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Artisanat


L’imprimerie

Mise à jour : 01/02/2012



Le marché

Le marché


Le secteur de l’imprimerie connaît des difficultés.

La demande est faible et les marchés clients subissent les effets d’une conjoncture économique maussade, ce qui nuit au volume d’activité du secteur sur les segments les plus porteurs (la publicité notamment).

De plus, les évolutions technologiques et la recherche d’économies d’échelle conduisent les professionnels à de très lourds investissements, les plaçant en situation de surcapacité de production. Pour rentabiliser leurs investissements, les professionnels contractent leurs prix pour accroître leur volume de production, ce qui durcit considérablement les pressions concurrentielles déjà exacerbées par les donneurs d’ordre qui imposent prix et délais.

Pour subsister, les petites structures jouent la carte de la proximité et de la flexibilité et tentent d’adapter leurs investissements aux conditions du marché afin d’éviter le surendettement et la surcapacité de production.


Tendances


Le mouvement de concentration du secteur va s’accélérer.

L’organisation du marché



- La presse, qui comprend l’impression de journaux périodiques ainsi que les livres de très grande série.

- L’imprimerie de labeur, qui concentre toutes les autres publications (brochures, catalogues, formulaires…).

Nombre d’entreprises du secteur en 2010 Chiffre d’affaires du secteur en 2009 Evolution du chiffre d’affaires du secteur en valeur

(en milliards d’euros)

(Indice ICA base 100 en 2000)

17 008

10,696 Md€

Imprimerie et services annexes

(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2010 - champ marchand non agricole, Stocks d’entreprises au 1er janvier 2010)

(Source : Insee, Esane)

2010 98,7
2009 97,6
2008 105,4
2007 106,7
2006 104,2
2005 102,6
2004 103,1
2003 99,2
(Source : Insee, Bulletin Statistique)


 


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Le métier et la réglementation

Les aptitudes professionnelles


Aucun diplôme n’est exigé mais il est difficile d’accéder à la profession sans suivre une des nombreuses filières : CAP, BTS et BAC professionnel “industries graphiques”, écoles d’ingénieurs et autres écoles délivrant un diplôme de niveau supérieur en art graphique.

La formation permanente revêt aussi une importance déterminante dans ce secteur.

Le métier exige des qualités d’organisation (délais souvent très courts) et de précision, assorties d’une bonne culture générale et technique. Une aptitude à la communication et le sens commercial sont également requis en raison des contacts directs et variés avec la clientèle (administrations, grandes entreprises, PME, artisans-commerçants, particuliers, …).

Le métier fait à présent appel à des connaissances techniques dépassant très largement le cadre strict de l’imprimerie (informatique, …). L’imprimeur doit également maîtriser tous les aspects en amont de l’impression (matières premières, choix des supports, des formes, des couleurs, …) mais aussi en aval (conseil à la clientèle, sous-traitance reçue ou donnée, …). De ce fait, l’ouverture d’esprit, la curiosité ou le sens de l’esthétique font partie intégrante de la profession. Une veille technologique apparaît désormais indispensable.

L’environnement règlementaire


Les contraintes à l’installation

L’ouverture d’une imprimerie est soumise à autorisation préfectorale.

Les principaux points de la règlementation professionnelle

Il existe une réglementation spécifique aux ouvrages imprimés (signature, dépôt légal, …).

En outre, l’imprimeur est responsable de ses déchets (loi du 16 juillet 1975) tandis que le matériel doit être conforme aux normes européennes (décrets 93-40 et 93-41 du 11 janvier 1993).

La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 (2008-776) a débouché sur des mesures portant sur les délais de paiement aux fournisseurs. La LME plafonne les délais de paiement à 60 jours à compter de la date d’émission de la facture (ou 45 jours fin de mois). Un plan de négociation secteur par secteur permettra de réduire encore davantage les délais de paiement en 2010. Les collectivités territoriales vont progressivement aligner leurs délais de paiement avec ceux de l’Etat (40 jours à partir de 2009, 35 jours à partir du 1er janvier 2010, 30 jours à partir du 1er juillet 2010). Les sanctions en cas de dépassement de ces délais sont renforcées.

