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Professions libérales


Métiers du conseil

Mise à jour : 01/02/2012



Le marché

Le marché


Le ralentissement de la croissance économique place le secteur des métiers du conseil dans un contexte moins favorable. Son chiffre d’affaires baisse sensiblement, tant en volume qu’en valeur.

En effet, dans un contexte d’incertitude et de restrictions budgétaires, les entreprises freinent leurs investissements en conseil.

Les sociétés de conseil se retrouvent aujourd’hui dans une situation de sur-capacité alors que le volume d’activité ne suit pas. Les grands cabinets sont les plus touchés.

Dans ce contexte, les professionnels du secteur sont d’autant plus sensibles à l’intensification de la concurrence provenant des SSII (sociétés de services et d’ingénierie informatique), des experts-comptables et des organismes para-publics qui développent une activité de conseil.

Seules, les entreprises positionnées sur des niches d’activité ou de clientèle très spécialisées et proposant des prestations à forte valeur ajoutée peuvent se maintenir.


Tendances


Les pressions concurrentielles vont s’intensifier dans le secteur et accroitre la tendance à la baisse des prix des prestations.

La profession devra poursuivre ses efforts de démarche qualité pour revaloriser son image.

Nombre d’entreprises du secteur en 2010

Chiffre d’affaires du secteur en 2009

Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur

(en milliards d’euros)

(Indice ICA base 100 en 2000)

110 367

20,559 Md€

 Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion

 

(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010)

(Source : Insee, Esane)

2010 180,0
2009 175,2
2008 171,3
2007 162,7
2006 152,4
2005 144,8
2004 134,9
2003 121,0
(Source : Insee, Bulletin Statistique)


 


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Le métier et la réglementation

Les aptitudes professionnelles


Le consultant doit disposer d’une qualification et d’une expérience très importante dans le domaine choisi. Il doit savoir structurer son offre et la rendre attractive mais aussi rentable. Il doit savoir se vendre : rechercher de nouveaux clients, prendre contact, convaincre… Enfin, il doit être rigoureux dans la gestion de son entreprise : définir des seuils de rentabilité, suivre sa facturation, être intransigeant sur ses tarifs.

L’environnement règlementaire


Les contraintes à l’installation

L’accès à la profession implique peu de contraintes. Seules certaines activités nécessitent des formalités spécifiques : les formateurs, notamment, doivent obtenir un numéro d’agrément auprès de la préfecture de la région.

Les principaux points de la règlementation professionnelle

La profession est très peu réglementée. Il existe surtout des règles tacites de bonne conduite : secret professionnel, obligation de moyens, engagements éventuels de non concurrence…

Le statut juridique et fiscal du professionnel


La catégorie d’imposition

A titre individuel, le consultant est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).

Catégorie d’imposition des BNC
Chiffre d’affaires Régime Fiscal
Chiffre d’affaires < 33 300 € Micro BNC ou Auto entrepreneur
Chiffre d’affaires > 33 300 € Déclaration contrôlée

Le mode d’imposition

Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis, soit :

- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.

Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part. Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire.

- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).

Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).

Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.

Le taux de TVA

Dans ce secteur, le taux de TVA est de 19,6%.

Le statut social du professionnel


Les cotisations sociales

  Auto entrepreneur (BNC) Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2)
Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 33 300 euros)
Tranches de revenus ou de rémunérations(3)
< 30 916€ (0,85 PSS) < 36 372 € (1 PSS) < 181 860 € (5 PSS) > 181 860 € (5 PSS)
Assurance maladie maternité 18,3 % 6,5  % 5,9  % 5,9  % /
Indemnités journalières maladie 3 classes de cotisation (76 €, 228 €, 380 € /an)
Allocations familiales 5,4 % 5,4 % 5,4 % 5,4 %
Assurance vieillesse

8,6 %

1,6 % 1,6 % /
Assurance invalidité décès        
Retraite complémentaire 6 classes de cotisation (1 092 € /an à 10 920 € /an)
Total + CSG + CRDS 45,2  % (4) 26,5  % (4) 20  % (4) 13,4  % (4)


(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).

(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.

(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.

(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %

La protection sociale

Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Incapacité temporaire Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans.
Invalidité partielle Rente mininmum (66% invalidité) : 3 362 € à 16 810 € en fonction de la classe de cotisation
Invalidité totale Rente : 5 094 € à 25 470 € en fonction de la classe de cotication + rente à chaque enfant jusqu’à 21 ans ou 25 ans s’il fait des études (1 528 € à 7 641 € selon la classe de cotisation)
Décès : pour le conjoint Capital : 15 282 € à 76 410 € selon la classe de cotisation
Décès : pour les enfants à charges Capital : néant
Rente : 1 528 € à 7 641 € selon la classe de cotisation


La retraite

   
Retraite de base

Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)

8,6% des revenus < 30 916 € (0,85 PSS) + 1,6% des revenus < 181 860 € (entre 0,85 et 5 PSS)        

X valeur du point X nb d’années
Coût d’acquisition du point        

Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an)

Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an)

Valeur du point au 1er avril 2009 : 0,5272 €

Retraite complémentaire

Nombre de points acquis par an en fonction des revenus professionnels

Valeur du point au 1er janvier 2012 : 25,47 €

Retraite = nombre de points X valeur du point



L’exercice de la profession

L’installation


La création est le mode quasi-exclusif d’installation. Le professionnel doit disposer de 6 mois minimum de fonds de roulement et il doit largement autofinancer ses équipements.

