Mise à jour : 01/02/2012
Toutefois, le commerce de proximité bénéficie d’atouts, notamment l’adaptation aux évolutions sociologiques (travail des femmes, hausse des mono-foyers, vieillissement de la population, augmentation des ménages non véhiculés…).
Depuis plusieurs années, le développement du format supérette est au coeur des stratégies des grands groupes de distribution alimentaire pour accroître leurs parts de marché et renforcer leur politique de maillage territorial. L’accès aux centrales d’achat des grands groupes permet aux supérettes de réduire l’écart entre leurs prix et ceux des réseaux concurrents (hard discount, supermarchés) grâce au développement des marques de distributeurs notamment.
En relevant le seuil d’autorisation d’implantation et de création de surfaces commerciales à 1000m², la Loi de Modernisation de l’Economie du 8 août 2008 va accroitre les pressions concurrentielles sur les supérettes qui étaient jusqu’alors protégées par la loi Raffarin (qui définissait ce seuil à 300m²) en favorisant l’implantation des supermarchés (dont la taille excède 400m²) et des enseignes de hard discount.
- Les réseaux sous enseigne : le franchisé reste propriétaire du fonds. Il s’approvisionne auprès de la centrale d’achat de la tête de réseau à qui il verse un droit d’entrée et des redevances d’exploitation.
- Les succursales : les gérants ne sont pas propriétaires du fonds de commerce. Ils ont le statut de gérant-mandataire, voire de salarié dans certains réseaux (Casino).
- Les groupements d’indépendants : ils permettent aux adhérents de profiter des conditions avantageuses d’approvisionnement auprès des centrales d’achat ainsi que de la notoriété d’une enseigne.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2010 | Chiffre d’affaires du secteur en 2009 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 3 108 | 4,871 Md€ | Supérette | |||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010) | (Source : Insee, Esane) | 2010 | 132,7 | ||
| 2009 | 128,2 | ||||
| 2008 | 127,6 | ||||
| 2007 | 122,2 | ||||
| 2006 | 121,2 | ||||
| 2005 | 121,4 | ||||
| 2004 | 123,1 | ||||
| 2003 | 119,8 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le professionnel doit être un excellent gestionnaire : il doit suivre de très près ses stocks, ses marges, la rentabilité de chaque gamme de produits, etc. Prêt à travailler 12 heures par jour, il doit avoir un bon contact commercial pour fidéliser la clientèle. Sa capacité à analyser son marché et les attentes de sa clientèle lui permettront de proposer des services différenciateurs (heures d’ouverture, livraisons à domicile, plats à emporter…).
Le statut juridique
Le professionnel opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la plupart des entreprises est exploitée sous forme de société.
La SARL et l’EURL sont les formes de sociétés les plus répandues dans ce secteur. Depuis le 1er août 2003 (loi 2003-721) l’obligation d’un capital minimum pour constituer ce type de société est supprimée.
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 83 200 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 793 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 793 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
La TVA est de 5,5% sur les produits alimentaires et les boissons non alcooliques et de 19,6% pour les autres produits.
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 83 200 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 36 372 € (1 PSS) | < 109 116 € (3 PSS) | < 181 860 € (5 PSS) | > 181 860 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse |
16,65 % |
/ | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 911 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 7 355,77 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 7 274 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,138 € |
Le suivi au quotidien
Les professionnels suivent l’évolution journalière et mensuelle de leur chiffre d’affaires qu’ils comparent aux périodes précédentes. L’écoulement rapide de certains produits étant primordial, ils suivent leurs ventes au jour le jour et effectuent des opérations de promotion en fonction de l’état des stocks. Ils suivent également la répartition de leur chiffre d’affaires entre les produits à forte rentabilité (fruits, légumes et produits régionaux) et les autres (liquides et produits secs) ainsi que le montant des services annexes (livraison à domicile par exemple).
Les recettes de l’activité
Les commerces situés en zones touristiques connaissent des variations mensuelles de chiffre d’affaires.
Les charges à surveiller
Les achats représentent près de 80% du chiffre d’affaires. Ils doivent être parfaitement maîtrisés, surtout pour les produits frais. Une étude des taux de rotation par article est recommandée. En zones urbaines et touristiques, les loyers sont très élevés.
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend du chiffre d’affaires réalisé par rapport à la surface de vente et du niveau de marge brute. Ce dernier est lié à la vitesse de rotation des stocks de produits frais et à la répartition des ventes entre produits frais et autres produits. Le résultat dépend également de la maîtrise des charges de personnel et de l’importance des frais fixes (loyer notamment, mais également les autres charges).
La gestion financière et les besoins en trésorerie
La trésorerie doit toujours être positive du fait du paiement comptant de la clientèle et des délais de paiement accordés par les fournisseurs. Seules les supérettes dont l’activité est très saisonnière peuvent ponctuellement avoir besoin d’un crédit de trésorerie pour constituer leur stock d’avant saison.
| Evolution du nombre de création (1) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 307 | Chiffre d’affaires moyen | 477 K€ |
| 2009 | 285 | Marge brute (en % du CA) | 27,11 % |
| 2008 | 253 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 9,59 % |
| 2007 | 246 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 21 J |
| 2006 | 131 | Crédit clients (en jours de CA) | 5 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 20 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | - 4 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• La disparition progressive des indépendants en zone urbaine :
Les réseaux sous enseigne (intégrés ou indépendants) dominent très nettement le secteur des supérettes.
• L’insuffisance de chiffre d’affaires :
Les professionnels du secteur subissent la concurrence des autres réseaux de distribution : grandes surfaces alimentaires et hard discount. Dans ce contexte, ils peinent à maintenir un niveau de chiffre d’affaires suffisant.
• La saisonnalité et les écarts de fréquentation :
Pour les supérettes situées en secteurs touristiques, la saisonnalité et les écarts de fréquentation d’une saison à l’autre posent des difficultés dans la gestion, notamment dans celle des stocks et du personnel. Une mauvaise anticipation peut facilement diminuer un résultat déjà faible.
• Les effets de la Loi de Modernisation de l’Economie du 4 août 2008 :
En relevant le seuil d’autorisation d’implantation et de création de surfaces commerciales à 1 000m², la loi contribue à intensifier les pressions concurrentielles sur les supérettes qui étaient jusqu’alors protégées par la loi Raffarin.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 69 | Supérettes | 73,3 % |
| 2009 | 58 | Commerce et réparation | 46,1 % |
| 2008 | Nc | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2007 | 61 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2006 | 49 | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Franchise Magazine
http://www.franchise-magazine.com
Ac Franchise
http://www.ac-franchise.com
Observatoire de la Franchise
http://www.observatoiredelafranchise.fr
Fédération Française de la Franchise
http://www.franchise-fff.com
Fédération du Commerce Associé
http://www.commerce-associe.fr
Insee, Fiches sectorielles (ESA, enquête sectorielle annuelle)
http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=fiche-sectorielle.htm
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
APCE : "Commerce d’alimentation générale de moins de 11 salariés"
Xerfi
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI