Mise à jour : 01/02/2012
la revalorisation de la rémunération fixée par décret (concerne plus de 150 actes tarifiés) intervenue en 2007 (décret 2007-774 du 10 mai 2007) après plus de 10 ans de blocage des tarifs(le dernier décret portant fixation du tarif des huissiers de justice remontait à décembre 1996),
la demande toujours croissante des particuliers sur le segment des affaires familiales (PACS, actes d’opposition à un mariage, pensions alimentaires, droit de visites parentales),
les difficultés financières et les défaillances d’un grand nombre d’entreprises (crise économique, augmentation des coûts de production…) ont bénéficié aux huissiers de justice qui se sont vus sollicités pour le recouvrement des créances, la réalisation des constats d’impayés…
Les huissiers de justice ont tendance à se regrouper afin de pouvoir diversifier leurs activités. Encadrée par un tarif réglementé par décret pour leur activité soumise à un monopole, la profession tendra à développer des activités hors monopole.
La "loi de modernisation des professions judiciaires et juridiques réglementées" (adoptée à l’Assemblée Nationale en juin 2010 et en cours d’examen au Sénat) pourrait favoriser le développement des sociétés (SCP, SEP, SEL ) et inciter les huissiers de justice à changer de mode d’exercice. En outre, son application permettrait aux divers professionnels juridiques et judiciaires (huissiers de justice, notaires, experts-comptables, etc) de créer une société commune (SPFPL). Ce type de structure proposerait une offre élargie et de meilleure qualité (actions de conseil, de prévention des impayés et de vérification de la solvabilité des clients, revalorisation de l’image des huissiers, etc) .
- L’exercice en nom propre (30% des huissiers) contraint le professionnel à assurer une activité auprès d’une clientèle hétérogène, en effectuant des déplacements fréquents sur le terrain.
- Le regroupement en société (70% des huissiers) lui permet d’appréhender davantage le conseil, voire de se concentrer sur un segment de clientèle (droit commercial et liquidation d’entreprise par exemple).
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Nombre d'huissiers en 2009 |
Honoraires de la profession en 2008 |
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|---|---|---|---|
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(en milliards d’euros) |
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3 229 |
1,541 Md€ |
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(Source : CNHJ) |
(Source : DACS) |
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Le statut juridique
Les huissiers peuvent exercer leur activité à titre individuel ou en groupe.
La catégorie d’imposition
A titre individuel, le huissier est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
| Catégorie d’imposition des BNC | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 33 300 € | Micro BNC |
| Chiffre d’affaires > 33 300 € | Déclaration contrôlée |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Les bénéfices non commerciaux sont déterminés et imposés avec les particularités suivantes :
le bénéfice à retenir est toujours celui réalisé au cours de l’année civile,
les documents fiscaux ne comprennent pas de bilan,
les dépenses doivent être retenues pour leur montant réel. Toutefois, une évaluation forfaitaire est admise pour les frais de voiture.
Les cotisations sociales
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 30 916 € (0,85 PSS) | 36 372 € (1 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | 181 860 € (5 PSS) | |
| Assurance maladie maternité | 6,5 % | 6,5 % | 6,5 % | / |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % |
| Assurance vieillesse | 8,6 % | 1,6 % | 1,6 % | / |
| Assurance invalidité décès | Il existe 5 classes de cotisations : Classe 1 : 205 € Classe 2 : 410 € Classe 3 : 718 € Classe 4 : 1 025 € Classe 5 : 1 435 € |
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| Retraite complémentaire | Il existe 6 classes de cotisations : Classe spéciale ( revenu inférieur à 36 000 €) : 574 € Classe B ( revenu inférieur à 46 000 €) : 2 296 € Classe C ( revenu inférieur à 59 000 €) : 4 018 € Classe D ( revenu inférieur à 67 000 €) : 5 740 € Classe E ( revenu inférieur à 76 000 €) : 8 036 € Classe F (revenu supérieur à 76 000 €) : 11 480 € |
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La protection sociale
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : néant |
| Invalidité partielle | Rente proportionnelle au taux d’invalidité (non attribué si revenu professionnel < 48 000 € |
| Invalidité totale | Rente : retraite prévisible à 60 ans |
| Décès : pour le conjoint | Capital : classe 1 : 8 190 € classe 2 : 16 380 € classe 3 : 28 665 € classe 4 : 40 950 € classe 5 : 57 330 € Rente : |
| Décès : pour les enfants à charges | classe 1 : 2 457 € classe 2 : 4 914 € classe 3 : 8 599 € classe 4 : 12 285 € classe 5 : 17 199 € |
La retraite
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an) Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er avril 2009 : 0,5272 € |
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| Retraite complémentaire |
Les prestations dépendent de classes de cotisation déterminées en fonction de classe de revenu. Classe C ( revenu inférieur à 59 000 €) : 14 points Classe D ( revenu inférieur à 67 000 €) : 20 points Classe E ( revenu inférieur à 76 000 €) : 28 points Classe F (revenu supérieur à 76 000 €) : 40 points Valeur du point au 01/01/2010 : 27,30 € Retraite = nombre de points X valeur du point X nb d’années |
Le suivi au quotidien
L’huissier suit le nombre d’actes par semaine ou mois, ainsi que la valeur moyenne de l’acte, qu’il rapproche du coût de gestion moyen par acte (total des charges/nombre d’actes). Selon l’importance de son étude (présence ou non de plusieurs clercs), il surveillera le nombre d’actes par emploi et notamment la répartition des actes entre particuliers, professionnels et institutionnels. Enfin, il suivra la proportion d’actes librement tarifés et celle d’actes dont la tarification est réglementée (actes sous monopole).
Les honoraires
L’huissier perçoit, pour ses activités exercées sous monopole, des honoraires fixés par décret de la chancellerie. Ces honoraires comprennent : un droit fixe forfaitaire qui rémunère les actes et formalités de procédure, un droit proportionnel qui rémunère le recouvrement des créances et l’encaissement des fonds, un droit d’engagement de poursuites et un droit pour frais de gestion. Des frais de déplacement et débours peuvent également s’ajouter.
Pour les activités hors monopole (recouvrements amiables de créance, constats, ventes aux enchères, voire administration d’immeubles), les tarifs sont libres, variant selon divers critères tels que le montant de la créance à recouvrer, le temps passé lors d’un constat et les conditions de travail de l’huissier lors de la prestation.
Les charges à surveiller
Les principales charges sont les charges de personnel, qui peuvent représenter jusqu’à 25% du produit brut. La profession considère que 2 à 3 personnes doivent être employées pour accompagner le travail d’un huissier, le seuil de rentabilité se situant à près de 100 actes par personne.
La maîtrise du résultat
La rentabilité est améliorée par la réalisation d’actes à forte cotation ou librement négociés. Au contraire, elle est plus faible lorsque l’étude perçoit essentiellement des émoluments liés à des actes simples d’activité de monopole. Une gestion rigoureuse du personnel et une informatisation adaptée sont également des éléments déterminants pour consolider la rentabilité.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Les investissements liés à l’installation (rachat de l’étude ou de parts) doivent être autofinancés au minimum à 20%. De par la nature de son activité (saisie attribution, détention de fonds de tiers, compte séquestre …), la trésorerie doit toujours être excédentaire, les produits financiers pouvant représenter jusqu’à 2% du chiffre d’affaire global.
| Evolution du nombre de création (1) |
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|---|---|---|---|
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Activités juridiques |
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| 2010 |
5 034 |
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| 2009 |
4 941 |
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| 2008 |
4 498 |
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| 2007 |
2 980 |
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| 2006 |
4 019 |
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| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) |
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(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• Le coût de l’acquisition :
Le coût d’acquisition d’une étude est élevé (environ 100% des honoraires), nécessitant le recours à des emprunts d’installation importants. Le banquier devra veiller à trouver une durée de financement compatible avec les objectifs de prélèvements privés de l’huissier et la rentabilité de l’étude.
• La concurrence des autres professions juridiques :
En effet, certaines activités des huissiers de justice ne sont pas monopolistiques. Sur ces segments, ils subissent donc la concurrence des autres professions juridiques tels les avocats, les notaires… Or, ces activités, qui sont les seules à être soumises à une rémunération libre et contractuelle, constituent de réels relais de croissance pour les professionnels qui tentent donc de se démarquer dans ce contexte de pressions concurrentielles.
• La gestion de l’étude :
Les charges de personnel, notamment, doivent être surveillées. L’huissier doit également adapter ses prélèvements privés à la rentabilité de l’étude, en acceptant de les diminuer dans les périodes plus difficiles.
A terme, l’activité d’huissier devrait rester peu risquée. En effet, l’organisation de la profession, le contrôle et le numerus clausus à l’installation, le monopole, sont des gages sérieux de stabilité. Toutefois, l’avenir devrait être plus favorable aux huissiers qui auront su se regrouper et diversifier leur activité pour se développer et s’adapter aux évolutions de leur profession (libéralisation du marché des ventes aux enchères, certification des signatures électronique…).
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (ACTIVITES JURIDIQUES) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 105 |
Activités juridiques |
63,9 % |
| 2009 | 123 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2008 | 162 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
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