Mise à jour : 01/02/2012
Toutefois, la politique de maîtrise des dépenses de santé menée par les pouvoirs publics entraîne une baisse des marges des pharmaciens sur les médicaments remboursables . Plusieurs mesures pénalisent les professionnels : réductions tarifaires, déremboursement de certaines spécialités, nouveaux taux de marges (mise en place des marges dégressives), franchise de 50 centimes d’euros, généralisation des grands conditionnements, suppression des marges arrières et réduction des délais de paiement aux fournisseurs… Cette politique de réduction du coût des médicaments est d’autant plus préoccupante pour les pharmaciens que les produits remboursables constituent 80% de leur chiffre d’affaires.
Ainsi, pour compenser la baisse de leurs marges, les professionnels se tournent vers des segments plus porteurs (tels que la parapharmacie ou les médicaments non remboursables), pour lesquels les prix des produits sont librement fixés par les officines.
Cependant, sur le marché de la parapharmacie, les professionnels souffrent de la concurrence d’autres circuits de distribution : on assiste à un renforcement du poids des parfumeries sélectives et des grands magasins. En outre, les grandes surfaces alimentaires (GSA) ainsi que les parapharmacies gagnent de plus en plus de parts de marché, grâce à une stratégie offensive (publicité, prix réduits, promotions, mise en place d’un concept beauté-santé…).
Face à l’évolution en profondeur du secteur, les pharmacies traditionnelles se regroupent en centrales d’achat indépendantes, ce qui leur permet de diminuer les prix d’achat des produits parapharmaceutiques et des médicaments “grand public” délivrés sans ordonnance, de proposer de nouvelles prestations (mise en place d’Intranet, conseils d’optimisation des points de vente, formations, outils statistiques, d’aide à la vente…). Enfin, le développement de la vente en libre-accès constitue un atout car il entraîne une hausse de la consommation des produits exposés.
Sous l’effet du recul du pouvoir d’achat des consommateurs, de la politique de maîtrise des dépenses de santé menée par le gouvernement, la croissance de l’activité des pharmaciens devrait ralentir dans les années à venir. Cette évolution impactera plus particulièrement les officines traditionnelles, qui ne pourront compenser la baisse de leur chiffre d’affaires (faiblesse de leur capitaux, manque de relais de croissance).
Le succès des produits de parapharmacie et d’automédicamentation se maintiendra et la vente en libre-accès continuera de se développer.
Les pharmaciens bénéficieront de l’effet de la loi de 2009 "Hôpital, patient, santé, territoire" (HPST), notamment du dernier décret paru, applicable depuis avril 2011. La loi HPST modifie profondément le statut du pharmacien (nouvelles missions ; nouvelles responsabilités : renouvellement des prescriptions, réalisation d’examens médicaux, vérification de la posologie…). Toutefois, les conditions de rémunération des pharmaciens pour ces nouvelles activités restent encore à préciser.
• Selon la taille de l’officine :
La notion de taille est étroitement liée à la situation géographique. En centre-ville et dans les centres commerciaux, l’effectif de l’officine est supérieur à 5 personnes, son chiffre d’affaires dépassant les 760 K€. La clientèle, de passage est principalement sensible à la rapidité du service. Dans les quartiers, et plus encore en zone rurale, l’effectif est compris entre 2 et 5 personnes et le chiffre d’affaires inférieur à 760 K€. La clientèle, “captive”, exige davantage de conseils et de personnalisation. Depuis quelques années, le nombre de petites officines tend à diminuer. En effet, n’ayant pas de relais de croissance et de marge dans la parapharmacie (par manque de moyens et d’espace), elles subissent d’autant plus la baisse de leurs marges sur les médicaments remboursables.
• Selon la nature du chiffre d’affaires :
De plus en plus d’officines se spécialisent. Les secteurs les plus fréquemment développés sont : l’homéopathie, la phytothérapie, la diététique, les médicaments vétérinaires, l’orthopédie, l’optique, l’audioprothèse. On distingue aussi les officines dont le chiffre d’affaires est essentiellement constitué par la vente de produits remboursables et celles qui vendent surtout des “médicaments familiaux” (aussi appelés médicaments autoprescrits : aspirine, pansements…) et des produits parapharmaceutiques.
| Nombre d’officines EN 2010 | Chiffre d’affaires du secteur en 2009 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 22 186 | 35,624 Md€ | Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé | |||
| (Source : Conseil National Ordre Pharmaciens) | (Source : Insee, Esane) | 2010 | 164,7 | ||
| 2009 | 161,1 | ||||
| 2008 | 156,7 | ||||
| 2007 | 153,6 | ||||
| 2006 | 147,8 | ||||
| 2005 | 145,9 | ||||
| 2004 | 139,1 | ||||
| 2003 | 128,6 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le statut juridique
Le professionnel, qui, sur le plan fiscal, est assimilé à un commerçant, opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, une majorité d’entreprises est exploitée sous forme d’entreprises individuelles (51%).
Les formes de société autorisées pour exploiter une officine sont les sociétés en nom collectif (SNC), les SARL, les EURL, les sociétés d’exercice libéral (SEL).
Le mode d’exercice en groupe le plus répandu est la SNC (société en nom collectif).
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires <793 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires >793 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
La TVA est de 2,10% sur les produits remboursables et 19,60% sur la parapharmacie. Pour les médicaments non remboursables, l’article 13 de la loi 2011-1977 de Finances rectificative pour 2011 du 28 décembre 2011 (JO du 29 décembre 2011) a porté le taux de 5,5% à 7% à compter du 1er janvier 2012.
Les cotisations sociales
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 30 916 € (0,85 PSS) | 36 372 € (1 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | |
| Assurance maladie maternité (praticiens conventionnés) | 0,11 % | 0,11 % | 0,11 % | / |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % |
| Allocations vieillesse | 8,6 % | 1,6 % | 1,6 % | / |
| Assurance invalidité décès | Forfait : 504 € | |||
| Retraite complémentaire | Cotisation obligatoire en classe 3 (6 720€) + cotisation facultative dans une classe d’option (de 8 640 € à 16 320 €) | Total + CSG + CRDS | 14,11 % + forfaits | 7,11 % + forfaits | 7,11 % + forfaits | 5,4 % + forfaits |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : néant |
| Invalidité partielle | Néant |
| Invalidité totale | Rente : 8 738 €/an + 4 369 € si allocation de conjoint + 8 738 € si enfant à charge |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 13 107 € (aux enfants à défaut de conjoint) Rente : 8 738 €/an |
| Décès : pour les enfants à charges |
Capital : Néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,91 € (450 points maximum par an)
Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er avril 2009 : 0,5272 € |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
Les cotisations du régime complémentaire comportent une part gérée en répartition et une part gérée en capitalisation.
Valeur annuité en 2010 = 244,44 € Montant des allocations du plan de capitalisation : Application d’un coefficient de conversion sur le capital acquis |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit la répartition de son chiffre d’affaires en médicaments remboursables (génériques et princeps), médicaments familiaux (auto-prescrits) et parapharmacie. Plus la répartition est favorable aux 2 derniers, plus la rentabilité brute sera élevée. Il s’assure de bonnes conditions d’achats en adhérant à un groupement. Face à une clientèle sensible à une relation de confiance, le pharmacien se préoccupe de la qualité de l’accueil et des conseils dispensés par ses collaborateurs.
Les recettes de l’activité
Le chiffre d’affaires moyen par officine est de 1 M€. Les produits remboursés représentent en moyenne 80% du chiffre d’affaires global. Toutefois, en zone touristique, la parapharmacie et les médicaments familiaux représentent plus de 60% du chiffre d’affaires total.
Les charges à surveiller
Les frais financiers pèsent fortement sur les acquisitions récentes.
Les autres postes de charges importants sont les frais de personnel et les loyers.
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend : des modalités de financement et d’acquisition du fonds, de la maîtrise des charges de personnel et des stocks et enfin du niveau de marge brute (liée à la répartition des ventes entre produits remboursables et non remboursables).
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Dans tous les cas, les fonds propres doivent être importants (> à 30% du total du bilan). En effet, la loi de l’offre et de la demande maintient des prix de fonds encore trop élevés par rapport à la rentabilité dégagée. La gestion de trésorerie est facilitée par les crédits fournisseurs.
| Evolution du nombre de création (1) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 371 | Chiffre d’affaires moyen | 1 232 K€ |
| 2009 | 384 | Marge brute (en % du CA) | 28,40 % |
| 2008 | 404 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 11,07 % |
| 2007 | 449 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 39 J |
| 2006 | 239 | Crédit clients (en jours de CA) | 14 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 42 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | 9 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
Dans ce contexte, le professionnel doit s’assurer d’acquérir son officine à un prix juste. De plus, pour réussir, il doit suivre une stratégie “qualitative” du chiffre d’affaires.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 84 | Pharmacie | 80,0 % |
| 2009 | 71 | Commerce et réparation | 46,1 % |
| 2008 | 55 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2007 | 36 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2006 | 59 | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Insee, Fiches sectorielles (ESA, enquête sectorielle annuelle)
http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=fiche-sectorielle.htm
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
APCE : "Officine de pharmacie"
Xerfi
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI pour la Maladie/Maternité et les Allocations Familiales
Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens, CAVP pour Prévoyance / Retraite