Vos recettes proviennent de la vente de biens et/ou de services.
Si vous êtes soumis au régime de franchise en base de TVA (ce qui est le cas des auto-entrepreneurs), vous facturez hors taxe (HT) et ne reversez donc aucune TVA à l’administration fiscale. Par contre, si vous êtes soumis au régime de la TVA, vous facturez toutes taxes comprises (TTC) mais vos recettes nettes sont constituées de vos encaissements hors taxe (HT).
Que votre clientèle soit composée de particuliers ou de professionnels, il est nécessaire de suivre de près vos échéances.
Préalablement à la vente d’un bien ou d’un service, vous pouvez vous assurer de la solvabilité de vos clients professionnels auprès du Greffe du Tribunal de Commerce concerné ou sur le site Internet
Infogreffe
(accès au dernier bilan, informations judiciaires). Des sociétés spécialisées peuvent également vous proposer une analyse de la solvabilité d’une entreprise ou d’un professionnel.
Emettez vos factures dès qu’un bien est vendu ou qu’une prestation est réalisée. Veillez à indiquer clairement sur la facture la date d’échéance ainsi que le mode de paiement souhaité.
Dès que la date d’échéance de paiement est dépassée, relancer vos clients. Plus vous laisserez passer du temps après l’échéance, plus vos créances seront difficiles à recouvrir.
Si malgré vos rappels vos factures restent impayées, vous avez la possibilité de vous tourner vers un service de recouvrement professionnel. Enfin, contactez votre conseiller bancaire pour l’avertir de la situation. En cas de besoin en trésorerie, il pourra vous proposer des solutions bancaires adaptées (consulter notre rubrique
Les financements).
Pour éviter tout impayé, vous avez la possibilité de recourir à un service d’affacturage : vos factures sont directement réglées par la société d’affacturage qui se charge du recouvrement de celles-ci auprès de vos clients.
Les charges peuvent être classées en plusieurs catégories :

charges fournisseurs rattachées aux achats,

charges fixes régulières : loyers, téléphone…

les charges fiscales et sociales.
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Charges fournisseurs |
Charges fixes régulières |
Charges fiscales et sociales |
Echéances |
Au cas par cas (30 à 60 jours en général)
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A date fixe chaque mois |
A échéances fixes selon le régime fiscal et social |
Mode de paiement |
Chèque, virement ou traite |
Chèque, TIP ou prélèvements automatiques |
Chèque, TIP, prélèvements automatiques ou télérèglement (net-entreprises.fr) |
Observations |
Limiter les stocks à ce qui est nécessaire. |
Ces charges sont très faciles à anticiper et leurs montants sont généralement stables dans le temps |
En dehors des auto-entrepreneurs, il existe toujours un décalage entre les charges sociales appelées et les charges sociales réellement dues. |
A retenir |
L’idéal est de payer une marchandise quand on l’a vendue. |
Préférez les prélèvements automatiques |
Anticiper les décalages en provisionnant vos charges |
Les charges fournisseurs et les charges fixes régulières soumises à TVA sont toujours facturées TTC. Que vous soyez ou non soumis au régime de la TVA, vous devrez régler vos factures HT + TVA.
Les professionnels soumis au régime de la TVA pourront déduire, a posteriori, le montant de la TVA acquitté de la TVA encaissée (au moment de la vente de biens et/ou de services). Cette "récupération" de la TVA s’opère mensuellement, trimestriellement ou annuellement selon le régime de la TVA. Le montant réel des charges des professionnels soumis au régime de la TVA correspond donc au prix HT.
Exemple :
Vous achetez auprès d’un fournisseur un article que vous revendez à un client :
Vous réglez à votre fournisseur une facture TTC de 1 196 euros, soit 1 000 euros HT et 196 euros de TVA.
Vous établissez à votre client une facture TTC de 1 794 euros, soit 1 500 euros HT et 294 euros de TVA.
Vous reversez à l’administration fiscale : 294 € - 196 € = 98 € de TVA.
A contrario, les professionnels soumis au régime de la franchise en base de TVA (les auto-entrepreneurs notamment) ne pourront pas "récupérer" la TVA sur leurs achats. Le montant de leurs charges correspond alors au prix TTC.
Exemple :
Vous achetez auprès d’un fournisseur un article que vous revendez à un client :
Vous réglez à votre fournisseur une facture TTC de 1 196 euros, soit 1 000 euros HT et 196 euros de TVA.
Vous établissez à votre client une facture HT de 1 794 euros.
Vous ne reversez aucune TVA à l’administration fiscale sur votre facture de 1 794 euros et vous ne récupérez pas les 196 euros de TVA facturés par votre fournisseur.
Anticipez vos besoins de trésorerie en actualisant périodiquement (chaque semaine ou chaque mois selon votre activité) votre
plan de trésorerie.
Pointez votre situation de compte très régulièrement (quotidiennement, plusieurs fois par semaine ou chaque semaine en fonction de votre activité exercée).
Assurez-vous que vos clients ont acquitté vos factures mais aussi que l’ensemble de vos charges a bien été débité à échéance.
Payez vos charges à la bonne date d’échéance : ni trop tôt pour ne pas réduire vos ressources en trésorerie, ni trop tard pour éviter les lourdeurs administratives (gestion des relances….) et d’éventuelles pénalités de retard.
Si vous ne pouvez pas payer vos charges à échéance,
déterminez-en la cause :

Vous ne rentrez pas vos créances suffisamment tôt (facturation tardive, mauvais suivi des relances…).

La rentabilité de votre activité est insuffisante : soit vos charges sont trop élevées par rapport à vos recettes, soit votre marge commerciale est insuffisante.

Votre entreprise est en croissance rapide et manque de fonds de roulement : il faudra établir un nouveau business plan et revoir votre conseiller bancaire pour répondre à vos nouveaux besoins de trésorerie en fonction de votre nouveau besoin en fonds de roulement.
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La trésorerie correspond à la différence entre fonds de roulement et besoin en fonds de roulement.
TRESORERIE = FONDS DE ROULEMENT – BESOIN EN FONDS DE ROULEMENT
Le fonds de roulement correspond à la différence entre vos fonds stables (capitaux propres + dettes à long terme) et vos actifs immobilisés (les biens non destinés à la vente mais nécessaires à l’activité : bâtiments, équipements, brevets…).
FONDS DE ROULEMENT = (CAPITAUX PROPRES + DETTES A LONG TERME) – ACTIFS IMMOBILISES
Le fonds de roulement est donc positif si les fonds stables de l’entreprise suffisent à financer les immobilisations. L’excédent peut alors être affecté aux besoins générés par le cycle d’exploitation (activité) de l’entreprise.
Le besoin en fonds de roulement (BFR)
Pour estimer votre besoin en fonds de roulement vous devez connaitre :

le montant de vos stocks en valeur,

le délai de paiement accordé à vos clients (il s’agit de la créance client),

le délai de paiement accordé par vos fournisseurs (il s’agit du crédit fournisseur).
BFR = STOCKS + CREANCES CLIENTS – CREDITS FOURNISSEURS
Selon votre activité, votre besoin en fonds de roulement sera :

