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Artisanat


Réparation de matériel agricole

Mise à jour : 01/02/2012



Le marché

Le marché


Le secteur de la réparation de matériel agricole subit à la fois la concentration du secteur de la fabrication de matériels agricoles et la mutation profonde du milieu agricole.

Les activités de réparation sont de plus en plus exercées par les concessionnaires qui diversifient leur activité dans des services à haute valeur ajoutée (service après-vente, réparation, vente de pièces détachées,…). Les petites entreprises indépendantes à capitaux familiaux, souvent spécialisées dans certains types de matériel, tendent à disparaître.

En outre, les gammes de matériels sont de plus en plus larges et s’appuient sur les technologies de pointe. La réparation et l’entretien de matériel agricole se complexifient, contraignant les professionnels du secteur à s’adapter en permanence.

Tous ces facteurs contribuent à la concentration et à la spécialisation des entreprises du secteur.


Tendances


La mauvaise conjoncture agricole pèsera les investissements des agriculteurs. Dans ce contexte, les professionnels de la réparation de matériel agricole seront confrontés à une contraction de la demande.

L’organisation du marché



- Les concessionnaires bénéficient d’un contrat d’exclusivité sur un secteur donné, accordé par un constructeur pour la vente de matériels, et un atelier de réparation et maintenance.

- Les succursales dépendent d’un constructeur.

- Les indépendants sont des entreprises de taille plus modeste, dont l’activité réparation-maintenance est dominante. Ils peuvent être agents commerciaux pour une ou plusieurs marques, notamment pour du petit matériel.


Nombre d’entreprises du secteur en 2010

Chiffre d’affaires du secteur en 2009

Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur

(en milliards d’euros)

(Indice ICA base 100 en 2000)
Réparation de machines et équipements mécaniques

7 902

Réparation de machines et équipements mécaniques 8,615 Md€

Réparation d'ouvrages en métaux, de machines et d'équipements

 

(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010)

(Source : Insee, Esane)

2010 134,4
2009 129,3
2008 138,3
2007 130,1
2006 120,3
2005 113,4
2004 108,7
2003 104,1
(Source : Insee, Bulletin Statistique)


 


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Le métier et la réglementation

Les aptitudes professionnelles


C’est un véritable professionnel de la mécanique agricole. Le professionnel devant maîtriser des technologies de plus en plus complexes, la qualification ne cesse d’augmenter vers les BAC professionnels et les BTS en agro-équipements. Le réparateur de machines agricoles a acquis une expérience professionnelle avant de s’installer comme mécanicien, chef d’atelier ou gérant d’une concession ou d’une succursale. De plus, cette formation initiale est désormais souvent complétée par des certificats de qualification professionnelle dans des domaines spécifiques (installation des machines à traire…).

Homme de terrain, il connaît parfaitement le milieu agricole dans lequel il évolue. Il doit être au fait de toutes les orientations technico-économiques de ses clients exploitants (production céréalière, laitière, viticulture …) pour s’adapter à leurs besoins. Disponible, il doit savoir tenir ses engagements en termes de délai et de qualité de maintenance. Enfin, il doit être rigoureux dans la gestion de son stock de pièces détachées et le suivi de la facturation.

L’environnement règlementaire


Les contraintes à l’installation

Aucun diplôme professionnel n’est obligatoire. Il est recommandé pour s’installer d’avoir suivi une formation en mécanique agricole, de bénéficier d’une expérience professionnelle solide et de bien connaître le milieu agricole. L’inscription se fait au répertoire des métiers et / ou au registre du commerce et des sociétés pour une activité de négoce.

Les principaux points de la règlementation professionnelle

Les constructeurs de machines agricoles imposent des règles commerciales et techniques très strictes aux agents et concessionnaires.

La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 (2008-776) a débouché sur des mesures portant sur les délais de paiement aux fournisseurs. La LME plafonne les délais de paiement à 60 jours à compter de la date d’émission de la facture (ou 45 jours fin de mois). Un plan de négociation secteur par secteur permettra de réduire encore davantage les délais de paiement en 2010. Les collectivités territoriales vont progressivement aligner leurs délais de paiement avec ceux de l’Etat (40 jours à partir de 2009, 35 jours à partir du 1er janvier 2010, 30 jours à partir du 1er juillet 2010). Les sanctions en cas de dépassement de ces délais sont renforcées.


