Mise à jour : 01/02/2012
Les difficultés conjoncturelles (défaillances et baisse de nombre de créations d’entreprises, diminution des opérations de rachat d’entreprises, difficultés du secteur de l’immobilier) devraient peu à peu se résorber, entraînant un regain de l’activité des avocats.
Le phénomène de concentration va se poursuivre dans le secteur. Les cabinets de grande et moyenne taille développeront des associations entre eux, mais aussi avec des partenaires européens. Les petits cabinets bien implantés dans leur région et bénéficiant d’une bonne réputation maintiendront leur activité.
La "loi de modernisation des professions judiciaires et juridiques réglementées" (adoptée à l’Assemblée Nationale en juin 2010 et en cours d’examen au Sénat) pourrait favoriser le développement des sociétés (SCP, SEP, SEL ) et inciter les avocats indépendants à changer de mode d’exercice. En outre, son application permettrait aux divers professionnels juridiques et judiciaires (avocats, notaires, huissiers de justice, experts-comptables, etc) de créer une société commune (SPFPL). Ce type de structure proposerait une offre élargie et de meilleure qualité.
- Les grands cabinets, spécialisés dans le droit des affaires européen et international, évoluent dans un secteur très concentré.
- Les cabinets de taille moyenne, intervenant dans tous les secteurs, ont de plus en plus de difficultés à soutenir la concurrence des leaders multi-spécialistes capables d’intervenir dans tous les domaines et surtout dans tous les pays.
- Les cabinets de petite taille ou individuels, avec une clientèle de particuliers, sont concernés principalement par le droit pénal ou civil ou sont spécialisés dans un domaine déterminé (droit du travail, conseil juridique et fiscal …).
|
Nombre d'avocats en 2011 |
Honoraires de la profession en 2008 |
||
|---|---|---|---|
|
(en milliards d’euros) |
|||
| 53 744 |
10,247 Md€ |
||
|
(Source : Ministère de la Justice et des Libertés) |
(Source : DACS) |
||
La catégorie d’imposition
A titre individuel, l’avocat est soumis au régime fiscal des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
| Catégorie d’imposition des BNC | |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Régime Fiscal |
| Chiffre d’affaires < 33 300 € | Micro BNC |
| Chiffre d’affaires > 33 300 € | Déclaration contrôlée |
Le mode d’imposition
Les bénéfices réalisés par un professionnel dans le cadre de son activité sont soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Les revenus de l’activité s’additionnent alors aux autres revenus du foyer fiscal.
Les bénéfices non commerciaux sont déterminés et imposés avec les particularités suivantes :
le bénéfice à retenir est toujours celui réalisé au cours de l’année civile,
les documents fiscaux ne comprennent pas de bilan,
les dépenses doivent être retenues pour leur montant réel. Toutefois, une évaluation forfaitaire est admise pour les frais de voiture.
