Mise à jour : 01/02/2012
La poursuite de la baisse des volumes transportés conjuguée à la limitation des revalorisations tarifaires (hausse contenue du prix du gazole, accroissement des pressions concurrentielles, supériorité de l’offre comparée à la demande…) pénalisera l’activité du secteur. Les petites entreprises seront une fois encore les plus touchées tandis que les leaders du secteurs poursuivront le développement d’activités à forte valeur ajoutée : la concentration du secteur s’en trouvera accentuée.
• Selon la couverture territoriale :
Les entreprises de “zone courte”, ou “de proximité”, effectuent des transports de marchandises lors de déplacements sur des distances inférieures à 150 kms.
Les entreprises de “zone longue”, ou “interurbain”, travaillent sur de longues distances (supérieures à 150 kilomètres), y compris à l’international qui représente en moyenne 60% de leur activité.
• Selon le mode de fonctionnement :
Les entreprises pour “compte d’autrui” sont indépendantes des donneurs d’ordres. L’externalisation croissance de la prestation de transport explique l’essor de ce mode de fonctionnement.
Les entreprises pour “compte propre” sont des filiales ou sont intégrées à un donneur d’ordre.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2010 | Chiffre d’affaires du secteur en 2009 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Zone longue (ZL) | 12 782 | (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||
| Zone courte (ZC) | 24 406 | 36,562 Md€ |
Transports routiers de fret interurbains |
||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010) |
(Source : Insee, Esane) |
2010 | 140,1 | ||
| 2009 | 132,8 | ||||
| 2008 | 149,2 | ||||
| 2007 | 142,4 | ||||
| 2006 | 136,9 | ||||
| 2005 | 124,3 | ||||
| 2004 | 118,7 | ||||
| 2003 | 113,9 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le statut juridique
Le professionnel opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la plupart des entreprises est exploitée sous forme de sociétés
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 83 200 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 793 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 793 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
Dans ce secteur, la TVA est de 19,6%.
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 83 200 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 36 372 € (1 PSS) | < 109 116 € (3 PSS) | < 181 860 € (5 PSS) | > 181 860 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse |
16,65 % |
/ | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 911 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 7 355,77 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 7 274 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,138 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel raisonne économiquement à partir de son prix de revient au kilomètre, ce montant devant couvrir les coûts directs (gasoil, péages, frais de route …) et les frais généraux. En fonction de ce prix, il peut établir sa grille de tarif (coût de la taxe transportée au km) et vérifier la rentabilité de ses contrats de transport. Pour les plus grosses entreprises, le professionnel suit également le chiffre d’affaires réalisé par camion.
Les recettes de l’activité
La facturation est basée sur la distance de transport, le poids et le volume de la marchandise ainsi que sa nature (solide, liquide, matières dangereuses …). Certains services annexes (entreposage, distribution avec prise en charge de la facturation…) peuvent également être facturés.
Les charges à surveiller
Les charges les plus élevées sont les frais kilométriques directs, en tête desquels se trouve le carburant (près d’un quart du prix de revient) ainsi que les frais de personnel (34,4% des charges). A ces deux postes importants (qui représentent plus de la moitié du prix de revient), il convient de noter le poids non négligeable des coût des véhicules (détention et entretien principalement) et le poids des frais d’assurance (2,3% des charges), poste particulièrement important dans cette profession. Ainsi, les frais fixes représentent environ 25% du prix de revient annuel.
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend de la capacité à limiter au maximum la non utilisation des véhicules tout en ayant une politique de tarifs assurant une rentabilité correcte. Dans un contexte d’extrême concurrence, la course au chiffre d’affaires est à la fois une nécessité et un facteur de non rentabilité. La rentabilité peut être améliorée grâce à la vente de services annexes à plus forte valeur ajoutée, comme la gestion de la logistique (optimisation de la gestion des stocks), l’entreposage, la facturation des livraisons. Toutefois, ces activités nécessitent des investissements que seules les grandes entreprises peuvent réaliser.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Les fonds propres doivent représenter au minimum 30% des capitaux permanents. Le besoin en fonds de roulement est important, ce d’autant plus que les délais fournisseurs inférieurs aux délais clients grèvent une partie des liquidités des transporteurs.
| Evolution du nombre de création (1) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 1 002 | Chiffre d’affaires moyen | 262 K€ |
| 2009 | 904 | Marge brute (en % du CA) | 93.20 % |
| 2008 | 852 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 26,60 % |
| 2007 | 1 045 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 9 J |
| 2006 | 681 | Crédit clients (en jours de CA) | 63 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 40 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | 47 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• Les poids des investissements :
Les investissements de départ et de renouvellement sont très lourds. Les professionnels doivent donc veiller à intégrer leurs investissements dans une stratégie globale de développement répondant à des débouchés réels.
• La diminution des marges :
Les pressions concurrentielles conjuguées à la hausse des coûts de revient (hausse du gasoil, hausse des charges de personnel) et à l’importance de la fiscalité auxquelles sont soumis les professionnels (les taxes, TIPP et péages, représentent 9% du chiffre d’affaires) entraînent une diminution conséquente du niveau de marge des professionnels. La concurrence exacerbée du secteur nuit aux indépendants qui disposent de marges de manoeuvre moins aisées que leurs homologues leaders en matière tarifaire, d’où une répercussion modérée des hausses des coûts sur leurs tarifs (celle-ci ne permettant pas de compenser la réduction de leurs marges). Ainsi, les défaillances d’entreprises du secteur se multiplient.
• La qualité de la gestion :
Une gestion défaillante (facturation, suivi des règlements, gestion du personnel et des plannings, entretien des véhicules, normes de sécurité…) entraîne automatiquement d’importantes difficultés.
Dans ce contexte, les professionnels qui réussissent le mieux font preuve de dynamisme commercial, de prudence dans leur stratégie de développement et d’une grande rigueur de gestion. Il est important notamment de stabiliser l’entreprise après chaque phase de croissance (nouvelle concession, nouveau véhicule, embauche de personnel…) en évitant de précipiter les étapes.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 1 197 | Transport routier de voyageur | 77,5 % |
| 2009 | 1 240 | Transport | 62,3 % |
| 2008 | Nc | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2007 | Nc | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2006 | Nc | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer
Le transport de marchandises
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
APCE : "Transporteur routier zone longue"
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI