Mise à jour 01/02/2012
Les honoraires des médecins spécialistes continueront de progresser, mais à un rythme plus ralenti, du fait de l’encadrement des dépassements.
La politique de rationalisation des dépenses de santé du gouvernement se poursuivra (nouvelles franchises médicales, déremboursement progressif de médicaments, etc), augmentant la part des dépenses de santé à la charge des patients.
Plus d’un tiers des médecins spécialistes relèvent du secteur 2, ce qui implique qu’ils ont droit à des dépassements de plafonds d’honoraires. Cependant, ce droit est limité et les médecins du secteur 2 n’ont pas accès, sur le plan social, aux mêmes avantages que leurs confrères du secteur 1. Depuis octobre 2009, un nouveau secteur existe, dit secteur optionnel. Ce dernier est alternatif aux deux secteurs préétablis (avantages sociaux du secteur 1 et droit à des dépassements comme dans le secteur 2, à la différence que ces derniers sont plus réglementés et limités). Toutefois, certaines modalités de ce secteur sont toujours en discussion. Aussi, le secteur optionnel n’est pas encore appliqué.
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Nombre de médecins spécialistes en 2010 |
Honoraires des médecins spécialistes |
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|---|---|---|---|
| 54 701 | (en milliards d’euros) | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | 2010 | 12,882 Md€ | |
| 2009 | 12,631 Md€ | ||
| 2008 | 12,450 Md€ | ||
| 2007 | 12,113 Md€ | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
Le statut juridique
Les médecins spécialistes peuvent exercer leur activité à titre individuel ou en groupe : au sein d’une société d’exercice libéral (SEL), d’une société civile professionnelle (SCP) ou encore d’une société civile de moyen (SCM).
La catégorie d’imposition
A titre individuel, le médecin spécialiste est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
| Catégorie d’imposition des BNC | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 33 300 € | Micro BNC |
| Chiffre d’affaires > 33 300 € | Déclaration contrôlée |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Les bénéfices non commerciaux sont déterminés et imposés avec les particularités suivantes :
le bénéfice à retenir est toujours celui réalisé au cours de l’année civile,
les documents fiscaux ne comprennent pas de bilan,
les dépenses doivent être retenues pour leur montant réel. Toutefois, une évaluation forfaitaire est admise pour les frais de voiture.
Les cotisations sociales (médecins du secteur 1)
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 30 916 € (0,85 PSS) | 36 372 € (1 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | |
| Assurance maladie maternité | 0,11 % | 0,11 % | 0,11 % | / |
| Allocations familiales | 0,4 % | 0,4 % | 0,4 % | 0,4 % |
| Contributions aux unions de médecin | 0,5 % | / | ||
| Assurance vieillesse | 8,6 % | 1,6 % | 1,6 % | / |
| Assurance invalidité décès | 836 € (classe C : revenus supérieurs ou égaux à 109 112 €) | |||
| Retraite complémentaire | 9,2 % dans la limite de 127 302 € | |||
| Retraite supplémentaire | Forfait : 1 433 € | |||
| Total + CSG + CRDS | 18,61 % + forfaits | 11,11 % + forfaits | 11,11 % + forfaits | 0,4 % + forfaits |
La protection sociale
| Incapacité temporaire | A partir du 91ème jour d’arrêt et jusqu’au 365ème jour Jusqu’à 65 ans : 91,35 € /jour Plus de 65 ans ou plus de 60 ans après un an de perception : 46,70 € /jour |
| Invalidité partielle | Néant |
| Invalidité totale | Rente : 7 188 € à 16 772 €/an + 2 515,8 à 5 870,2 € si allocation de conjoint + 6 229,60 € si enfant à charge |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 38 500 € Rente : 5 940 € à 11 880 €/an |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : Néant Rente : 6 996 €/an si orphelin, 8 712 €/an si orphelin total |
La retraite
| RETRAITE | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an)
Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er avril 2011 : 0,5432 € |
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| Retraite complémentaire |
Elle est calculée proportionnellement au revenu.
Coût d’acquisition du point : 1 171 € (10 points maximum par an) Valeur du point : 75 € |
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| Retraite supplémentaire |
27 points par an Valeur de service du point : 15,55 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit le nombre de consultations (actes en CS) et les actes techniques (actes en K ou Z) ou biologiques (actes en B) qu’il réalise en cabinet ou en clinique.
Les honoraires
Elles se répartissent entre les consultations et les actes techniques. Les proportions sont très variables d’une spécialité à l’autre. Les honoraires des pédiatres, psychiatres, gynécologues sont principalement constitués de consultations. Ils disposent de revenus moyens les moins élevés. Les dépassements de tarifs conventionnés sont beaucoup plus fréquents chez les médecins spécialistes : beaucoup optent pour le secteur 2 parce que leur mode de fonctionnement est peu compatible avec le conventionnement du secteur 1 (consultations très longues nécessitant de pratiquer des dépassements).
Les charges à surveiller
Elles varient également en fonction des spécialités. Les anesthésistes et les chirurgiens ont très peu de charges, à l’inverse des radiologues, cardiologues et certains gynécologues qui doivent amortir des investissements importants. En moyenne, les charges de personnel représentent 10% des honoraires bruts comme les cotisations sociales (elles sont plus élevées pour les praticiens du secteur 2).
La maîtrise du résultat
Le résultat est plus élevé dans les spécialités qui nécessitent peu d’investissements et peu de charges (chirurgiens, anesthésistes…). Les spécialistes qui ont besoin d’équipements sophistiqués (cardiologues, radiologues…) doivent bien maîtriser leurs investissements et les charges de personnel pour obtenir des revenus élevés. Enfin, les spécialités qui recourent peu aux actes techniques (pédiatres, psychiatres…) doivent réaliser 4 à 5 000 actes en CS (consultations) pour obtenir des revenus confortables.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
En phase d’installation, le médecin spécialiste doit disposer d’un fonds de roulement égal à 3 à 4 mois d’honoraires moyens. En rythme de croisière, ce montant peut diminuer à 1 à 2 mois.
| Evolution du nombre de création (1) | Répartition des professionnels par tranches d’honoraires en 2007 | ||
|---|---|---|---|
| Pratique Médicale | < 60 000 € | 6,0 % | |
| 2010 (médecins spécialistes seuls) | 1 927 | 60 000 € à 165 000 € | 37,0 % |
| 2009 (médecins spécialistes seuls) | 1 933 | 165 000 € à 210 000 € | 12,4 % |
| 2008 | 3 719 | 210 000 € à 255 000 € | 10,4 % |
| 2007 | 3 255 | 255 000 € à 300 000 € | 7,9 % |
| 2006 | 2 291 | 300 000 € à 450 000 € | 15 % |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) | 450 000 € à 600 000 € | 6,6 % | |
| > 600 000 € | 4,7 % | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• La maîtrise des investissements :
La stratégie d’investissement doit prendre en compte les évolutions réglementaires qui vont vers une diminution des actes techniques. Ainsi la rentabilité d’équipements sophistiqués (échographe, table de radiologie…) n’est pas toujours assurée. La mise en commun de moyens ou la prescription vers les laboratoires, cliniques, hôpitaux s’avèrent souvent nécessaires.
• Les charges fiscales et sociales :
Du fait de l’importance de leur niveau de revenus, les médecins spécialistes doivent être très vigilants. En matière sociale, les charges sont en augmentation constante, notamment pour les professionnels exerçant en secteur 2 (ils n’ont pas droit aux mêmes avantages sur le plan social que leurs confrères du secteur 1 et du secteur optionnel).
L’organisation de la profession, le numerus clausus, l’augmentation des demandes de soins (liée notamment au vieillissement de la population et à la CMU) constituent des sécurités essentielles pour que les revenus des médecins spécialistes restent parmi les plus élevés du secteur libéral.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Pratique médicale) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 (médecins spécialistes seuls) | 22 |
Pratique médicale |
77,9 % |
| 2009 (médecins spécialistes seuls) | 26 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2008 | 82 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
- Ameli.fr : conventions, tarifs conventionnels, gestion de l’activité et informations sur la profession
- inst@LSanté : service dédié à l’installation des professionnels de santé : choix du lieu d’installation, les aides à l’installation, les aides à la pratique professionnelle et les démarches associées
- Unasa : Union Nationale des Associations Agréées
Xerfi
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
- C@rtosanté : service de l’Union Régionales des Caisses d’Assurance Maladie détaillant l’offre et la consommation de soins au niveau de la région, du département, du canton et de la commune
- Statiss : STATistiques et Indicateurs de la Santé et du Social. Ce site présente les données départementales et régionales des Directions régionales des Affaires sanitaires et sociales (DRASS) au 1er janvier 2009 (et historique sur plusieurs années) : démographie, équipements sanitaires, les professionnels de santé (libéraux et autres).