Les cotisations sociales
| Tranches de revenus (1) | ||||
|---|---|---|---|---|
| < 30 916 € (0,85 PSS) | < 181 860 € (5 PSS) | > 181 860 € (5 PSS) | ||
| Assurance maladie maternité | 6,5 % | 5,9 % | / | |
| Allocations familiales | 5,4 % | 5,4 % | 5,4 % | |
| Assurance vieillesse | Une cotisation forfaitaire, fonction de l’ancienneté professionnelle au 1er janvier 2011 : Une cotisation proportionnelle portée de 2 % à 2,1 % calculée sur le revenu professionnel 2008 plafonné à 261.100 € |
|||
| Assurance invalidité décès | • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème année 216 € (cotisation Ordre de 161 € comprise) • à partir de la 5ème année 298 € (cotisation Ordre de 161€ comprise) |
|||
| Retraite complémentaire | 1ère tranche : de 1 € à 38.120 € = 3,03 % 2ème tranche : de 38.121€ à 152.480 € = 6,06 % |
|||
| Retraite supplémentaire | Cotisation supplémentaire (concerne uniquement les avocats cotisant en deuxième tranche de revenus) • Selon option : |
|||
La protection sociale
| Incapacité temporaire | Indemnité journalière : 61 €/jour |
| Invalidité partielle | Rente proportionnelle au taux d’invalidité |
| Invalidité totale | Rente : montant de la retraite proportionnelle si activité > 20 ans sinon abattement de 50% |
| Décès : pour le conjoint | Capital :de 34 302 € (X 2 si décès par accident) Rente : néant |
| Décès : pour les enfants à charges | Capital : néant Rente :1/4 de la retraite de base entière + 1/4 des points de la retraite complémentaire |
La retraite
| Retraite de base |
Pension pleine : 65 ans quelle que soit la durée d’assurance (à partir de 65 ans en fonction du nombre de trimestres d’assurance cotisés)
Coût d’acquisition du point de la tranche 1 (au taux de 8,6%) : 5,90 € (450 points maximum par an) Coût d’acquisition du point de la tranche 2 (au taux de 1,6%) : 24,15 € (100 points maximum par an) Valeur du point au 1er avril 2009 : 0,5272 € |
|||||||||||||||
| Retraite complémentaire |
- 1ère tranche : 1 155 € (cotisation maximale 1ère tranche) / 7,7537 € (coût d’acquisition du point) = 147 points (maximum) |
|||||||||||||||
| Retraite supplémentaire |
- Classe C1 : 885 points (maximum) x 35 % : 310 points (maximum) |
Le suivi au quotidien
Le professionnel suit principalement son “point mort” ou “seuil critique” : il s’agit du rapport entre heures facturées et heures ouvrées.
Les honoraires
Les honoraires sont fixés selon les usages (article 10 modifié en dernier lieu par l’article 72 de la loi 91-647 du 10 juillet 1991). Ils varient en moyenne de 60 à 400 € de l’heure suivant la difficulté de l’affaire et la réputation de l’avocat. Depuis 1992, la transparence des honoraires est de mise. Ainsi, les critères de fixation sont très clairement définis : temps passé, complexité du dossier, notoriété, résultats ou services rendus, etc.
Les Ordres conseillent de passer des conventions d’honoraires qui se négocient soit :
au temps passé (tarif horaire ou journalier),
sur devis préalable,
au forfait pour les prestations de longue durée.
Pour les dossiers complexes et de longue durée, l’avocat demande des acomptes au fur et à mesure des prestations effectuées. Pour certains dossiers, un pourcentage sur les sommes obtenues par le client peut être demandé en fin de jugement.
Les charges à surveiller
Pour les petits cabinets et les cabinets individuels, les cotisations sociales et la fiscalité constituent les principales charges. En vitesse de croisière, elles atteignent 50% du chiffre d’affaires. Viennent ensuite les frais téléphoniques, les travaux de secrétariat et de comptabilité, les frais de représentation et de communication ainsi que les abonnements aux sources d’information. Pour les grands cabinets, la maîtrise des charges est essentielle.
La maîtrise du résultat
Le résultat dépend essentiellement du maintien du chiffre d’affaires, de la maîtrise de la valeur ajoutée et d’une gestion rigoureuse des tâches administratives. Le professionnel doit notamment prendre garde à ne pas diminuer ses tarifs sous la pression de la concurrence. Il est d’ailleurs essentiel que l’entreprise parvienne à se diversifier et à travailler avec plusieurs clients, notamment pour les avocats d’affaires.
La gestion financière et les besoins en trésorerie
Les fonds propres sont élevés : ils représentent près de 50% du total bilan. L’actif circulant est important du fait de l’importance des créances client. Le besoin en fonds de roulement est proche de deux mois de chiffre d’affaires en phase de démarrage et diminue à un mois en régime de croisière, chiffre qui peut être plus élevé pour les avocats ayant une clientèle d’entreprises ou d’institutionnels.
| Evolution du nombre de création (1) |
Répartition des professionnels par tranches de revenus |
||
|---|---|---|---|
|
Activités juridiques |
< 23 000 € |
14 % |
|
| 2010 |
5 034 |
23 000 à 38 000 € |
17 % |
| 2009 |
4 941 |
39 000 à 76 000 € |
28 % |
| 2008 |
4 498 |
76 000 à 183 000 € |
16 % |
| 2007 |
2 980 |
> 183 000 € |
4 % |
| 2006 |
4 019 |
Nc |
21 % |
| (Source : Insee, Démographie des entreprises et des établissements 2008 - champ marchand non agricole, Créations d’entreprises au cours de l’année 2008) |
(Source : CNB) |
||
(1) : Jusqu’en 2006 : le nombre de créations correspond aux créations pures.
"Depuis le 1er janvier 2007, la notion de création d’entreprise s’appuie sur un concept harmonisé au niveau européen pour faciliter les comparaisons : une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production.
Par rapport aux immatriculations dans Sirene, on retient comme création pour satisfaire au concept harmonisé :
1 : les créations d’entreprise correspondant à la création de nouveaux moyens de production (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) ;
2 : les cas où l’entrepreneur (il s’agit en général d’un entrepreneur individuel) reprend une activité après une interruption de plus d’un an (il n’y a pas de nouvelle immatriculation dans Sirene mais reprise de l’ancien numéro Siren) ;
3 : les reprises par une entreprise nouvelle de tout ou partie des activités et moyens de production d’une autre entreprise (il y a nouvelle immatriculation dans Sirene) lorsqu’il n’y a pas continuité de l’entreprise reprise.
On considère qu’il n’y a pas continuité de l’entreprise si parmi les trois éléments suivants concernant le siège de l’entreprise, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’entreprise, l’activité économique et la localisation." (Insee)
• La concurrence entre avocats :
La fusion de la profession d’avocat avec celle de conseiller juridique a ravivé la concurrence. Les avocats subissent la concurrence directe des cabinets d’audit, des propres services juridiques des entreprises, des notaires et des huissiers de justice qui développent leurs activités hors monopole.
• Le manque de formation à l’international :
Seulement 25 à 30% des avocats français ont une spécialisation adaptée au marché des affaires et sont formés pour intervenir dans les dossiers internationaux. Ils rivalisent difficilement avec les grands cabinets anglo saxons, bien rodés dans ce genre d’activité.
• Le positionnement des cabinets de taille moyenne :
Les cabinets de taille moyenne, et particulièrement les généralistes, subiront à la fois la concurrence des grands cabinets (dans le domaine du droit des sociétés, droit international …) et celle des petits cabinets sur les missions de représentation des intérêts des particuliers (droit civil, droit pénal …). Pour résister, il ne leur restera que la fusion ou l’association afin de mettre en commun leurs compétences et leurs moyens.
Dans ce contexte, les cabinets se regroupant en unités de taille suffisamment importante pour proposer des prestations complètes pourront supporter la concurrence des leaders multi-spécialistes. Sur un autre créneau, les petits cabinets offrant des services de proximité aux particuliers ou se spécialisant dans un domaine (droit de l’environnement, Internet, e-business …) pourront bien augurer de l’avenir.
| Evolution du nombre de DEFAILLANCE (ACTIVITES JURIDIQUES) | TAUX DE SURVIE AU DELà DES 5 premieres années | ||
|---|---|---|---|
| 2010 | 105 |
Activités juridiques |
63,9 % |
| 2009 | 123 | Moyenne tous secteurs | 51,9 % |
| 2008 | 162 | (Source : Insee, Taux de Survie à 5 ans pour la génération 2002) | |
| (Source : Insee, Défaillances d’entreprises) | |||
- Unasa : Union Nationale des Associations Agréées
Xerfi
Plusdetudes.com : moteur de recherche d’études
Research & Markets : moteur de recherche d’études
Insee, statistiques locales : population, logement, revenu net imposable, emploi, taux de chômage, activité économique…
Insee, ODIL : outil d’aide au diagnostic d’implantation locale