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Réparation de matériel électrique et électronique

Mise à jour : 15/12/2010



Le marché

Le marché


Malgré la hausse de la consommation de produits bruns/blancs et l’évolution de la réglementaire européenne portant à 2 ans la garantie obligatoire des biens de consommation, le volume d’activité des professionnels du secteur décline.

Plusieurs facteurs pénalisent le secteur de la réparation électrique et électronique :

- l’évolution structurelle des circuits de distribution des produits bruns/blancs : le développement des grandes surfaces spécialisées (GSS) a entraîné l’émergence de services après-vente intégrés au détriment des réparateurs indépendants,

- l’évolution de la nature de l’offre : l’équipement en produits blancs ayant atteint son seuil de maturité, ce sont les produits bruns à forte technicité (technologie du numérique, multimédia…) qui se vendent aujourd’hui. Ces produits exigent des compétences techniques pointues et un matériel de plus en plus perfectionné et coûteux que les petits réparateurs indépendants ne peuvent pas toujours acquérir,

- la baisse des prix des équipements électriques et électroniques : les prix attractifs sur ces équipements incitent les consommateurs à se ré-équiper pour profiter des évolutions technologiques permanentes plutôt que de faire réparer,

- la hausse de la fiabilité des produits vendus : l’intense concurrence qui règne entre fabricants incite ces derniers à proposer aux consommateurs des produits fiables afin de les fidéliser.

Dans ce contexte, les indépendants sont fortement pénalisés par les stations techniques de réparation agréées par les fabricants et par les GSS qui leur sous-traitent leur service après vente.

Tendances


Face au développement de produits à forte technicité, les indépendants tendent à se regrouper en associations (ASTEC, SAVELEC), afin de mettre à profit la complémentarité de leurs compétences pour répondre à l’ensemble des demandes. Les professionnels devraient moins travailler en atelier. Néanmoins ils devraient se déplacer de plus en plus pour assurer des installations toujours plus complexes ainsi que le suivi et la maintenance des appareils.


L’organisation du marché


- Les réparateurs indépendants spécialisés interviennent soit pour le compte de particuliers, soit en sous-traitance de magasins de détail. Ils perdent régulièrement des parts de marché au profit des SAV vendeurs et fabricants. Ces entreprises sont généralement de petite taille.

- Les centres techniques agréées sont des sociétés indépendantes agréées par les fabricants. Elles permettent à ceux-ci d’externaliser une partie du SAV en le sous-traitant.


Nombre d’entreprises du secteur en 2009 Chiffre d’affaires du secteur en 2007 Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur
Produits bruns 2 735   (en milliards d’euros)

(Indice ICA base 100 en 2000)

Produits blancs 2 421   3,086 Md€

Réparation de produits électronique grand public

(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2009 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2009)

(Source : DGCIS, Enquête Annuelle d’Entreprise)

2009 126,8
2008 128,4
2007 123,1
2006 120,1
2005 115,9
2004 113,0
2003 111,2
2002 108,3
(Source : Insee, Bulletin Statistique)

 


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Le métier et la règlementation

Les aptitudes professionnelles


Le professionnel doit avoir une bonne maîtrise des appareils sur lesquels il intervient. Il doit savoir adopter une démarche rationnelle pour localiser les pannes et établir les diagnostics. Pour la réparation de produits bruns, la dextérité manuelle, la minutie et la rigueur sont indispensables. Pour les produits blancs, les capacités physiques sont plus sollicitées (difficulté d’accès à la panne, poids des machines, travail souvent à genoux). Enfin, le professionnel doit savoir faire preuve de qualités commerciales et relationnelles. Il doit pouvoir apporter un maximum de conseils à ses clients.

L’environnement règlementaire


Les contraintes à l’installation

Aucune formation n’étant obligatoire pour exercer l’activité.

L’artisan doit être inscrit au répertoire des Métiers.

Les principaux points de la règlementation professionnelle

Les entreprises sont tenues d’afficher le taux horaire de main d’œuvre, les modalités de décompte du temps passé, le prix TTC des différentes prestations proposées, les frais de déplacement ainsi que le caractère payant ou gratuit du devis.

Le devis est obligatoire préalablement à toute intervention d’un montant supérieur à 150 €.

Le dépanneur est tenu à une obligation de résultat (art. 1147 et 1915 du Code Civil). L’arrêté du 02-03-90 et l’article L121-21 du Code de la Consommation fixent les règles pour le dépannage à domicile.


