Mise à jour : 15/12/2010
Alors que les stratégies de concentration du secteur se poursuivront (Afat et Selectour en 2009), les agences de voyages exploiteront la complémentarité des canaux de distribution : laissant les produits touristiques simples et bas de gamme à Internet, canal plus adapté à ce type de produits, elles orienteront leur offre vers des produits complexes et haut de gamme qu’elles seront beaucoup plus à même de commercialiser.
- les agences de voyages constituent les distributeurs traditionnels mais représentent une catégorie de plus en plus hétérogène : le nombre d’indépendants diminue, les Tours Opérateurs développent leurs propres agences…
- les Grandes Surfaces Alimentaires (Leclerc, Carrefour…) ont fait leur apparition sur le marché. Certaines disposent de leur propre réseau d’agences physiques alors que d’autres ont optées pour la vente à distance par le biais de catalogues distribués en magasins, de centrales de réservation téléphonique et, plus récemment, de sites de voyages en ligne.
- Les Grandes Surfaces Spécialisées (Fnac, Printemps Voyages) et les Grands magasins (Galeries Lafayette) développent essentiellement des offres thématiques liées à leur activité principale.
- La vente à distance via les agences de voyages en ligne (lastminute, Voyages-sncf), les portails de réservation (Opodo), les comparateurs de prix, les plates-formes des tours opérateurs, etc. Premier circuit de distribution de vente par internet, les agences de voyages en ligne profitent de l’essor du e-commerce.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2009 | Chiffre d’affaires du secteur en 2008 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 7 178 | 13,241 Md€ | Agences de voyages | |||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2009 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2009) | (Source : Insee, Suse (Système unifié de statistiques d’entreprises) | 2009 | 115,1 | ||
| 2008 | 131,3 | ||||
| 2007 | 126,6 | ||||
| 2006 | 123,0 | ||||
| 2005 | 117,6 | ||||
| 2004 | 110,5 | ||||
| 2003 | 106,2 | ||||
| 2002 | 105,0 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le statut juridique
Le professionnel opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la plupart des entreprises est exploitée sous forme de sociétés.
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 80 300 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 766 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 766 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40%, auquel s’applique ensuite un crédit d’impôt plafonné à 230 € pour un couple et 115 € pour une personne seule. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 18%.
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
La TVA est de 19,6% dans ce secteur.
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 80 300 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 35 352 € (1 PSS) | < 106 056 € (3 PSS) | < 176 760 € (5 PSS) | > 176 760 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse | 16,65 % | / | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 12,1 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/720ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,6 € (1/720ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,1 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 605 € en 2011) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 460,37 €. Minimum versé = 3 181,67 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 17 676 € en 2010) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 460,37 €. Minimum versé = 7 204,48 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 6 924 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (35 352 € pour 2011) Taux plein = 50 % (65 ans ou 164 trimestres pour les personnes nées à partir de 1953) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 17 676 € pour 2011 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,110 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit la répartition de son volume d’affaires entre billetterie et forfaits-voyages sur lesquels il obtient de meilleures commissions. Il suit également l’évolution du volume de ses réservations d’une période sur l’autre, ce qui peut l’amener à effectuer des opérations commerciales sur son fichier clients (mailings, promotions…). Pour négocier avec les tours-opérateurs, il suit la ventilation de son chiffre d’affaires par tours-opérateurs et par zones géographiques. Grâce aux nouvelles technologies informatiques (Internet), il peut diversifier son offre et proposer à ses clients des produits personnalisés.
Les recettes de l’activité
Depuis la suppression des commissions auparavant versées par les compagnies aériennes et autres transporteurs, le chiffre d’affaires est constitué par des frais d’agence, réglés directement par les clients. Les recettes sont très saisonnières : 70% du chiffre d’affaires sont réalisés en 6 mois, pendant la haute saison.
Les charges à surveiller
Les achats de forfaits et de billetterie représentent les principales charges. Viennent ensuite les charges de personnel, le loyer, les coûts informatiques, de télématique et le budget publicité qui doit être strictement maîtrisé.
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend avant tout du maintien du chiffre d’affaires et du poids des consommations intermédiaires. La gestion du personnel est aussi très importante : politique de maîtrise des salaires, coordination des horaires pour augmenter les heures d’ouverture, animation du travail en équipe, intégration du personnel à temps partiel et turn-over inhérent à la profession.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
A l’installation, une réserve en fonds propres est également nécessaire pour passer le cap des 3 premières années, souvent déficitaires. Après cette période (à l’exception de quelques opérations spécifiques), l’activité ne génère pas de besoin de trésorerie, les agences réglant les compagnies de transports, les tours-opérateurs et les voyagistes après paiement de leur clientèle. Seules, les agences organisant des voyages d’entreprises ou de groupes peuvent avoir besoin de trésorerie.
| Evolution du nombre de création (1) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2009 | 242 | Chiffre d’affaires moyen | 136 K€ |
| 2008 | 527 | Marge brute (en % du CA) | 99,89 % |
| 2007 | 438 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 25,79 % |
| 2006 | 352 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 0 J |
| 2005 | 362 | Crédit clients (en jours de CA) | 107 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 131 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | - 46 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• Le regroupement et la concentration du secteur :
Sous la pression d’opérateurs français et étrangers, les fusions s’accélèrent. Les petites agences indépendantes ont des difficultés à négocier des tarifs compétitifs, et sont en permanence concurrencées par les nouveaux produits mis sur le marché par les plus grands tours-opérateurs ou voyagistes. Elles sont alors contraintes, soit d’opter pour la franchise ou l’intégration, soit d’adhérer à une chaîne volontaire.
• Le développement du e.commerce
Premier circuit de distribution de vente par internet, les agences de voyages en ligne captent de plus en plus de parts de marché. Le segment de la billetterie est fortement fragilisé par le développement des sites internet de la SNCF et des compagnies aériennes. Les sites de vente de voyages de dernières minutes concurrencent fortement les acteurs traditionnels de la distribution de voyage.
• L’intensité de la concurrence :
L’intervention de puissants opérateurs étrangers mais aussi de la grande distribution, du discount, des ventes aux enchères sur Internet intensifie la concurrence et fragilise les petites agences.
• La faiblesse des marges du secteur :
La conjonction d’une faible marge (inférieure à 10%) et de charges élevées (frais de personnel, loyer, matériel informatique et dépenses de publicité) rend l’activité particulièrement sensible aux variations et évolutions conjoncturelles. Pour améliorer leurs marges, les professionnels tentent notamment de limiter leurs coûts salariaux par des gains de productivité (permis par Internet et de nouveaux logiciels à l’origine de l’automatisation des tâches).
Dans ce contexte difficile, les agences indépendantes doivent adhérer à un réseau, ce qui les protège au mieux des difficultés du secteur.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2008 | 74 |
Agence de voyages |
61,3 % |
| 2007 | 70 | Commerce et réparation | 46,1 % |
| 2006 | 81 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2005 | 89 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2004 | 102 | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Franchise Magazine
http://www.franchise-magazine.com
Ac Franchise
http://www.ac-franchise.com
Observatoire de la Franchise
http://www.observatoiredelafranchise.fr
Fédération Française de la Franchise
http://www.franchise-fff.com
Fédération du Commerce Associé
http://www.commerce-associe.fr
Insee, Enquête Annuelle d’Entreprise dans le commerce, Les résultats complets de l’année 2006 en NAF Rév.1
63.3Z Agences de voyage
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
Aircga : l’association Inter-Régionale de Centres de Gestion Agréés
Association de 14 Centres de Gestion Agréés répartis sur tout le territoire et représentant plus de 50 000 entreprises artisanales, commerciales et prestataires de services ainsi que des exploitations agricoles.
Statistiques financières des comptes des entreprises, rubrique "La TPE en chiffres", "Comptes des TPE"
APCE : "Agence de voyages"
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI