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Mise à jour : 15/03/2014



Le marché

Le marché


Bien que le marché du livre se porte bien ces dernières années, les libraires éprouvent de très grandes difficultés à maintenir leur activité.

Plusieurs facteurs pénalisent les professionnels du secteur :

- l’essor du e-commerce : les sites de vente en ligne de livres (Amazon, Fnac) captent des parts de marché de plus en plus importantes (large choix, frais de port gratuits, livres d’occasion…),

- le renforcement du poids des grandes surfaces spécialisées (Fnac, Virgin) qui proposent sur un même lieu de vente une offre culturelle diversifiée (musique, films, ect…) et disposent de davantage de moyens pour valoriser l’offre en livres (évènements autour de l’auteur, mise en scène des nouveautés…),

- le passage du taux de TVA de 5,5% à 7% à compter du 1er avril 2012 pèse sur la rentabilité des libraires (tous les éditeurs n’ayant pas impacté l’augmentation de la TVA sur le prix des livres).

Le faible niveau de marge des librairies indépendantes (poids des dépenses du personnel et des loyers, hausse de la TVA) menace le maintien de leur activité. Leurs seuls atouts résident dans leur capacité à conseiller leurs clients, à valoriser leur offre et à séduire la clientèle de proximité.


Tendances :


Les librairies indépendantes traditionnelles devraient peu à peu disparaître au profit de groupements de libraires permettant aux professionnels de mettre en commun leurs moyens de communication et de logistique. Ainsi, les librairies indépendantes qui résisteront seront celles qui auront su investir le canal Internet, s’associer avec d’autres structures ou bien se spécialiser afin d’offrir une offre différenciée (librairies professionnelles, techniques ou encore spécialisées dans les bandes dessinées …).

Le développement des livres numériques et des lecteurs adaptés à ce format (Kindle, Ipad …) constituera un nouveau défi à relever pour les professionnels du secteur.

L’organisation du marché :



- Les librairies “pures” , généralistes ou spécialisées, revendent des livres acquis auprès des sociétés d’édition. Pour réaliser leurs achats, les libraires doivent passer des contrats avec les éditeurs (contrats d’office) qui prévoient le taux de remise, l’obligation d’accepter les nouveautés de l’éditeur et leurs conditions de retour. Elles bénéficient d’une proximité culturelle avec la clientèle (conseils de qualité, clientèle fidèle …), d’une offre variée et pour certaines, d’une notoriété locale.

- Les librairies-papeteries vendent des livres et du matériel ou fournitures scolaires. Elles se développent à proximité des écoles, lycées, universités.

- Les clubs proposent, par correspondance ou grâce à un réseau de points de vente situés en centres urbains, des livres et des supports multimédia (Club Français du Livre, France Loisir…).

- Les grandes surfaces spécialisées en produits culturels (Fnac, Virgin …) vendent des livres ainsi que toutes les autres formes d’éditions (multimédia, disques …). Elles séduisent par leur large offre de produits culturels en libre-service et la mise en scène de leurs points de vente.

- Les grandes surfaces alimentaires (Hyper et Supermarché) se sont aussi lancées dans la vente de livres. Les rayons peuvent soit être intégrés au magasin soit constituer un espace indépendant ("Espace Culturel" de Leclerc …)

- Internet (Alapage, Amazon …) est circuit de distribution en pleine expansion. Il tire profit de certains atouts : facilité des commandes, livraison à domicile, gratuité des frais de port, offre importante … De plus, certains magasins utilisent Internet comme un mode de diffusion complémentaire (Fnac.com …).


Nombre d’entreprises du secteur en 2013 Chiffre d’affaires du secteur en 2011 Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur
(en milliards d’euros) (Indice ICA base 100 en 2005)
3 677 1,70 Md€ Commerce de détail de livres en magasin spécialisé
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2013 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2013) (Source : Syndicat de la Librairie Française) 2013 101,2
2012 104,3
2011 107,3
2010 105,4
2009 103,5
2008 102,2
(Source : Insee, Bulletin Statistique)


 


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Le métier et la règlementation

Les aptitudes professionnelles


Aucun diplôme n’est obligatoire pour exercer la profession. Il existe cependant des formations au métier de libraire : licence en lettres modernes option librairie, DUT métiers du livre, DUT information-communication option librairie, BTS de technicien libraire et un Brevet Professionnel de librairie.

Le libraire est un passionné de lecture. La plupart des professionnels ont suivi des études littéraires et possèdent une solide culture générale. Il faut être très rigoureux pour exercer la profession. La gestion des achats et des stocks est notamment essentielle. Le professionnel doit veiller au cycle de vie de chaque produit et vérifier en permanence l’adaptation de ses rayonnages aux goûts de sa clientèle.

L’environnement règlementaire


Les contraintes à l’installation

Il n’existe aucune contrainte spécifique à la profession qui est donc soumise à la réglementation commune à la distribution (étiquetage des produits, soldes, facturation …).

Le professionnel doit être immatriculé au Registre du Commerce et des Sociétés en sa qualité de commerçant.

Les principaux points de la règlementation professionnelle

Le prix du livre est fixé par la loi Lang du 10 août 1981 (loi 81-766) qui instaure un prix unique et accorde aux détaillants le droit de pratiquer un prix effectif de vente compris entre 95 et 100% du prix fixé par l’éditeur ou par l’importateur.

Par ailleurs, les éditeurs et les diffuseurs ont développé le système des offices qui oblige le libraire à mettre à la vente tous les livres nouveaux proposés par ses fournisseurs, avec un droit de retour plus ou moins important.

L’arrêté rendu public en mai 2008 rend entièrement légale la gratuité des frais de port pratiquée par les librairies en ligne.

La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 (2008-776) a débouché sur des mesures portant notamment sur :


- Les délais de paiement aux fournisseurs : la LME plafonne les délais de paiement à 60 jours à compter de la date d’émission de la facture (ou 45 jours fin de mois). Les sanctions en cas de dépassement de ces délais sont renforcées.


- Les baux commerciaux : les loyers des locaux commerciaux sont indexés sur un nouvel indice de révision des loyers (Indice des Loyers Commerciaux) intégrant une méthode de calcul pondéré (calculé pour 50% sur l’indice des prix à la consommation, pour 25% sur l’indice du chiffre d’affaires du commerce de détail et pour 25% sur l’indice des prix à la consommation).


Statut juridique et fiscal

Rendez-vous dans notre rubrique Mon guide pratique / Mes impôts & taxes pour connaître le taux de TVA qui s’applique à votre activité ainsi que le mode d’imposition de vos bénéfices.


Rendez-vous dans notre rubrique Mon guide pratique / Mon régime social pour connaître le montant des cotisations et des prestations de votre régime social obligatoire.

L’exercice de l’activité

L’installation


Les créations sont rares en raison des difficultés à trouver des pas-de-porte bien situés avec un loyer abordable. Concernant la reprise, on observe une diminution de la valeur moyenne des fonds de commerce.

Les investissements


Le montant des aménagements est très variable en fonction de la taille de la librairie. Le professionnel peut bénéficier d’aides :

1) Des subventions peuvent être accordées par les DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Elles peuvent porter sur :


- l’acquisition ou le renouvellement des moyens de fonctionnement en vue du développement des activités (informatique …),


- le développement de l’entreprise (notamment agrandissement, déménagement, modernisation, acquisition ou extension du stock en vue du développement d’une spécialité …),


- des projets de création de librairies lorsqu’ils présentent des garanties de viabilité suffisantes.

Une attention particulière est portée au maintien et au développement du réseau de librairies dans les périphéries des grandes agglomérations et dans les villes petites et moyennes.

2) Des subventions peuvent également être accordées par le CNIL (Centre National du Livre). Elles peuvent porter sur :


- le développement économique : prêt à taux zéro pour des projets de déménagement, d’agrandissement, de rénovation et de création de nouveaux rayons.


- le développement de fonds thématiques : le CNL soutient la diffusion d’ouvrages de fonds en librairie dans les domaines de l’art, de l’architecture, de la poésie, du théâtre, des sciences humaines et des sciences et techniques ainsi que, le cas échéant, dans d’autres secteurs définis en début d’année. Les demandes d’aide, comportant la liste des ouvrages que le libraire se propose d’acquérir, doivent être adressées au CNL. L’éligibilité est réservée aux ouvrages parus depuis plus d’un an.

3) La convention signée en 2003 entre le ministère de la Culture et de la Communication et le secrétariat d’Etat aux PME, au commerce, à l’artisanat, aux professions libérales et à la consommation, permet aux commerces culturels de proximité (livres, disques, vidéo et multimédia) de bénéficier de subventions, dans le cadre du FISAC (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), pour la création ou le développement de leur activité.

4) L’Association pour le développement de la librairie de création intervient, sous forme de prêts sans intérêt, pour aider à la création, au développement ou à la reprise de librairies.

5) L’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles est une société financière chargée de faciliter le financement des entreprises culturelles. Grâce aux fonds qui lui sont confiés par le ministère de la Culture et de la Communication, l’IFCIC peut garantir une partie des emprunts bancaires contractés par les libraires auprès des établissements de crédit.

6) Certaines collectivités locales, particulièrement des conseils régionaux, ont mis en place des aides spécifiques aux librairies. Des renseignements peuvent être obtenus auprès des centres régionaux du livre, des agences de coopération pour le livre ou directement auprès des services culturels des collectivités concernées.


La gestion


Le suivi au quotidien

Le professionnel suit l’évolution de ses ventes par rayon. De la rigueur dans la gestion de ses stocks dépend la rentabilité de la librairie. Il faut à la fois être attentif aux goûts de sa clientèle et savoir la conseiller, constituer ou renouveler son stock, ne pas être en rupture sur les titres les plus demandés. Le professionnel suivra également la rentabilité des contrats passés, en général annuellement, avec les éditeurs : achats en compte ferme (à l’initiative du libraire et sans possibilités de retour des invendus) d’une part et d’autre part le système de l’office ou service des nouveautés (qui prévoit taux de remise et possibilités de retour dans le cadre de nouveautés imposées par l’éditeur). Plus les retours seront faibles, plus le libraire obtiendra une remise importante.

Les recettes de l’activité

Le prix du livre est fixé par l’éditeur. Le libraire négocie soit directement auprès de lui, soit par l’intermédiaire de son fournisseur les taux de remise. L’activité est très saisonnière, avec des pointes en fin d’année pour l’ensemble des librairies et aux périodes de rentrée scolaire pour les librairies spécialisées.

Les charges à surveiller

Les achats représentent près de 60% du chiffre d’affaires. Viennent ensuite le loyer et les charges de personnel.

La maîtrise du résultat

Le résultat de la librairie dépend de la maîtrise des différents postes de charges (loyer, personnel, frais financiers) et des conditions négociées avec les fournisseurs (taux de remise, possibilités de retour et conditions de paiement). En effet, le besoin en fonds de roulement est de plus en plus important, notamment en raison des besoins en trésorerie des contrats d’office liant les libraires aux éditeurs. Une gestion dynamique et rigoureuse des stocks est essentielle.

La gestion financière et les besoins en trésorerie

L’équilibre financier de la librairie repose sur un niveau de fonds propres important et sur un endettement à moyen terme totalement maîtrisé.

Evolution du nombre de création (1) (Commerce de détail de livres) Les ratios de gestion clefs
2013 228 Chiffre d’affaires moyen 205 K€
2012 241 Marge brute (en % du CA) 34,12 %
2011 311 Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 18,58 %
2010 395 Rotation des stocks (en jours de CA) 167 J
2009 486 Crédit clients (en jours de CA) 7 J
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) Crédit fournisseurs (en jours de CA) 120 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 34 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2009 & 2010)


(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.

"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :

- 1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;

- 2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;

- 3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.

On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)

Les difficultés du métier

Les difficultés du métier


Le risque du secteur de la librairie est élevé en raison de l’importance des investissements de départ conjugué aux pressions concurrentielles des grandes surfaces spécialisées (GSS), de la vente sur Internet et, dans une moindre mesure, des grandes surfaces alimentaires (GSA). Les librairies indépendantes traditionnelles sont les plus exposées.

Les principales difficultés à prévoir pour les créateurs sont :

• Leur faible niveau de rentabilité :

Les niveaux de marge étant modestes, les libraires dont le chiffre d’affaires se contracte et/ou qui ne disposent pas de fonds propres suffisants pour limiter leurs charges financières, connaissent des difficultés. Il est également essentiel de parfaitement maîtriser la gestion des stocks car les délais de réassort et le volume des retours ont un fort impact sur le taux de marges de l’affaire.


• Le système des offices :

Il pénalise surtout les petites surfaces, obligées d’accepter et de payer les nouveautés à leurs fournisseurs. Les remboursements éventuels sont limités et ne peuvent avoir lieu qu’au moment des retours, dont la gestion est lourde et coûteuse. Il en résulte donc des tensions sur la trésorerie et entre les différents acteurs de la chaîne du livre.


• L’incapacité de faire face à la concurrence des réseaux modernes :

La concurrence propose des gammes de produits particulièrement étendues et diversifiées. Le concept de l’espace culture proposé par les grandes surfaces spécialisées en produits culturels, associant livres et multimédias, semble avoir la préférence de la clientèle qui délaisse les librairies traditionnelles ne disposant pas de moyens suffisants pour le mettre en oeuvre. De plus, l’importance grandissante de la distribution par Internet (bénéficiant de la gratuité des frais de port et de la possibilité d’une remise de 5%) renforce la concurrence et risque de nuire considérablement aux petites structures.


Dans ce contexte, les meilleures chances de réussite sont réunies pour les entreprises capables de se diversifier vers le multimédia, la papeterie, voire une spécialisation à thème d’un créneau porteur (jeunesse, entreprises …).


Evolution du nombre de DEFAILLANCE (Commerce de détail de livres) TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années
2010 68 Commerce de détail de livres, journaux et papeterie 61,6 %
2009 48 Commerce et réparation 46,1 %
2008 Nc Moyenne tous secteurs 51,9 %
2007 Nc (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002)
2006 Nc
(Source : Insee, Défaillances d’entreprises)

Pour aller plus loin

Les principales organisations professionnelles


SLF
Syndicat de la Librairie Française
38, rue du Fbg Saint Jacques - 75014 Pariss
Tel : 01 53 62 23 10 - Fax : 01 53 62 10 45
http://www.syndicat-librairie.fr

ULF
Union des libraires de France
40, rue Grégoire-de-Tours - 75006 Paris


ALSJ
Association des libraires spécialisés pour la jeunesse
48, rue Colbert - 37000 Tours
Tel : 02 47 66 95 90 - Fax : 02 47 20 87 13
http://alsj.citrouille.net

SLAM
Syndicat de la librairie ancienne et moderne
4, rue Gît-le-Coeur - 75006 Paris
Tel : 01 43 29 46 38 - Fax : 01 43 25 41 63
http://www.slam-livre.fr

SLCF
Syndicat des libraires classiques de France
B.P. 0540 - 80005 Amiens Cedex 1


SLLR
Syndicat des libraires de littérature religieuse
c/o La Procure Le Nouveau Monde
24, rue de la République - 76000 Rouen
Tel : 02 35 70 65 93 - Fax : 02 35 70 17 23

SLUT Syndicat des libraires universitaires et techniques
40, rue Grégoire de Tours - 75006 Paris
Tel : 01 43 29 88 79

CNL Centre national du livre
Hôtel d’Avejan - 53, rue de Verneuil - 75343 Paris Cedex 07
Tél. : 01 49 54 68 68 - Fax : 01 45 49 10 21
http://www.centrenationaldulivre.fr

La presse spécialisée


Les cahiers de la librairie
http://www.syndicat-librairie.fr

LSA
http://www.lsa.fr

Autres sources d’informations


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