreprises, rubrique "La TPE en chiffres", "Comptes des TPE"
APCE : "Restauration Traditionnelle", mise à jour : 11/2009
Xerfi : "Restauration commerciale", mis en ligne le 20/04/2009
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI