Mise à jour : 01/02/2012
L’augmentation constante du nombre de personnes de plus de 60ans (qui représentaient 22,7% de la population en 2010) est un élément très positif pour les orthophonistes, qui prennent en charge de plus en plus de pathologies ayant trait au vieillissement (maladies dégénératives, lésions cérébrales…). Les orthophonistes ont notamment une place prépondérante dans le soin de la maladie d’Alzheimer, notamment depuis le plan Alzheimer 2008-2012, qui préconise une prise en charge régulière en orthophonie pour les malades.
La hausse du taux de natalité contribue à dynamiser l’activité des professionnels, dont la patientèle est composée aux trois quarts d’enfants scolarisés.
Le développement de l’hospitalisation à domicile, qui diminue la durée des séjours à l’hôpital et favorise la rééducation des malades à domicile, profite aux orthophonistes (augmentation de la demande et des durées de prise en charge).
Enfin, en matière de demande et d’activité, on constate de fortes disparités géographiques : dans le sud de la France et en Ile de France, les orthophonistes ont une activité et des honoraires moindres et la taille de leur clientèle compte parmi les plus réduites. En revanche, dans certaines régions du centre de la France ou encore certaines zones rurales, les orthophonistes ont une demande très forte, les obligeant à refuser certaines prises en charge ou encore à mettre les patients sur liste d’attente.
Dans ce contexte porteur, la consommation en actes d’orthophonie devrait continuer à croître.Les besoins en matière de traitement des troubles de la communication sont importants. Toutefois, le nombre d’orthophonistes ne répond que partiellement à ces besoins (l’augmentation trop faible du numerus clausus ne permet pas toujours la prise en charge de l’ensemble des malades) et la profession devrait souffrir dans les années à venir d’une pénurie de professionnnels(notamment dans les zones rurales).
Par ailleurs, en conséquence de la hausse du nombre de patients âgés et des mesures relatives au plan Alzheimer 2008-2012 (visant à une meilleure prise en charge de la maladie) et de l’hospitalisation à domicile (HAD), les professionnels seront de plus en plus amenés à se déplacer et à faire des rééducations à domicile.
Enfin, les praticiens devraient bénéficier de l’effet de la loi de 2009 "Hôpital, patient, santé, territoire" (HPST), qui favorise le "transfert de compétences" entre les médecins et les professionnels paramédicaux . A terme, les orthophonistes pourraient être amenés à intervenir dans de nouveaux domaines, jusqu’alors réservés aux médecins.
Tous les orthophonistes sont généralistes, mais certains s’orientent vers une spécialité (rééducation des troubles du langage oral et écrit consécutifs à des lésions localisées, traitement des surdités, apprentissage de la voie oesophagienne en cas de laryngotomie …).
Les orthophonistes font des rééducations à domicile lorsque les patients ne peuvent pas se déplacer. Cela concerne principalement des adultes atteints d’aphasie à la suite d’accidents vasculaires cérébraux ou de traumatismes crâniens, ou encore des personnes atteintes de pathologies dégénératives ( maladies d’Alzheimer, de Parkinson, etc).
| Nombre d’orthophonistes en 2010 | Honoraires des orthophonistes | ||
|---|---|---|---|
| 13 707 | (en millions d’euros) | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | 2010 | 713 M€ | |
| 2009 | 672 M€ | ||
| 2008 | 651 M€ | ||
| 2007 | 613 M€ | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
Le statut juridique
Les orthophonistes peuvent exercer leur activité à titre individuel ou en groupe : au sein d’une société d’exercice libéral (SEL), d’une société civile professionnelle (SCP) ou encore d’une société civile de moyen (SCM).
La catégorie d’imposition
A titre individuel, l’orthophoniste est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
| Catégorie d’imposition des BNC | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 33 300 € | Micro BNC |
| Chiffre d’affaires > 33 300 € | Déclaration contrôlée |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Les bénéfices non commerciaux sont déterminés et imposés avec les particularités suivantes :
le bénéfice à retenir est toujours celui réalisé au cours de l’année civile,
les documents fiscaux ne comprennent pas de bilan,
les dépenses doivent être retenues pour leur montant réel. Toutefois, une évaluation forfaitaire est admise pour les frais de voiture.