Le statut juridique et fiscal du professionnel


Le statut juridique

Le professionnel, qui est un artisan, opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.

Dans ce secteur, la majorité des entreprises est exploitée sous forme de société.

La catégorie d’imposition

Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

Catégorie d’imposition des BIC (prestations de services)
Chiffre d’affaires Régime Fiscal
Chiffre d’affaires < 33 300 € Micro BIC ou Auto entrepreneur
Chiffre d’affaires < 239 000 € Réel simplifié
Chiffre d’affaires > 239 000 € Réel normal

Le mode d’imposition

Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis, soit :

- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.

Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1,7 % pour les activités de prestations de services). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (50% pour les activités de prestations de service).

- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).

Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).

Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.

Le taux de TVA

Dans ce secteur, le taux de TVA est de 19,6%.

Le statut social du professionnel


Les cotisations sociales

  Auto entrepreneur (BIC) Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2)
Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 33 300 euros)
Tranches de revenus ou de rémunérations(3)
< 36 372 € (1 PSS) < 145 488 € (4 PSS) < 181 860 € (5 PSS) > 181 860 € (5 PSS)
Assurance maladie maternité 21,3 % 6,5  % 5,9  % 5,9  % /
Indemnités journalières maladie 0,7  % 0,7  % 0,7  % /
Allocations familiales 5,4 % 5,4 % 5,4 % 5,4 %
Assurance vieillesse 16,65 % / / /
Assurance invalidité décès 1,8 % / / /
Participation formation 0,15 % / / /
Retraite complémentaire 7,2 % 7,6 % / /
Total + CSG + CRDS 46,4 % (4) 27,6 % (4) 20  % (4) 13,4  % (4)


(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).

(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.

(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.

(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %


La protection sociale

Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Incapacité temporaire Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/730ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans.
Pension pour incapacité totale au métier artisanal Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) les trois premières années, puis 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1PSS (soit 10 911 € pour 2012) jusqu’au 60ème anniversaire. Minimum versé = 3 248,48 €
Invalidité totale Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 €
Décès Capital : 7 274 € si cotisant, 2 909 € si retraité

Rente : néant

Décès : pour les enfants à charges Capital : 1 818 €
Rente : néant


La retraite

  Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Retraite de base

Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence)

Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012)

Taux plein = 50 % (65 ans ou 164 trimestres pour les personnes nées à partir de 1953)

Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012

Retraite complémentaire

La retraite complémentaire est obligatoire.

7,1% des revenus < 36 372 € (1 PSS) + 7,5% des revenus < 145 488 € (entre 1 et 4 PSS)        

X valeur du point X nb d’années
Coût d’acquisition du point        
Coût d’acquisition du point : 4,79053 €
Valeur du point : 0,31620 € (points acquis depuis 1997)


L’exercice de l’activité

L’installation


Compte tenu du contexte concurrentiel, les créations et les reprises sont peu nombreuses.

La valeur du fonds dépend principalement de la qualité des installations, de l’état de l’outillage et de la qualité du stock. La modernité et l’adaptation technologique de l’outillage de l’atelier seront déterminants. La qualité et la solvabilité de la clientèle, le dynamisme du milieu agricole régional, sont aussi très importants.

Les investissements


La sophistication des machines agricoles impose dans les ateliers de réparation un équipement de plus en plus perfectionné et coûteux. Les besoins en fonds propres doivent être renforcés si le professionnel souhaite développer une activité de vente de matériel agricole (constitution du stock, reprise de matériel d’occasion).

Par ailleurs, les dépenses de formation constituent un poste d’investissement de grande importance pour le professionnel : les incessantes innovations nécessitent du personnel hautement qualifié et connaisseur des nouvelles techniques, conditions nécessaires pour fidéliser la clientèle sur un marché à la concurrence accrue.

