Mise à jour : 01/02/2012
l’évolution démographique : l’augmentation et le vieillissement de la population assurent des débouchés à la profession (65% des dépenses de lunetterie sont faites par les plus de 45 ans).
l’évolution des mesures de prise en charge des dépenses de santé : la réforme de 2007, qui autorise les opticiens à renouveler les lunettes de leurs clients sans ordonnance, soutient la demande en articles d’optique grâce à une augmentation de la fréquence de renouvellement de lunettes. De plus, l’effet conjugué de la mise en place de la CMU (Couverture Maladie Universelle) et de la prise en charge des frais de lunetterie élargie à 18 ans dynamise le volume d’activité du secteur.
l’évolution sociologique : les lunettes de soleil et les lunettes griffées deviennent des accessoires de mode. En outre, la multiplication des écrans dans la vie professionnelle et les loisirs fait augmenter les risques de problèmes de vue et donc la consommation de verres correcteurs.
Toutefois, même si ces évolutions permettent au secteur de résister à la mauvaise situation économique actuelle, plusieurs facteurs nuisent aux professionnels.
En effet, les bons résultats financiers du secteur continuent d’attirer de plus en plus d’entreprises, provoquant une baisse du chiffre d’affaires moyen par structure. Cette baisse est accentuée par la politique promotionnelle menée par les leaders du secteur (généralisation de la deuxième paire de lunettes gratuite) et par les stratégies commerciales de ces derniers (développement de leur propre marque …).
Dans un contexte de faible pouvoir d’achat, les ménages diminuent leur consommation en articles de confort (lunettes de soleil, lunettes de marque…) ainsi que leurs budgets dédiés aux mutuelles complémentaires. Moins bien remboursés, les ménages sont de plus en plus nombreux à reporter leurs dépenses en optique.
Les indépendants sont amenés à disparaître au profit des réseaux et des groupements qui bénéficient de centrales d’achats et d’une politique marketing active.
Le rythme de la croissance du chiffre d’affaires devrait continuer de ralentir tant en valeur qu’en volume. En effet, les prix continueront de diminuer en raison des pressions concurrentielles et du contexte économique moins favorable au consommateur qui supporte une part importante des dépenses d’optique.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2010 | Chiffre d’affaires du secteur en 2009 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 9 004 | 4,395Md€ | Commerce de détail d’optique | |||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010) | (Source : Insee, Esane) | 2010 | 148,6 | ||
| 2009 | 144,0 | ||||
| 2008 | 141,1 | ||||
| 2007 | 138,6 | ||||
| 2006 | 132,3 | ||||
| 2005 | 131,8 | ||||
| 2004 | 130,5 | ||||
| 2003 | 122,7 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Une formation complémentaire d’un an pour acquérir des compétences techniques ou commerciales est recommandée (Certificat de qualification professionnelle, maîtrise des sciences et techniques en optométrie, diplôme d’ingénierie en sciences de la vision).
L’opticien procède à l’examen de la vue et aux essais de verres correcteurs, éventuellement à partir d’une ordonnance délivrée par un ophtalmologiste. Il doit posséder de bonnes aptitudes à la vente, savoir gérer son stock, le service après vente (change, réparations, nettoyage) et établir de bonnes relations avec sa clientèle et les autres spécialistes de santé.
La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 (2008-776) a débouché sur des mesures portant sur :
Les délais de paiement aux fournisseurs : la LME plafonne les délais de paiement à 60 jours à compter de la date d’émission de la facture (ou 45 jours fin de mois). Un plan de négociation secteur par secteur permettra de réduire encore davantage les délais de paiement en 2010. Les sanctions en cas de dépassement de ces délais sont renforcées.
Les baux commerciaux : les loyers des locaux commerciaux sont indexés sur un nouvel indice de révision des loyers (Indice des Loyers Commerciaux) intégrant une méthode de calcul pondéré (calculé pour 50% sur l’indice des prix à la consommation, pour 25% sur l’indice du chiffre d’affaires du commerce de détail et pour 25% sur l’indice des prix à la consommation).
