Mise à jour : 01/02/2012
Les librairies indépendantes traditionnelles devraient peu à peu disparaître au profit de groupements de libraires permettant aux professionnels de mettre en commun leurs moyens de communication et de logistique. Ainsi, les librairies indépendantes qui résisteront seront celles qui auront su investir le canal Internet, s’associer avec d’autres structures ou bien se spécialiser afin d’offrir une offre différenciée (librairies professionnelles, techniques ou encore spécialisées dans les bandes dessinées …).
Le secteur demeurera dynamique et la vente de livres sur Internet va également continuer sa progression. Le développement des livres numériques et des lecteurs adaptés à ce format (Kindle, Ipad …) constituera un nouveau défi à relever pour les professionnels du secteur.
| Nombre d’entreprises du secteur en 2010 | Chiffre d’affaires du secteur en 2008 | Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur | |||
|---|---|---|---|---|---|
| (en milliards d’euros) | (Indice ICA base 100 en 2000) | ||||
| 3 608 | 1,64 Md€ | Commerce de détail de livres en magasin spécialisé | |||
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010) | (Source : Syndicat de la Librairie Française) | 2010 | 121,7 | ||
| 2009 | 119,7 | ||||
| 2008 | 118,3 | ||||
| 2007 | 118,2 | ||||
| 2006 | 116,6 | ||||
| 2005 | 115,4 | ||||
| 2004 | 116,1 | ||||
| 2003 | 113,2 | ||||
| (Source : Insee, Bulletin Statistique) | |||||
Le statut juridique
Le professionnel, qui est un commerçant, opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.
Dans le secteur, la plupart des entreprises sont exploitées sous forme d’entreprises individuelles (58 %).
La SARL est la forme de société la plus répandue dans ce secteur. Depuis le 1er août 2003 (loi 2003-721), l’obligation d’un capital minimum pour constituer ce type de société est supprimée.
La catégorie d’imposition
Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
| Catégorie d’imposition des BIC (ventes de biens ou fournitures de logements) | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 83 200 € | Micro BIC ou Auto entrepreneur |
| Chiffre d’affaires < 793 000 € | Réel simplifié |
| Chiffre d’affaires > 793 000 € | Réel normal |
Le mode d’imposition
- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1 % pour les activités d’achat-revente de marchandises). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (71% pour les activités d’achat-revente de marchandises).
- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).
Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).
Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.
Le taux de TVA
La TVA est réduite sur les livres répondant à la définition de l’instruction du 30 décembre 1971 de la DGI et sur les "produits éditoriaux" (cartes et atlas géographiques, recueils de photographies, guides d’hôtels-restaurants…) définis par l’instruction fiscale du 12 mai 2005. L’article 13 de la loi 2011-1977 de Finances rectificative pour 2011 du 28 décembre 2011 (JO du 29 décembre 2011) a porté ce taux de 5,5% à 7% à compter du 1er janvier 2012 pour le livre numérique et à compter du 1er avril 2012 pour le livre non numérique.
Les cotisations sociales
| Auto entrepreneur (BIC, activité de vente) | Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 83 200 euros) | |||||
| Tranches de revenus ou de rémunérations(3) | |||||
| < 36 372 € (1 PSS) | < 109 116 € (3 PSS) | < 181 860 € (5 PSS) | > 181 860 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 12 % | 6,5 % | 5,,9 % | 5,9 % | / |
| Indemnités journalières maladie | 0,7 % | 0,7 % | 0,7 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse |
16,65 % |
/ | / | / | |
| Assurance invalidité décès | 1,3 % | / | / | / | |
| Participation formation | 0,15 % | / | / | / | |
| Retraite complémentaire | 6,5 % | 6,5 % | / | / | |
| Total + CSG + CRDS | 45,2 % (4) | 26,5 % (4) | 20 % (4) | 13,4 % (4) | |
(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).
(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.
(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.
(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %
La protection sociale
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | |
|---|---|
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/720ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. |
| Invalidité partielle | Rente : 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1 PSS (soit 10 911 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 € |
| Invalidité totale | Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 7 355,77 € |
| Décès : pour le conjoint | Capital : 7 274 € Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente : néant |
La retraite
| Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraite de base |
Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence) Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012) Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012 |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
La retraite complémentaire est obligatoire.
Valeur du point : 1,138 € |
Une attention particulière est portée au maintien et au développement du réseau de librairies dans les périphéries des grandes agglomérations et dans les villes petites et moyennes.
2) Des subventions peuvent également être accordées par le CNIL (Centre National du Livre). Elles peuvent porter sur :
le développement économique : prêt à taux zéro pour des projets de déménagement, d’agrandissement, de rénovation et de création de nouveaux rayons.
le développement de fonds thématiques : le CNL soutient la diffusion d’ouvrages de fonds en librairie dans les domaines de l’art, de l’architecture, de la poésie, du théâtre, des sciences humaines et des sciences et techniques ainsi que, le cas échéant, dans d’autres secteurs définis en début d’année. Les demandes d’aide, comportant la liste des ouvrages que le libraire se propose d’acquérir, doivent être adressées au CNL. L’éligibilité est réservée aux ouvrages parus depuis plus d’un an.
3) La convention signée en 2003 entre le ministère de la Culture et de la Communication et le secrétariat d’Etat aux PME, au commerce, à l’artisanat, aux professions libérales et à la consommation, permet aux commerces culturels de proximité (livres, disques, vidéo et multimédia) de bénéficier de subventions, dans le cadre du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), pour la création ou le développement de leur activité.
4) L’Association pour le développement de la librairie de création intervient, sous forme de prêts sans intérêt, pour aider à la création, au développement ou à la reprise de librairies.
5) L’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles est une société financière chargée de faciliter le financement des entreprises culturelles. Grâce aux fonds qui lui sont confiés par le ministère de la Culture et de la Communication, l’IFCIC peut garantir une partie des emprunts bancaires contractés par les libraires auprès des établissements de crédit.
6) Certaines collectivités locales, particulièrement des conseils régionaux, ont mis en place des aides spécifiques aux librairies. Des renseignements peuvent être obtenus auprès des centres régionaux du livre, des agences de coopération pour le livre ou directement auprès des services culturels des collectivités concernées.
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit l’évolution de ses ventes par rayon. De la rigueur dans la gestion de ses stocks dépend la rentabilité de la librairie. Il faut à la fois être attentif aux goûts de sa clientèle et savoir la conseiller, constituer ou renouveler son stock, ne pas être en rupture sur les titres les plus demandés. Le professionnel suivra également la rentabilité des contrats passés, en général annuellement, avec les éditeurs : achats en compte ferme (à l’initiative du libraire et sans possibilités de retour des invendus) d’une part et d’autre part le système de l’office ou service des nouveautés (qui prévoit taux de remise et possibilités de retour dans le cadre de nouveautés imposées par l’éditeur). Plus les retours seront faibles, plus le libraire obtiendra une remise importante.
Les recettes de l’activité
Le prix du livre est fixé par l’éditeur. Le libraire négocie soit directement auprès de lui, soit par l’intermédiaire de son fournisseur les taux de remise. L’activité est très saisonnière, avec des pointes en fin d’année pour l’ensemble des librairies et aux périodes de rentrée scolaire pour les librairies spécialisées.
Les charges à surveiller
Les achats représentent près de 60% du chiffre d’affaires. Viennent ensuite le loyer et les charges de personnel.
La maîtrise du résultat
Le résultat de la librairie dépend de la maîtrise des différents postes de charges (loyer, personnel, frais financiers) et des conditions négociées avec les fournisseurs (taux de remise, possibilités de retour et conditions de paiement). En effet, le besoin en fonds de roulement est de plus en plus important, notamment en raison des besoins en trésorerie des contrats d’office liant les libraires aux éditeurs. Une gestion dynamique et rigoureuse des stocks est essentielle.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
L’équilibre financier de la librairie repose sur un niveau de fonds propres important et sur un endettement à moyen terme totalement maîtrisé.
| Evolution du nombre de création (1) (Commerce de détail de livres, journaux et papeterie) | Les ratios de gestion clefs | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 395 (commerce de détail de livres) | Chiffre d’affaires moyen | 195 K€ |
| 2009 | 486 (commerce de détail de livres) | Marge brute (en % du CA) | 39,07 % |
| 2008 | 883 | Excédent brut d’exploitation (en % du CA) | 17,40 % |
| 2007 | 806 | Rotation des stocks (en jours de CA) | 170 J |
| 2006 | 464 | Crédit clients (en jours de CA) | 5 J |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) | Crédit fournisseurs (en jours de CA) | 64 J | |
| Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) | 33 J | ||
| (Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006) | |||
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Commerce de détail de livres) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 68 | Commerce de détail de livres, journaux et papeterie | 61,6 % |
| 2009 | 48 | Commerce et réparation | 46,1 % |
| 2008 | Nc | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2007 | Nc | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| 2006 | Nc | ||
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
Insee, Fiches sectorielles (ESA, enquête sectorielle annuelle)
http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp?page=fiche-sectorielle.htm
Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises
APCE : "Librairie "
Xerfi
Dafsa
Eurostaf
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Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale
Le Régime Social des Indépendants, RSI