Les cotisations sociales
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 30 916 € (0,85 PSS) | 36 372 € (1 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | |
| Assurance maladie maternité (praticiens conventionnés) | 0,11 % | 0,11 % | 0,11 % | / |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % |
| Allocations vieillesse | 8,6 % | 1,6 % | 1,6 % | / |
| Assurance invalidité décès | 654 € | |||
| Régime Avantages sociaux vieillesse (praticiens conventionnés) | Forfait de 184 € + cotisation proportionelle de 0,40% des revenus | |||
| Retraite complémentaire | Cotisations forfaitaires de 1 296 € + cotisation proportionnelle de 3% des revenus compris entre 25 246 € et 144 046 € | |||
| Total + CSG + CRDS | 17,51 % + forfaits | 10,51 % + forfaits | 10,51 % + forfaits | 5,8 % + forfaits |
La protection sociale
| Auxilliaires médicaux | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | A partir du 91ème jour d’arrêt et jusqu’au 365ème jour : Allocation journalière d’inaptitude : 47.08 € Majoration journalière pour conjoint, enfant ou descendant à charge ou infirme : 8,56 € Majoration journalière pour tierce personne : 17,12 € |
| Invalidité partielle | Rente invalidité partielle : 1 605 € /trimestre (6 420 € /an) |
| Invalidité totale | Rente invalidité totale : 3 210 € par trimestre (12 840 € /an) Complément trimestriel pour conjoint à charge, enfant ou descendant à charge ou infirme, tierce personne : 1 605 € /trimestre (6 420 € /an) |
| Décès : pour le conjoint | Rente de survie : 2 140 € /trimestre (8 560 € /an) Capital au conjoint sans enfant : 8 560 € Capital au conjoint avec un ou plusieurs enfants à charge : 12 840 € |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital aux enfants, descendants, ascendants à charge, s’il n’y a pas de conjoint ou d’ayant droit à charge : 4 280 € Rente éducation : 1 605 € / trimestre (6 420 € /an) Elle est versée à chaque enfant de moins de 18 ans à charge de l’affilié. Elle peut être maintenue jusqu’à 25 ans s’il poursuit ses études et si l’enfant avait un lien de dépendance économique avec l’assuré qui en avait la charge. Elle est prolongée au-delà de 25 ans pour l’enfant atteint d’une infirmité l’empêchant d’avoir un travail rémunéré. |
La retraite
| RETRAITE DES AUXILLAIRES MEDICAUX | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an)
Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er janvier 2012 : 0,5432 € |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
Pension pleine : 65 ans ou à partir de 60 ans sous conditions
Coût d’acquisition du point : 162 € (30 points maximum par an) Valeur du point : 18,68 € |
|||||||||||||||
| Régimes Avantages sociaux vieillesse (praticiens conventionnés) |
Cette retraite supplémentaire donne droit à 44 points par an Age requis :
Valeur de service du point : 1,22 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel s’attache à entretenir des relations de confiance avec tous les prescripteurs possibles : médecins, hôpitaux, instituts médico-pédagogiques etc. Il suit le nombre d’actes qu’il effectue par période (semaine ou mois) et par client. Sa clientèle est régulière et limitée à une moyenne annuelle d’une centaine de patients (avec des extrêmes allant de moins de 80 à 155 patients). La durée et la fréquence du suivi dépendent des pathologies prises en charge et de leur gravité.
Les honoraires
La facturation des actes conventionnés par la Sécurité Sociale est basée sur l’AMO (acte médical orthophoniste). Chaque acte a un cœfficient spécifique calculé sur cette valeur, l’acte moyen s’élevant à 11,80 AMO. Les recettes sont constituées pour l’essentiel par des actes AMO (99%), le reste étant constitué de refacturation de frais de déplacement.
Les charges à surveiller
Globalement peu élevées, les plus importantes sont les cotisations sociales personnelles, les loyers et d’éventuels frais de secrétariat. Les frais de déplacement peuvent être plus ou moins élevés, mais ils sont refacturés aux clients sur la base d’indemnités kilométriques remboursées par la Sécurité Sociale.
La maîtrise du résultat
La rentabilité de l’activité dépend essentiellement du volume d’actes AMO réalisé, c’est-à-dire du montant des honoraires. La faiblesse des investissements et le coût généralement faible de l’installation permettent d’obtenir un taux de marge nette comparable à celui des autres professions de santé.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
A l’installation, l’orthophoniste doit disposer de 3 mois de chiffre d’affaires pour faire face au paiement de ses charges. En régime de croisière, un mois minimum de fonds de roulement est nécessaire pour assurer sa trésorerie entre la réalisation des soins et le versement du tiers payant.
| Evolution du nombre de création (1) | Répartition des professionnels par tranches d’honoraires en 2007 | ||
|---|---|---|---|
| Auxilliaires médicaux | < 15 000 € | 3,2 % | |
| 2010 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 6 279 | 15 000 € à 30 000 € | 12,0 % |
| 2009 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 6 030 | 30 000 € à 45 000 € | 29,9 % |
| 2008 | 12 934 | 45 000 € à 60 000 € | 32,4 % |
| 2007 | 11 428 | 60 000 € à 75 000 € | 14,6 % |
| 2006 | 8 083 | 75 000 € à 90 000 € | 4,9 % |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) | 90 000 € à 105 000 € | 1,8 % | |
| > 105 000 € | 1,2 % | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Auxilliaires Médicaux) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 71 | Auxiliaires Médicaux |
75,8 % |
| 2009 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 72 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2008 | Nc | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
- Ameli.fr : conventions, tarifs conventionnels, gestion de l’activité et informations sur la profession
- inst@LSanté : service dédié à l’installation des professionnels de santé : choix du lieu d’installation, les aides à l’installation, les aides à la pratique professionnelle et les démarches associées
- Unasa : Union Nationale des Associations Agréées
Xerfi
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
- C@rtosanté : service de l’Union Régionales des Caisses d’Assurance Maladie détaillant l’offre et la consommation de soins au niveau de la région, du département, du canton et de la commune
- Statiss : STATistiques et Indicateurs de la Santé et du Social. Ce site présente les données départementales et régionales des Directions régionales des Affaires sanitaires et sociales (DRASS) au 1er janvier 2009 (et historique sur plusieurs années) : démographie, équipements sanitaires, les professionnels de santé (libéraux et autres).