La gestion


Le suivi au quotidien

Pour le professionnel, la planification de l’activité de son atelier va être déterminante, à la fois pour optimiser la rentabilité de la main d’oeuvre et aussi la tenue des engagements concernant les délais ; tâche difficile compte tenu de la saisonnalité de l’activité.

Les recettes de l’activité

Le chiffre d’affaires moyen d’une entreprise de réparation de matériel agricole est de 230 K€ quand l’activité dominante est la réparation. Il atteint en moyenne 4 M€ pour une concession multi-services. L’activité est saisonnière selon les cycles de production des exploitations agricoles.

Les charges à surveiller

Les charges sont principalement constituées des achats de pièces détachées pour les réparations (ils représentent environ 56% du chiffre d’affaires HT) et des frais de personnel (en moyenne, 52% de la valeur ajoutée, jusqu’à 60% pour les entreprises de taille importante) qui doivent donc être parfaitement maîtrisées.

La maîtrise du résultat

Le résultat va dépendre essentiellement de la politique de marge appliquée pour la vente de pièces détachées (tout en sachant que la négociation des prix d’achat reste limitée), de la productivité des effectifs (liée à la planification des activités dans l’atelier mais rendue difficile par la saisonnalité du chiffre d’affaires), de la maîtrise des frais financiers (gestion des stocks, du poste client et du niveau d’apport de fonds propres).

La gestion financière et les besoins en trésorerie

Les fonds propres doivent être élevés pour financer les investissements et le BFR. La trésorerie dépendra de la rigueur de la gestion des stocks de pièces détachées et du suivi de la facturation et du poste client.

Evolution du nombre de création (1) Les ratios de gestion clefs
2010 Nc Chiffre d’affaires moyen 289 K€
2009 Nc Marge brute (en % du CA) 45,06 %
2008 134 Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 17,73 %
2007 144 Rotation des stocks (en jours de CA) 18 J
2006 111 Crédit clients (en jours de CA) 61 J
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) Crédit fournisseurs (en jours de CA) 68 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 46 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)


(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.

"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :

- 1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;

- 2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;

- 3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.

On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)

Les difficultés du métier

Les difficultés du métier



Le secteur de la réparation de matériel agricole reste exposé aux difficultés du marché agricole. Il est aussi très sensible à la diminution du nombre d’exploitations agricoles et à la concentration des fabricants de matériel.

Les principales difficultés pour le créateur sont :

• Le risque client :

Les professionnels qui ont su diversifier leur clientèle et leur activité, bien répartir leur chiffre d’affaires et sélectionner une clientèle d’agriculteurs solvables pourront faire à la diversité des marchés agricoles en terme de dynamisme.


• Les innovations technologiques :

Compte tenu des évolutions technologiques du machinisme agricole, seuls les professionnels qui continuent de s’informer, de se former et de s’équiper en outillage moderne et spécifique pourront préparer et accompagner les mutations du monde agricole, dans lequel les innovations abondent.


• La mise en commun du matériel :

La mise en commun du matériel, au sein de coopératives d’utilisation du matériel agricole (CUMA) par exemple, permet aux agriculteurs de profiter de matériels récents et de réduire leurs dépenses d’entretien, ce qui pénalise l’activité des professionnels du secteur.


Evolution du nombre de DEFAILLANCE TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années
2010 Nc

Réparation de matériel agricole

75,6 %
2009 Nc Autres services 62,5 %
2007 32 Moyenne tous secteurs 51,9 %
2006 23 (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002)
2005 25
(Source : Insee, Défaillances d’entreprises)

Pour aller plus loin

Les principales organisations professionnelles


SEDIMA
Syndicat National des Entreprises de Service et de Distribution du Machinisme Agricole
6 boulevard Jourdan 75 014 Paris
Tel : 01 53 62 87 00
http://www.sedima.fr


Les données statistiques


Direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS)
293C - Réparation de matériel agricole


Les données de gestion


- Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises


Les études sectorielles


- Xerfi


- Dafsa


- Eurostaf


- Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études


- Research & Markets : moteur de recherche d’études


Votre zone de chalandise


- Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…


- Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale


Vos interlocuteurs pour vos cotisations, votre protection sociale et votre retraite


- Le Régime Social des Indépendants, RSI



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