Le statut juridique et fiscal du professionnel


Le statut juridique

Le professionnel opte soit pour le statut d’entrepreneur individuel soit pour la constitution d’une société.

Dans ce secteur, la majorité des entreprises est exploitée sous forme de société.

La catégorie d’imposition

Le professionnel du secteur est soumis au régime fiscal des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

Catégorie d’imposition des BIC (prestations de services)
Chiffre d’affaires Régime Fiscal
Chiffre d’affaires < 33 300 € Micro BIC ou Auto entrepreneur
Chiffre d’affaires < 239 000 € Réel simplifié
Chiffre d’affaires > 239 000 € Réel normal

Le mode d’imposition

Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis, soit :

- à l’impôt sur le revenu (IR), si le professionnel opte pour la création d’une entreprise individuelle. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.

Dans le cas des auto-entrepreneurs, l’impôt sur le revenu généré par l’activité peut faire l’objet d’un versement forfaitaire libératoire si le revenu fiscal de référence du foyern’excède pas (pour 2009) 26 030 € par part (le taux est fixé à 1,7 % pour les activités de prestations de services). Si l’option n’est pas souscrite, le bénéfice net qui sera intégré au revenu imposable sera calculé par l’administration après un abattement forfaitaire (50% pour les activités de prestations de service).

- à l’impôt sur les sociétés (IS), si le professionnel opte pour la création d’une société. Le bénéfice est imposé au nom de la société à un taux de 33,33% (15% dans la limite des premiers 38 120 € pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 7 630 000 €).

Les dividendes sont intégrés au revenu imposable après un abattement de 40% et un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule, 3 050 € pour un couple. Depuis la loi de Finances de 2008, il est possible d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire (21% hors prélèvements sociaux).

Dans le cas de la gérance (minoritaire ou majoritaire), le revenu imposable est majoré de la rémunération que le gérant perçoit, le cas échéant.

Le taux de TVA

Dans ce secteur, le taux de TVA est de 19,6%.

Le statut social du professionnel


Les cotisations sociales

  Auto entrepreneur (BIC) Entrepreneur individuel (1) ou Gérant majoritaire de SARL (2)
Sur l’ensemble du chiffre d’affaires (limité à 33 300 euros)
Tranches de revenus ou de rémunérations(3)
< 36 372 € (1 PSS) < 145 488 € (4 PSS) < 181 860 € (5 PSS) > 181 860 € (5 PSS)
Assurance maladie maternité 21,3 % 6,5  % 5,9  % 5,9  % /
Indemnités journalières maladie 0,7  % 0,7  % 0,7  % /
Allocations familiales 5,4 % 5,4 % 5,4 % 5,4 %
Assurance vieillesse 16,65 % / / /
Assurance invalidité décès 1,8 % / / /
Participation formation 0,15 % / / /
Retraite complémentaire 7,2 % 7,6 % / /
Total + CSG + CRDS 46,4 % (4) 27,6 % (4) 20  % (4) 13,4  % (4)


(1) : L’assiette de cotisation est calculée sur la base du revenu brut professionnel. Les taux de cotisations peuvent varier en fonction de la tranche de revenu (déterminée en fonction du plafond de la Sécurité Sociale fixé chaque année au 1er janvier).

(2) : La rémunération des gérants minoritaires est soumise aux mêmes cotisations que les salariés.

(3) : En début d’activité le gérant majoritaire doit payer des cotisations sociales forfaitaires, même s’il ne perçoit aucune rémunération. Par la suite, même en l’absence de rémunération, le gérant majoritaire devra s’acquitter d’une cotisation minimale au titre de l’assurance maladie et de la retraite.