Le statut juridique
Le professionnel, qui est un commerçant, opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la très grande majorité des entreprises sont exploitées sous forme de sociétés.
La SARL est la forme de société la plus répandue dans ce secteur. Depuis le 1er août 2003 (loi 2003-721), l’obligation d’un capital minimum pour constituer ce type de société est supprimée.
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 83 200 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 793 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 793 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
Dans ce secteur, la TVA est de 19,6%.
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 83 200 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 36 372 € (1 PSS) | < 109 116 € (3 PSS) | < 181 860 € (5 PSS) | > 181 860 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse |
16,65 % |
/ | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 911 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 7 355,77 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 7 274 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,138 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit l’évolution de son chiffre d’affaires en dissociant les produits “médicalisés” (verres correctifs de l’acuité visuelle) et les produits non médicalisés (montures, lunettes solaires, lentilles, produits d’entretien …). La négociation des conditions d’achat auprès des fournisseurs et la gestion des stocks (montures notamment) sont essentielles.
Les recettes de l’activité
Elles se répartissent entre les produits médicalisés remboursés (qui nécessitent une ordonnance établie par un ophtalmologiste), les produits médicalisés non remboursés (dont le volume est en forte hausse) et les produits non médicalisés.
Les marges les plus élevées sont obtenues sur les verres optiques et sur les montures (80 à 85 % du chiffre d’affaires d’un point de vente). A l’inverse, les lentilles de contact sont beaucoup moins rémunératrices. A noter que l’opticien ne peut pas facturer ses prestations de services (mesure de l’acuité visuelle, essais de verres correcteurs …).
Par ailleurs, le marché de l’optique est peu saisonnier, les ventes étant réparties d’une façon relativement homogène sur l’année. Toutefois, on distingue deux principaux pics d’activité pour les professionnels : la rentrée scolaire (avec une hausse de la demande en lunettes de correction) et le début de l’été (avec une augmentation de la consommation en volume de lunettes solaires).
Les charges à surveiller
Outre les achats qui représentent 25 à 30% du chiffre d’affaires, les principales charges sont constituées par les frais de personnel. En effet, la spécificité de l’activité contraint l’opticien à embaucher du personnel qualifié pour la vente ou pour l’atelier de montage. Les loyers sont également souvent élevés du fait de l’emplacement qui doit être idéal. Les frais publicitaires ne sont pas à négliger (intensification de la concurrence).
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend essentiellement des conditions d’achat auprès des fournisseurs. L’adhésion à un réseau est un facteur clé de succès (groupement coopératif ou réseau de franchise). Les charges de personnel et les stocks de montures doivent être parfaitement maîtrisés.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Le professionnel doit veiller à la durée de rotation des stocks de montures, car des effets de mode peuvent rapidement en déprécier la valeur.
| Evolution du nombre de création (1) (Optique, photographie) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2010 (optique seul) | 565 | Chiffre d’affaires moyen | 279 K€ |
| 2009 (optique seul) | 518 | Marge brute (en % du CA) | 58,77 % |
| 2008 | 502 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 19,92 % |
| 2007 | 537 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 137 J |
| 2006 | 410 | Crédit clients (en jours de CA) | 11 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 66 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | 31 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Optique, photographie) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 56 | Optique, photographie | 84,2 % |
| 2009 | 69 | Commerce et réparation | 46,1 % |
| 2008 | Nc | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2007 | 48 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2006 | 59 | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Franchise Magazine
http://www.franchise-magazine.com
Ac Franchise
http://www.ac-franchise.com
Observatoire de la Franchise
http://www.observatoiredelafranchise.fr
Fédération Française de la Franchise
http://www.franchise-fff.com
Fédération du Commerce Associé
http://www.commerce-associe.fr
Insee, Fiches sectorielles (ESA, enquête sectorielle annuelle)
http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=fiche-sectorielle.htm
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
APCE : "Commerce de détail d’optique"
Xerfi
Dafsa
Eurostaf
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI