Mise à jour : 01/02/2012
En effet, l’augmentation continue du nombre de personnes de plus de 60 ans ainsi que la hausse du taux de natalité sont des facteurs de croissance solide pour la profession. En outre, le développement de l’hospitalisation à domicile qui réduit le temps de séjour des malades à l’hôpital, augmente le nombre de soins réalisés par les kinésithérapeutes chez les particuliers. Enfin, le développeement des soins de bien-être (massage) et des médecines douces (osthéopathie, acupuncture…) permet aux professionnels de pratiquer des tarifs libres.
Par ailleurs, la répartition géographique des masseurs-kinésithérapeutes est très éclatée. Certains départements ont une densité de professionnels trop élevée (Ile-De-France, PACA, Rhône-Alpes) contrairement aux zones rurales du nord et de l’est qui offrent davantage de perspectives d’activité. Ainsi, en vue de mieux répartir les professionnels sur le territoire, l’Etat fournit des aides financières et matérielles aux masseurs-kinésithérapeutes voulant s’implanter dans des zones sous-dotées.
Enfin, l’augmentation rapide de la demande de soins (principalement due au vieillissement de la population), les nombreux départs à la retraite de praticiens ainsi que les reconversions en ostéopathie (spécialité de plus en plus choisie par les kinésithérapeutes), pourraient créer une importante pénurie dans les régions à faible densité professionnelle. En outre, les difficultés de formation des kinésithérapeutes (faiblesse du numerus clausus, coût élevé des études, etc) tendent à aggraver ce déficit.
Le vieillissement de la population, qui entraînera d’importants soins de rééducation (notamment post-opératoires), ainsi que l’engouement des patients pour les pratiques médicales « douces » (ostéopathie, acupuncture …) devraient favoriser la progression du secteur. Enfin, les professionnels interviendront dans les domaines sportif et esthétique (actes bénéficiant de tarifs libres).
Les associations de plusieurs kinésithérapeutes au sein d’un cabinet continueront de se développer (complémentarité des savoir-faire et partage des frais fixes entre praticiens).
Par ailleurs, la pénurie de professionnels s’accentuera, les facteurs liés au déficit étant toujours présents (hausse de la demande, départs à la retraite, faiblesse du numerus clausus, etc).
Le secteur est segmenté par les professionnels :
• Selon le type d’actes : La quasi-totalité des masseurs-kinésithérapeutes est conventionnée, ce qui implique que la plupart des actes qu’ils réalisent sont remboursables par la sécurité sociale s’ils sont prescrits par un médecin. Toutefois, le masseur-kinésithérapeute peut réaliser des actes dits “non médicaux” sans ordonnance médicale mais non remboursés.
• Selon le mode d’exercice : Les masseurs-kinésithérapeutes exercent principalement en cabinet (76%). Certains peuvent avoir une activité libérale en clinique. Ils sont alors rémunérés à l’acte, comme des médecins. D’autres enfin peuvent être salariés d’une clinique ou d’un centre de soins (thalassothérapie, centres thermaux …).
| Nombre de kinésithérapeutes en 2010 | Honoraires des kinésithérapeutes | ||
|---|---|---|---|
| 50 670 | (en milliards d’euros) | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | 2010 | 3,834 Md€ | |
| 2009 | 3,713 Md€ | ||
| 2008 | 3,640 Md€ | ||
| 2004 | 2,906 Md€ | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
La profession nécessite une parfaite connaissance de l’anatomie humaine et une grande habileté manuelle. La plupart des actes étant effectué debout, il est indispensable d’être en excellente condition physique. Les consultations étant fréquentes en début et en fin de journée, le professionnel doit être extrêmement disponible et résistant. Enfin, la notoriété du masseur-kinésithérapeute contribuant grandement à sa réussite, il doit entretenir d’excellents rapports avec sa clientèle et ses prescripteurs.
Le statut juridique
Les masseurs-kinésithérapeutes peuvent exercer leur activité à titre individuel ou en groupe : au sein d’une société d’exercice libéral (SEL), d’une société civile professionnelle (SCP), d’une société en participation ou encore d’une société civile de moyen (SCM).
La catégorie d’imposition
A titre individuel, le masseur-kinésithérapeute est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
| Catégorie d’imposition des BNC | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 33 300 € | Micro BNC |
| Chiffre d’affaires > 33 300 € | Déclaration contrôlée |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité à titre individuel sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Les bénéfices non commerciaux sont déterminés et imposés avec les particularités suivantes :
le bénéfice à retenir est toujours celui réalisé au cours de l’année civile,
les documents fiscaux ne comprennent pas de bilan,
les dépenses doivent être retenues pour leur montant réel. Toutefois, une évaluation forfaitaire est admise pour les frais de voiture.
Les cotisations sociales
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 30 916 € (0,85 PSS) | 36 372 € (1 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | |
| Assurance maladie maternité (praticiens conventionnés) | 0,11 % | 0,11 % | 0,11 % | / |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % |
| Allocations vieillesse | 8,6 % | 1,6 % | 1,6 % | / |
| Assurance invalidité décès | 654 € | |||
| Régime Avantages sociaux vieillesse (praticiens conventionnés) | Forfait de 184 € + cotisation proportionelle de 0,40% des revenus | |||
| Retraite complémentaire | Cotisations forfaitaires de 1 296 € + cotisation proportionnelle de 3% des revenus compris entre 25 246 € et 144 046 € | |||
| Total + CSG + CRDS | 17,51 % + forfaits | 10,51 % + forfaits | 10,51 % + forfaits | 5,8 % + forfaits |
La protection sociale
| Auxilliaires médicaux | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | A partir du 91ème jour d’arrêt et jusqu’au 365ème jour : Allocation journalière d’inaptitude : 47.08 € Majoration journalière pour conjoint, enfant ou descendant à charge ou infirme : 8,56 € Majoration journalière pour tierce personne : 17,12 € |
| Invalidité partielle | Rente invalidité partielle : 1 605 € /trimestre (6 420 € /an) |
| Invalidité totale | Rente invalidité totale : 3 210 € par trimestre (12 840 € /an) Complément trimestriel pour conjoint à charge, enfant ou descendant à charge ou infirme, tierce personne : 1 605 € /trimestre (6 420 € /an) |
| Décès : pour le conjoint | Rente de survie : 2 140 € /trimestre (8 560 € /an) Capital au conjoint sans enfant : 8 560 € Capital au conjoint avec un ou plusieurs enfants à charge : 12 840 € |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital aux enfants, descendants, ascendants à charge, s’il n’y a pas de conjoint ou d’ayant droit à charge : 4 280 € Rente éducation : 1 605 € / trimestre (6 420 € /an) Elle est versée à chaque enfant de moins de 18 ans à charge de l’affilié. Elle peut être maintenue jusqu’à 25 ans s’il poursuit ses études et si l’enfant avait un lien de dépendance économique avec l’assuré qui en avait la charge. Elle est prolongée au-delà de 25 ans pour l’enfant atteint d’une infirmité l’empêchant d’avoir un travail rémunéré. |
La retraite
| RETRAITE DES AUXILLAIRES MEDICAUX | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an)
Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er janvier 2012 : 0,5432 € |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
Pension pleine : 65 ans ou à partir de 60 ans sous conditions
Coût d’acquisition du point : 162 € (30 points maximum par an) Valeur du point : 18,68 € |
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| Régimes Avantages sociaux vieillesse (praticiens conventionnés) |
Cette retraite supplémentaire donne droit à 44 points par an Age requis :
Valeur de service du point : 1,22 € |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit la répartition de ses honoraires entre les actes conventionnés et déconventionnés (sur lesquels sa marge est supérieure). Il suit également le nombre de rendez-vous hebdomadaires. Il est enfin attentif au nombre de séances par patient et au nombre de nouveaux patients chaque semaine.
Les honoraires
La facturation des actes conventionnés par la sécurité sociale est basée sur l’AMK (actes réalisés au cabinet ou à domicile), l’AMC (actes réalisés hors du cabinet) et l’AMS (actes de rééducation des conséquences des affections orthopédiques et rhumatologiques). Chaque acte a un cœfficient spécifique calculé sur ces valeurs. Le masseur-kinésithérapeute peut pratiquer des dépassements et des actes libres non remboursables. Les honoraires conventionnés sont plafonnés à 45 000 coefficients par an.
Les charges à surveiller
Globalement peu élevées, les charges les plus importantes sont les cotisations sociales personnelles et les loyers. Les frais de déplacement sont facturés aux clients sur la base d’indemnités kilométriques remboursées par la Sécurité Sociale.
La maîtrise du résultat
La rentabilité du cabinet est fortement liée aux soins traditionnels qui regroupent des actes standards peu valorisés. Toutefois, la faiblesse des investissements et le coût généralement faible de l’installation permettent d’obtenir un taux de marge nette comparable à celui des autres professions de santé. De plus, la rentabilité peut être encore améliorée par la pratique d’actes non conventionnés.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Le masseur-kinésithérapeute doit disposer au minimum d’un mois de fonds de roulement afin d’assurer sa trésorerie entre la réalisation des soins et le versement du tiers payant. Le plus souvent, celui-ci est viré au masseur-kinésithérapeute par les caisses de Sécurité Sociale dans un délai de 45 jours.
| Evolution du nombre de création (1) | Répartition des professionnels par tranches d’honoraires en 2007 | ||
|---|---|---|---|
| Auxilliaires médicaux | < 30 000 € | 8,0 % | |
| 2010 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 6 679 | 30 000 € à 45 000 € | 8,7 % |
| 2009 (Activités des professionnels de la rééducation, de l’appareillage et des pédicures-podologues seules) | 6 030 | 45 000 € à 60 000 € | 15,3 % |
| 2008 | 12 934 | 60 000 € à 75 000 € | 19,3 % |
| 2007 | 11 428 | 75 000 € à 90 000 € | 17,3 % |
| 2006 | 8 083 | 90 000 € à 105 000 € | 13,2 % |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) | 105 000 € à 120 000 € | 8,5 % | |
| > 120 000 € | 9,7 % | ||
| (Source : Cnamts, Démographie, activité et patientèle des professions de santé du secteur libéral) | |||
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
Dans ce contexte, les masseurs-kinésithérapeutes qui réussissent le mieux sont ceux qui parviennent à développer les actes non conventionnés, plus rémunérateurs et non plafonnés (drainage lymphatique, ostéopathie, acupuncture …). L’association et le rapprochement avec des centres de soins spécialisés constituent des atouts supplémentaires.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Auxilliaires Médicaux) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 71 | Auxiliaires Médicaux |
75,8 % |
| 2009 | 72 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2008 | Nc | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
- Ameli.fr : conventions, tarifs conventionnels, gestion de l’activité et informations sur la profession
- inst@LSanté : service dédié à l’installation des professionnels de santé : choix du lieu d’installation, les aides à l’installation, les aides à la pratique professionnelle et les démarches associées
- Unasa : Union Nationale des Associations Agréées
Xerfi
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
- C@rtosanté : service de l’Union Régionales des Caisses d’Assurance Maladie détaillant l’offre et la consommation de soins au niveau de la région, du département, du canton et de la commune
- Statiss : STATistiques et Indicateurs de la Santé et du Social. Ce site présente les données départementales et régionales des Directions régionales des Affaires sanitaires et sociales (DRASS) au 1er janvier 2009 (et historique sur plusieurs années) : démographie, équipements sanitaires, les professionnels de santé (libéraux et autres).