(4) : Les dividendes qui peuvent être distribués aux associés d’une société sont soumis à la CSG, la CRDS, au prélèvement social, à la contribution additionnelle et à la contribution pour le revenu de solidarité active, soit un taux total de 13,5 %


La protection sociale

Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Incapacité temporaire Indemnité journalière : 1/730ème du revenu professionnel moyen avec un minimum de 19,9 € (1/730ème de 40% de 1 PSS) et un maximum de 49,8 € (1/730ème de 1 PSS). Leur versement est limité à 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans.
Pension pour incapacité totale au métier artisanal Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) les trois premières années, puis 30 % du revenu annuel limité à 30% de 1PSS (soit 10 911 € pour 2012) jusqu’au 60ème anniversaire. Minimum versé = 3 248,48 €
Invalidité totale Rente : 50 % du revenu annuel limité à 50% de 1 PSS (soit 18 186 € en 2012) jusqu’au 60ème anniversaire + majoration pour tierce personne de 12 722,03 €. Minimum versé = 3 248,48 €
Décès Capital : 7 274 € si cotisant, 2 909 € si retraité

Rente : néant

Décès : pour les enfants à charges Capital : 1 818 €
Rente : néant


La retraite

  Entrepreneur individuel ou gérant majoritaire de SARL
Retraite de base

Revenu annuel moyen X Taux X (nbre de trimestres/durée de référence)

Revenu annuel moyen = moyenne des revenus perçus pendant les meilleures années dans la limite de 1 PSS (36 372 € pour 2012)

Taux plein = 50 % (65 ans ou 164 trimestres pour les personnes nées à partir de 1953)

Retraite de base maximum = 50 % de 1 PSS, soit 18 186 € pour 2012

Retraite complémentaire

La retraite complémentaire est obligatoire.

7,1% des revenus < 36 372 € (1 PSS) + 7,5% des revenus < 145 488 € (entre 1 et 4 PSS)        

X valeur du point X nb d’années
Coût d’acquisition du point        
Coût d’acquisition du point : 4,79053 €
Valeur du point : 0,31620 € (points acquis depuis 1997)


L’exercice de l’activité

L’installation


La création est le mode d’installation le plus répandu.

D’anciens salariés recourent parfois à la reprise de leur entreprise.

Les investissements



Le taux moyen d’utilisation des capacités de production étant d’environ 60%, l’imprimeur devra veiller à ne pas engager d’investissements trop lourds ou à obsolescence trop rapide.

La gestion


Le suivi au quotidien

Le professionnel doit suivre attentivement l’évolution de son CA, aussi bien en volume qu’en répartition, afin de planifier au mieux la fabrication et les différentes tâches et d’éviter le sur-stockage des matières premières qui représentent une part importante des coûts de revient (de 30 à 70%). En outre, en période de forte activité, l’imprimeur doit donner la priorité aux tâches à forte valeur ajoutée, en sous-traitant les petites séries ou les travaux à exécution trop courte.

Les charges à surveiller

LPrincipale charge fixe, les frais de personnel (20% du CA HT) apparaissent nettement plus lourds que dans l’ensemble de l’industrie. Cette caractéristique s’explique par l’importance des tâches manuelles et le développement des nouvelles technologies qui exigent des qualifications plus élevées. Les frais de maintenance et d’entretien constituent aussi une charge fixe non négligeable. Parmi les charges variables, les achats de matières premières représentent environ 30% du CA, dont plus de la moitié pour les papiers et les cartons.

La maîtrise du résultat

Le taux de valeur ajoutée s’établit à environ 50%, sous l’effet conjoint des achats de matières premières et des autres charges externes, (principalement les charges de location de matériel et accessoirement les achats de sous-traitance). Du fait du poids élevé des frais de personnel, le taux de marge s’inscrit très en deçà de l’ensemble de l’industrie . Dans ces conditions, le taux d’épargne apparaît nettement insuffisant pour autofinancer les investissements.

La gestion financière et les besoins en trésorerie

Bien que limités, les fonds propres assurent la couverture des immobilisations en raison du recours fréquent à la location du matériel. Par voie de conséquence, le crédit bancaire est souvent sollicité pour le financement des besoins en fonds de roulement, car la bonne maîtrise des stocks est plus que compensée par un poste “clients” assez lourd.

Evolution du nombre de création (1) Les ratios de gestion clefs
2010 2 022 Chiffre d’affaires moyen 157 K€
2009 Nc Marge brute (en % du CA) 68,39 %
2008 Nc Excédent brut d’exploitation (en % du CA) 24,81 %
2007 Nc Rotation des stocks (en jours de CA) 69 J
2006 Nc Crédit clients (en jours de CA) 34 J
(Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises) Crédit fournisseurs (en jours de CA) 59 J
Besoin en fonds de roulement (en jours de CA) 15 J
(Moyenne indicative élaborée à partir de données Insee "Données du compte de résultat et bilan pour les personnes physiques", 2007 ou 2006)


(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.

"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :

- 1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;

- 2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;

- 3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.

On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)

Les difficultés du métier

Les difficultés du métier



Les professionnels du secteur évoluent dans un contexte difficile en raison des fortes pressions concurrentielles, de la conjoncture économique peu porteuse et de la numérisation des flux. Les petites structures sont les plus vulnérables en raison de leur manque de diversification.

Les principales difficultés pour le créateur sont :

• La sous-capitalisation des entreprises :

Du fait du poids déterminant des entreprises artisanales, les capitaux propres apparaissent nettement insuffisants en regard des investissements. Cette faiblesse structurelle s’accompagne d’une rentabilité médiocre qui limite les possibilités d’un autofinancement partiel.


• La concurrence sur les prix :

La conjoncture économique peu dynamique ainsi que la présence de nombreux intervenants renforcent les pressions concurrentielles, d’autant que les entreprises cherchent à rentabiliser leurs investissements en proposant des prix attractifs pour accroître leur chiffre d’affaires.


• L’apparition de nouvelles technologies :

Le développement des nouvelles technologies exerce une double contrainte pour la profession : les investissements sont de plus en plus onéreux et leur obsolescence de plus en plus rapide.


• Le manque de diversification :

La pérennité du chiffre d’affaires ne peut être assurée que par une bonne diversification de l’activité : particuliers, commerçants, collectivités, entreprises.


Dans ce contexte, les entreprises qui réussissent sont celles qui savent proposer des valeurs ajoutées aux travaux d’imprimerie (prépresse, packaging) en s’équipant d’un matériel évolutif adapté à leurs marchés.


Evolution du nombre de DEFAILLANCE TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années
2010 285 Imprimerie de labeur 55,4 %
2009 349 Autres services 62,5 %
2008 174 Moyenne tous secteurs 51,9 %
2007 145 (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002)
2006 218
(Source : Insee, Défaillances d’entreprises)

Pour aller plus loin

Les principales organisations professionnelles


FICG
Fédération de l’Imprimerie et de la Communication Graphique
68 boulevard St-Marcel - 75005 Paris
Tel : 01 44 08 64 46
http://www.ateliergraphique.com/FICG/index.html

CSNP
Chambre Syndicale Nationale du pré-Press
68 boulevard St- Marcel - 75005 Paris
Tel : 01 44 08 64 46


Les données statistiques


Direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS)
5C20 Édition, imprimerie, reproduction


Les données de gestion


- Insee, Alisse : Accès en LIgne aux Statistiques Structurelles d’Entreprises


Les études sectorielles


- APCE


- Xerfi


- Dafsa


- Eurostaf


- Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études


- Research & Markets : moteur de recherche d’études


Votre zone de chalandise


- Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…


- Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale


Vos interlocuteurs pour vos cotisations, votre protection sociale et votre retraite


- Le Régime Social des Indépendants, RSI



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