positif : votre activité nécessite des besoins en trésorerie,

négatif : votre activité dégage alors des excédents de trésorerie.
SITUATION |
INCIDENCE SUR LE BFR |
EXEMPLES D’ACTVITES |
Les crédits fournisseurs sont supérieurs aux besoins pour financer les stocks et les créances clients
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LE BFR EST NEGATIF |
Activités commerciales nécessitant peu de stock (boucherie, boulangerie…) |
Les besoins pour financer les stocks et les créances sont supérieurs aux crédits fournisseurs
|
LE BFR EST POSITIF |
Activités nécessitant des stocks importants >br>(commerce de détail d’habillement, de chaussure, de maroquinerie, d’équipements automobiles…)
Activités induisant des créances clients importantes (artisanat du bâtiment, activités de prestations de services…)
Activités nécessitant des stocks et des créances clients importants (artisanat de production)
|
Il est d’usage
d’exprimer le BFR en jours de chiffres d’affaires afin de pouvoir estimer ses besoins sur la base d’une norme sectorielle variable selon votre type d’activité.
Ces normes vous seront précieuses pour établir votre prévisionnel et mesurer vos performances dans votre gestion du cycle d’exploitation.
Consultez nos
fiches métiers pour connaître la norme de votre activité.
Exemple de détermination du BFR :
Votre entreprise réalise un chiffre d’affaires de 200 000 euros et les paramètres suivants sont connus :
valeur des stocks : 20 000 €,
conditions de paiement accordées aux clients : 30 jours de chiffre d’affaires,
conditions de paiement accordées par les fournisseurs : 45 jours d’achats.
Les crédits fournisseurs sont souvent exprimés en jours d’achats. Pour les exprimer en jours de chiffre d’affaires, il est nécessaire de connaître votre marge brute (la marge brute est la différence entre le montant des ventes et le coût d’achat des biens nécessaires pour vendre et produire) et le montant des achats.
Dans l’exemple, la marge brute de l’entreprise s’élève à 60% du chiffre d’affaires.
Les achats représentent donc 40% du chiffre d’affaires (chiffre d’affaires – marge brute).
Montant des stocks = 20 000 €
Montant des créances clients = (200 000 / 365 jours) X 30 jours de chiffre d’affaires = 16 438 €
Montant du crédit fournisseurs = 45 jours d’achats soit en jours de chiffre d’affaires : 45 jours X 40% (montant des achats par rapport au chiffre d’affaires) = 18 jours de chiffre d’affaires soit : (200 000 / 365 jours) X 18 jours de chiffre d’affaires = 9 863 €
BFR = 20 000 € + 16 438 € - 9 863 € = 26 575 €
Il est intéressant de ramener ce montant en jours de chiffre d’affaires afin d’estimer rapidement les besoins en fonds de roulement en cas d’évolution du chiffre d’affaires.
Dans l’exemple ci-dessus, le BFR exprimé en jours sera de : 26 575 € / (200 000 / 365 jours) soit 48 jours de chiffre d’affaires.
Ainsi, si votre chiffre d’affaires passe de 200 000 € à 250 000 €, alors votre BFR passera de 26 575 € à : (250 000 / 365 jours) X 48 jours = 32 876 €, soit un besoin supplémentaire de 6 301 €.
Situation de votre trésorerie
Si votre trésorerie est positive (fonds de roulement > besoin en fonds de roulement), les ressources financières de votre entreprise vous permettent de couvrir les besoins liés au cycle d’exploitation. Vous pouvez alors placer vos excédents de trésorerie.
Si votre trésorerie est négative (fonds de roulement < besoin en fonds de roulement), vous disposez de deux leviers pour y remédier :

augmenter votre fonds de roulement,

réduire votre besoin de fonds de roulement (BFR).
L’augmentation de votre fonds de roulement peut se faire par un apport en fonds propres.
Pour limiter votre besoin de fonds de roulement (BFR) vous pouvez :

améliorer la gestion de vos stocks pour en réduire le délai de rotation,

en optimiser le suivi de vos encaissements (gestion de la facturation, relance des clients …) pour réduire le montant des créances clients (factures clients en attente de règlement)

négocier des délais plus longs auprès de vos fournisseurs (ces délais sont encadrés par la loi et n’excèdent généralement pas 60 jours à compter de la date d’émission de la facture ou 45 jours fin de mois.
A LIRE :
Mini-guide pro "Le besoin de trésorerie édité par la
Fédération Bancaire Française.