La reprise ne concerne que les structures importantes dont le chiffre d’affaires dépasse 1 500 K€. Elle a pour intérêt de reprendre un fichier clients, des produits éventuels et le nom de la société.

Les investissements


Le matériel informatique, le matériel de bureau, le télécopieur et la documentation constituent l’essentiel des investissements. Le professionnel, dont les déplacements sont fréquents, change de véhicule tous les deux à trois ans.

La gestion


Le suivi au quotidien

Le professionnel suit principalement son “point mort” ou “seuil critique” : il s’agit du rapport entre heures facturées et heures ouvrées. En général ce rapport est proche de 50%, avec des pointes à plus de 65% pour les consultants confirmés.

Les recettes de l’activité

Les honoraires sont négociés par contrat. Ils peuvent être basés sur un taux horaire ou journalier, au forfait ou au résultat. Les consultants qui démarrent doivent arriver à facturer 100 à 120 jours de travail. Les plus confirmés atteignent 180 K€ de chiffre d’affaires, soit 1 250 heures de travail facturées 145 € de l’ heure ou 150 jours facturés forfaitairement. Les mois d’été sont en général peu actifs, à l’inverse du début et de la fin d’année.

Les charges à surveiller

Les cotisations sociales et la fiscalité constituent les principales charges. En vitesse de croisière, elles atteignent 50% du chiffre d’affaires. Viennent ensuite les frais commerciaux (déplacements, téléphone) les travaux de secrétariat et de comptabilité, les frais de représentation et de communication et les abonnements aux sources d’information.

La maîtrise du résultat

Le résultat dépend essentiellement du maintien du chiffre d’affaires et de la maîtrise de la valeur ajoutée. Le professionnel doit notamment prendre garde à ne pas diminuer ses tarifs sous la pression d’un client important. Il est d’ailleurs essentiel que l’entreprise parvienne à se diversifier et à travailler avec plusieurs clients.

La gestion financière et les besoins en trésorerie

Les fonds propres sont élevés : ils représentent près de 50% du total du bilan. L’actif circulant est important du fait de l’importance des créances clients. Le besoin en fonds de roulement est proche de quatre à six mois de chiffre d’affaires en phase de démarrage et de deux à trois mois en régime de croisière.

Evolution du nombre de création (1)  
2010 33 442    
2009 29 494    
2008 17 111    
2007 15 687    
2006 13 075    
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises)   
   
 


(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.

"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :

- 1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;

- 2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;

- 3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.

On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)

Les difficultés du métier

Les difficultés du métier



Bien qu’il soit peu consommateur de financements à moyen et long terme, le secteur des métiers du conseil est risqué. Beaucoup d’entreprises individuelles ne passent pas le cap des cinq premières années.

Les principales difficultés pour le créateur sont :

• Le portefeuille client :

La concentration du chiffre d’affaires sur quelques gros clients est particulièrement dangereuse. En effet, les risques de pressions sur les honoraires, sur les conditions d’exécution des prestations et le risque de perte du client sont élevés. Du fait des mobilités professionnelles chez les entreprises-clientes, la fidélisation est difficile et aléatoire.


• La maîtrise de la valeur ajoutée :

La course au chiffre d’affaires et une mauvaise évaluation du seuil de rentabilité conduisent fréquemment les professionnels à pratiquer des honoraires insuffisamment élevés.


• Le manque d’expérience du créateur d’entreprise :

Il ne suffit pas d’être un bon professionnel dans un domaine d’activité pour réussir. Il faut également savoir se vendre, gérer, négocier, établir une stratégie à moyen et à long terme.


Dans ce contexte, les professionnels qui réussissent se montrent disponibles, créatifs, compétitifs en terme de coût et sont reconnus pour leurs compétences.


Evolution du nombre de DEFAILLANCE TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années
2010 858

Conseil pour les affaires et la gestion

54,4 %
2009 862 Moyenne tous secteurs 51,9 %
2008 757    
2007 781 (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002)
2006 710
(Source : Insee, Défaillances d’entreprises)

Pour aller plus loin

Les principales organisations professionnelles


SYNTEC
Chambre Syndicale des Sociétés d’Etudes et de Conseils
3 rue Léon Bonnat - 75016 Paris
Tel : 01.44.30.49.20
http://www.syntec.fr



Les données statistiques


Insee, Fiches sectorielles (ESA, enquête sectorielle annuelle)
http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=fiche-sectorielle.htm



Les données de gestion


- Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises



Les études sectorielles


- APCE : "Consultant - Conseil pour les affaires"


- Xerfi


- Dafsa


- Eurostaf


- Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études


- Research & Markets : moteur de recherche d’études


Votre zone de chalandise


- Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…


- Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale


Vos interlocuteurs pour vos cotisations, votre protection sociale et votre retraite


- Le Régime Social des Indépendants, RSI

- Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales (prévoyance, retraite), CNAVPL



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