Le statut juridique et fiscal du professionnel


Le statut juridique

Le professionnel opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.

Dans ce secteur, la majorité des entreprises est exploitée sous forme de société.

La catégorie d’imposition

Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

Catégorie d’imposition des BIC (prestations de services)
Chiffre d’affaires Régime Fiscal
Chiffre d’affaires < 32 100 € Micro BIC ou Auto entrepreneur
Chiffre d’affaires < 231 000 € Réel simplifié
Chiffre d’affaires > 231 000 € Réel normal

Le mode d’imposition

Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis, soit :

- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.

Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire.

- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).

Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40%, auquel s’applique ensuite un crédit d’impôt plafonné à 230 € pour un couple et 115 € pour une personne seule. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 18%.

Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.

Le taux de TVA

Dans ce secteur, le taux de TVA est de 19,6%.

Le statut social du professionnel


Les cotisations sociales

  Auto entrepreneur (BIC) Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2)

Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 32 100 euros)

Tranches de revenus ou de rémunérations(3)
< 35 352 € (1 PSS) < 141 408 € (4 PSS) < 176 760 € (5 PSS) > 176 760 € (5 PSS)
Assurance maladie maternité 21,3 % 6,5  % 5,9  % 5,9  % /
Indemnités journalières maladie 0,7  % 0,7  % 0,7  % /
Allocations familiales 5,4 % 5,4 % 5,4 % 5,4 %
Assurance vieillesse 16,65 % / / /
Assurance invalidité décès 1,8 % / / /
Participation formation 0,29 % / / /
Retraite complémentaire 7,1 % 7,5 % / /
Total + CSG + CRDS 46,44 % (4) 27,5 % (4) 20  % (4) 13,4  % (4)


(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).

(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.

(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.

(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 12,1 %

La protection sociale

Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Incapacité temporaire Indemnité journalière : 1/720ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,6 € (1/720ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,1 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans.
Pension pour incapacité totale au métier artisanal Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 17 776 € en 2011) les trois premières années, puis 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1PSS (soit 10 605 € pour 2011) jusqu’au 60ème anniversaire. Minimum versé = 3 181,67 €
Invalidité totale Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 17 676 € en 2011) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 460,37 €. Minimum versé = 3 181,67 €
Décès Capital : 6 924 € si cotisant, 2 769,60 € si retraité

Rente : néant

Décès : pour les enfants à charges Capital : 1 731 €
Rente : néant


La retraite

  Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Retraite de base

Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence)

Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (35 352 € pour 2011)

Taux plein = 50 % (65 ans ou 164 trimestres pour les personnes nées à partir de 1953)

Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 17 676 € pour 2011

Retraite complémentaire

La retraite complémentaire est obligatoire.

7,1% des revenus < 35 352 € (1 PSS) + 7,5% des revenus < 141 408 € (entre 1 et 4 PSS)        

X valeur du point X nb d’années
Coût d’acquisition du point        
Coût d’acquisition du point : 4,324 €
Valeur du point : 0,30970 € (points acquis depuis 1997)


L’exercice de l’activité

L’installation


La création est le mode d’installation le plus courant. Le professionnel est souvent un technicien qui travaillait chez un distributeur. Il a besoin d’un local d’une surface moyenne de 100 m² afin de stocker les pièces détachées et le matériel défectueux.

La reprise n’a pas beaucoup d’intérêt dans la mesure où elle ne garantit pas la conservation d’un agrément de station agréée par les fabricants (l’agrément est intuitu personae et non transmissible).


Les investissements


Même s’il reste d’un coût relativement modeste, le matériel est de plus en plus onéreux du fait de sa sophistication.

La gestion


Le suivi au quotidien

Le professionnel suit l’évolution de son chiffre d’affaires et sa répartition entre vente de pièces détachées et prestations proprement dites. Il doit réaliser 6 à 8 interventions par jour pour se garantir un chiffre d’affaires suffisant. Son carnet de commandes ne se remplit qu’au fur et à mesure, au mieux d’une semaine sur l’autre.

Les recettes de l’activité

La vente de pièces détachées, sur lesquelles les marges sont particulièrement faibles, représente en moyenne 60% du chiffre d’affaires global. Les tarifs horaires appliqués sont plus élevés lorsque le professionnel a une clientèle de particuliers. Par contre, ils sont beaucoup plus faibles dans des contrats de sous-traitance ou de maintenance pour le compte de collectivités.

Les charges à surveiller

Les achats représentent 43% du chiffre d’affaires. Lorsque le professionnel exerce seul, ses cotisations personnelles constituent le second poste de charge. Dans les entreprises plus importantes, ce sont les charges de personnel qui viennent derrière les achats. La formation et les frais de publicité constituent les autres dépenses importantes. Il faut aussi compter sur l’entretien de la voiture ainsi que sur les assurances.

La maîtrise du résultat

Les taux moyens de marge brute de la profession sont en baisse du fait de la stabilité des tarifs et de l’augmentation des charges. Le professionnel doit trouver un équilibre dans sa facturation en veillant à la rentabilité de son travail et en ne dépassant pas le coût de produits neufs. Dans les entreprises plus importantes, la maîtrise des charges de personnel est essentielle .

La gestion financière et les besoins en trésorerie

Le besoin en fonds de roulement est réduit du fait de l’achat des pièces détachées au coup par coup et du règlement comptant de la clientèle de particuliers. Seules les entreprises intervenant fréquemment en sous-traitance et/ou pour le compte de collectivités ont un BFR plus important.


Evolution du nombre de création (1) Les ratios de gestion clefs
2009 196 Chiffre d’affaires moyen 162 K€
2008 108 Marge brute (en % du CA) 51,07 %
2007 93 Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 20,69 %
2006 97 Rotation des stocks (en jours de CA) 50 J
2005 112 Crédit clients (en jours de CA) 28 J
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) Crédit fournisseurs (en jours de CA) 49 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 14 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)


(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.

"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :

- 1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;

- 2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;

- 3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.

On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)

Les difficultés du métier

Les difficultés du métier


Bien qu’il soit peu consommateur de financements, le secteur reste risqué.

Les principales difficultés pour le créateur sont :

• La dépendance à la sous-traitance :

Du fait des difficultés du secteur de la vente d’équipements, la position de sous-traitant est particulièrement délicate. Le professionnel doit être vigilant dans la gestion de ses encours client et il doit diversifier sa clientèle.


• La diminution de la marge brute :

Du fait de la diminution des prix du matériel neuf, les professionnels sont obligés de stabiliser, voire de diminuer leurs tarifs. En effet, lorsque l’écart de coût est insuffisant, le remplacement pur et simple du matériel défectueux est préféré à sa réparation.


• La compétence de l’exploitant :

Le professionnel doit non seulement avoir des aptitudes de base très solides, mais il doit en plus les adapter aux évolutions technologiques. La formation est essentielle pour maîtriser les avancées technologiques très rapides, particulièrement dans le domaine des produits bruns.


Dans ce contexte, les professionnels très qualifiés, qui privilégient la formation continue, le conseil et le dynamisme commercial et qui fonctionnent en réseaux avec d’autres professionnels aux compétences complémentaires, sont les mieux à même de réussir.


Evolution du nombre de DEFAILLANCE TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années
2008 27

Réparation de produits blancs et bruns

87,4 %
2007 31 Moyenne tous secteurs 51,9 %
2006 35
2005 43 (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002)
2004 43
(Source : Insee, Défaillances d’entreprises)


Pour aller plus loin

Les principales organisations professionnelles


OSCREM
Organisation Nationale des Spécialistes du Commerces et des Services de la Radio Télévision, de l’Électronique domestique et de l’Équipement Ménager
104 rue Lafayette - 75 010 Paris
Tel.01.44.79.94.90

SNDD
Syndicat National du Dépannage à Domicile
66 Boulevard Auguste Blanqui - 75013 Paris
Tel : 01.43.37.10.22
http://www.synadep.fr

SNMSAV
Syndicat National de Maintenance et de SAV
26 rue du Général Roguet - 92110 Clichy
Tél.01.47.37.05.75


Les données de gestion


- Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises


- Aircga : l’association Inter-Régionale de Centres de Gestion Agréés Association de 14 Centres de Gestion Agréés répartis sur tout le territoire et représentant plus de 50 000 entreprises artisanales, commerciales et prestataires de services ainsi que des exploitations agricoles.
Statistiques financières des comptes des entreprises, rubrique "La TPE en chiffres", "Comptes des TPE"


Les études sectorielles


- Dafsa


- Eurostaf


- Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études


- Research & Markets : moteur de recherche d’études


Votre zone de chalandise


- Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…


- Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale


Vos interlocuteurs pour vos cotisations, votre protection sociale et votre retraite


- Le Régime Social des Indépendants, RSI



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